En arrière la zizique
Par Christophe Sibille , le 21 mai 2013

Christophe SIBILLE l’homme au micro

France-Inter, vendredi 10 mai 2013, 7h23 du matin. L’heure où Patrick Cohen prononce toujours la même formule, qui devrait être tout sauf fatidique : « et maintenant, place à la musique ». Hélas, Didier Varrod étant toujours fidèle au poste de radio, ce qui devrait être prophétie reste incantation. Jamais suivie d’effet, si ce n’est celui de saloper mes oreilles avant de me jeter corps et âmes dans les bouchons ; « la prochaine fois, mets tes bouchons pendant cette chronique avant de te jeter dehors, tu feras d’une paire deux couilles », me dis-je in petto. Oui, car, même seul, j’ai l’esprit dans le slip. Tiens, à propos de slip, vous avez raté le dernier tube (digestif) de Patrick Sébastien ? « Quand je chante, je troue mon slip », ou quelque chose d’approchiant ? En vente dans toutes les bonnes vidangeries.

Certains attendent les grèves avec impatience pour se réjouir de la playlist en lieu et place d’émissions, ce qui est idiot ; ils n’ont qu’à avoir une discothèque !! Au lieu d’acheter des écrans plats, ces cons !! Tiens, à propos d’écrans plats, ceux qui n’ont pas « Twitter » ont échappé à une brève d’anthologie. Imputable à qui, me direz-vous ? A l’insurpassable Madone des pétoires numériques. A propos du sujet de laquelle je viens d’ailleurs de réaliser en l’écrivant que le qualificatif « imputable » était particulièrement mal venu. A la jongleuse d’idées, l’acrobate d’arguments, l’écuyère à remuer délicatement les concepts, la dompteuse de subordonnées conjonctive, la funambule de l’imparfait du subjonctif, j’ai nommé Nadine Médrano !!! Nadine, que serait-on sans toi, ô toi, ma toi, matoise, et sans ta voix suave et délicate, servant d’écrin au joyau de tes avenants propos dont la plupart infléchissent de manière significative les chiffres du chômage en évitant les files d’attente de pôle-emploi aux deux tiers des satiristes ?? … Bon, je vous ai assez fait languir, je vous sers la brève, attention, asseyez-vous, ou accrochez-vous à quoi que ce soit de solide, non, chérie, pas là, noooooon, ouillouillouille !!! C’est grave du lourd !! « Message de service aux assistés ; encore 4 mois à attendre pour changer votre écran plat de l’année dernière pour un 3D » … Authentique. La pourriture. Même à la droite du Front National, on attend d’être entre soi et autour d’une bonne Bier à la Hofbräuhaus pour oser de telles saloperies.

Oui, je sais, vous allez me dire deux choses ; tout d’abord, que quelqu’un d’engagé à ce point là va être difficile à dégager par François. D’autant plus que Ségolène Royal vient à la rescousse !!

Mais quittons-là la musique. Oui, oui, car le timbre de voix des ces deux-là nous évoque irrésistiblement celui d’une sirène, à deux tons, susceptible d’être utilisée dans certaines formes très très avant-gardistes de musique contemporaine. Sans « h », le ton, merci, quoique, si, finalement, laissez-le !!! Non, non, sans thon, le hasch, j’ai horreur des sticks qui sentent le poisson, où j’en étais ?

Oui, laissons un instant la musique de côté. Car nous allons reparler de Didier Varrod. Et de la dentelle qu’il tente de tresser avec ses commentaires filandreux, peut être pour faire inconsciemment diversion avec le vent des disques qu’il nous propose. Des vents, oui, vous avez raison, Anthony, même si je suis content que ce soit vous qui le disiez !! Quand même, un peu grossier pour que j’y aie pensé moi-même !! Non, en vérité, je vous le dis, à entendre toutes les productions récentes de la variété française, l’expression « chanson minimaliste » devient de plus en plus un pléonasme !!

Et il déteint sur ses confrères, notre Didi !! Vous savez, ce que j’ai entendu, le même jour, sur cette même chaaaîne ?? « Festival des arts vivants, avec Benjamin Biolay ». Trop fort !! Après le pléonasme, l’oxymore !! Vous me direz, ça fait la moyenne !!! Non, Varrod, il a certainement couché pour réussir, mais, là, franchement, je ne pensais pas ça de Foulquier !! Et, en plus de tout ça, Didier Barbelivien sort un nouvel album !!

Pour me consoler des crécelles Moranesques et du néant variétochal, je me réjouissais par anticipation de mon moment dominical joignant l’utile à l’agréable devant l’excellent « supplément », de Maïtena Biraben, sur « Canal + ». Jusqu’au moment où je me rendis compte que ces abrutis de la programmation l’avaient troqué contre le grand prix de Formule 1 de Barcelone … Alors, je zappai rageusement sur Mezzo. Et, là, la grâce à l’état pur !! Le plus grand contre ténor du monde, Andreas Scholl, chantant le plus grand compositeur anglais de l’histoire, Henry Purcell. Qui me vengèrent instantanément de Morano, Royal, Biolay, Varrod, et de leurs sœurs et frères d’absence d’âme qui nous couvrent la vie de leur dégueulis. Si, vous aussi, vous aviez aussi des oreilles à nettoyer et une exaspération à mater, vous êtes venus à Châteauroux ce week-end. Au festival de la voix. Pour écouter les plus grands ensembles vocaux de la planète, les slaves de « Oraya », à « Equinoxe-la grande scène », vendredi soir 17 mai à 20h30, « Omm » et « Vocado », à la fois voix et instruments, au même endroit, le samedi à 21h. Et aussi pour les autres concerts du festival « in » à la nef des Cordeliers, et aussi à Sainte-Lizaigne et à Saint-Marcel, avec les « Barbiturik singers », entre autres. Je vous en parlerai plus en détails la semaine prochaine. Mais aussi ceux du « off », à l’église des Rédemptoristes, la qualité et l’amour de la musique y étaient aussi. Et, (auto-promotion), vous avez eu cinq minutes pour écouter « Chœur de Chanvre », la Chorale de l’IUFM et l’ensemble vocal « Variétés » du conservatoire, samedi entre 11 heures et midi. D’accord, entre onze heures et midi, ça fait pas cinq minutes, mais, avec nous, le temps passe tellement vite qu’on dirait que c’était déjà hier !! Oui, même sous la pluie battante, mais c’est pas nous, ça avait commencé juste avant qu’on chante !! Foi de chœur !

 

par Christophe Sibille

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