En direct du troquet du troc (part. 4)
Par Ze Fred , le 9 avril 2013

La crotte-nique à Ze FRED



« Bientôt, en France, il n’y aura plus d’emplois  et tout le monde passera la journée assis dans les cafés à boire du vin rouge« . Maurice Taylor dit Titan

Rappel : Nous sommes en mai 2018. La CJL (coordination des joyeux lurons) a déclaré, non pas la grève générale, mais un arrêt total et définitif du travail. C’est un succès ! En effet, cet arrêt est suivi par tout le monde ! On peut mettre fin à un mouvement de grève mais stopper un arrêt…Bref, l’argent n’existant plus, on ne parlera plus de café du commerce mais de troquet du troc. Ce sera, dorénavant, le lieu de tous les débats…
Bébert a rouvert son bistrot. Il était allé passer du bon temps chez Joséphine, une vieille connaissance…

-Jacky (à Bébert) : Bon ben, c’est pas qu’on s’emmerde mais tu mettrais pas la tienne des fois ?
-Bébert : Qu’est-ce tu bois ?
-Jacky : Comm’ d’hab, un social traître (un rosé-cassis) . Alors, c’week-end ? ! C’était bien ?
-Bébert : Ben tu m’étonnes ! Elle est bien conservée la Joséphine ! J’l’avais pas vue d’puis 81 ! T’as qu’à voir ! C’est toujours aussi agréable d’y glisser l’cierge. Elle va venir habiter là. Et elle amène son fond d’bistrot. Y aura d’la réserve !
-Rachid (qui débarque) : Ave ! Tiens, mets-moi un d’mi ! Paraît qu’ y a 10 vieux qui se sont barrés avec le fourgon d’la maisond’retraite ?
-Jacky (en se marrant) : Même qu’ils se s’raient tirés avec des caisses de pif ! T’façon, y a presque plus personne pour s’occuper d’eux. La liberté, ça va les faire rajeunir un peu…(s’adressant à Bébert) : Sinon, j’fais un cochon, tout à l’heure, tu veux descot’lettes ?
-Rachid : Tiens, ben mets-moi un sauciflard d’ côté…
-Bébert : Des cot’lettes, ça f’sait longtemps qu’j’en n’vais pas bouffer ! J’suis partant.
-Jacky : Tu voudrais pas mettr’ la télé, qu’on puisse voir les ruines de l’ancien monde ? C’qu’y est marrant, c’est qu’ils continuent à balancer des pubs, alors qu’on n’achète plus rien ! Y a pas à dire, y sont toujours aussi cons à la téloche !   !
-Bébert : Y font comme si de rien n’était. Le problème, c’est qu’ cet arrêt définitif s’est propagé dans plein d’ pays…On va voir c’qu’ydisent aux infos…

-La télé : « …On va faire un tour d’horizon car la crise est maintenant planétaire. Plus aucune entreprise ne fonctionne, plus personne ne retourne au travail, à part en Corée du Nord, seul pays qui semble ignorer l’arrêt total et définitif du travail. Nous allons nous rendre à Bruxelles où sont réunis les commissaires européens, les membres de la banque centrale et du FMI. La question qui se pose est la suivante : Comment motiver les populations pour qu’elles reprennent leurs activités ? Le problème est que, non seulement, les forces productives ne veulent plus produire mais elles refusent de consommer ce qu’elles ont produit dernièrement. Les gens se débrouillent entre eux, localement, pour l’instant. Les marchés n’existant plus, l’économie mondiale de marché est tout bonnement en fin de parcours et l’argent n’a plus aucune valeur. Un des membres de la coordination des joyeux lurons, la CJL, est parmi nous, aujourd’hui. Il va nous expliquer rapidement ce que les « arrêteurs » comptent faire par la suite.

-La télé : Bonjour Marius Lajoie ! La question qui est posée est toute simple ? Que comptez-vous faire, dans les jours à venir ?
-Lajoie : Ben, on va continuer d’arrêter ! C’est facile et ça n’ coûte rien !
-La télé : Mais que voulez-vous exactement ?
-Lajoie : Ben on veut rien ! Pour l’instant, on savoure notre victoire ! Quand on pense que tout est parti d’un canular balancé sur la RTBF ! Faut rappeler qu’on a fait croire, au 20 heures du 1er mai, que tout le Benelux s’était fédéré pour fêter un arrêt total et définitif du travail car la commission de Bruxelles et le FMI avait dit que pour sortir du marasme, il fallait transformer tous les salariés d’Europe et des USA en bénévoles. Du coup, en l’espace de 25 minutes, toute l’Europe s’est arrêtée et 2 heures après, tout l’ continent Américain, ainsi que l’Afrique ont suivi le mouvement ! Les patrons, les milliardaires, les actionnaires, les multinationales, les syndicats collabos (pléonasme), les gros cons de culs terreux pleins aux as qui nous empestent la gueule avec leurs pesticides de merde, ils l’ont tous dans le cul !
-La télé : Oui mais, il va bien falloir débloquer la situation car ils sont dans l’impossibilité de redémarrer !
-Lajoie : Bien fait pour leur gueule ! Qu’ils se démerdent ! Nous on s’ marre !
-Jacky (levant son verre devant la télé) : Bravo Lajoie ! Continue ! T’as raison !
-Lajoie : Puis, à la limite, on préfère crever en inventant des trucs qui nous font bien planer plutôt qu’en subissant toutes ces merdes qui nous pourrissent le quotidien ! Voilà pour l’instant ! Demain, y a le congrès de la CJL, ici-même ! V’nez donc ! Y aura à boire !
-La télé : Et bien merci Marius Lajoie.
-Bébert (éteignant la télé) : J’sais pas où on va mais, ça peut pas être pire qu’avant.

(la suite au prochain numéro).

 Le saviez-vous ?

On doit le délabrement et la monotonie de nos campagnes, non pas à cause de la révolution industrielle et des remembrements successifs mais à cause de l’abolition du droit de cuissage votée par les coincés de la révolution française. En effet, il n’était pas rare, sous l’ancien régime qu’un seigneur use de son prestige et de sa finesse pour séduire de jeunes paysannes toutes destinées à l’enfer de la vie conjugale. Il arrivait souvent que des bâtards en pleine forme voit le jour, en zone rurale. Du sang aristo chez les ploucs, c’était toujours mieux que la prolifération de débiles issus de mariages entre frères et sœurs ou fils et mères…Pour illustrer mon propos, je vais évoquer l’histoire du duc de Montluçon qui, en 1729, se tapa une jolie paysanne Bourbonnaise prête à se marier avec un pauvre métayer. Il faut préciser que le Duc avait un bec de lièvre et un strabisme divergeant. Il eut beau mettre tout en œuvre pour cacher cette éphémère liaison, la jeune femme mariée depuis 9 mois, accoucha d’un môme doté d’un bec de lièvre et d’un strabisme divergeant. L’entourage, quelque temps après : « Dis donc ! Ton fils a tout du duc ! C’est incroyable ! ».

Évidemment, le père pigea tout. Il le fit savoir à son Altesse. Cette dernière, dans sa générosité, offrit une rente au cocu. En 1788, ce sont surtout des bâtards qui ont mené les premières révoltes. Par la suite, ils se sont faits confisquer la révolution par une classe vulgaire, plus connue sous le nom de bourgeoisie. Le droit de cuissage fut aboli et la consanguinité renforcée, de fait. Depuis 1789, les exploitants agricoles, afin de conserver ou d’agrandir leurs parcelles, se marient entre cousins ou entre oncles et nièces. La preuve : Fouinez dans le bottin et vous verrez que dans de nombreux villages, tout le monde a le même nom de famille. Ils sont de plus en plus cons mais de plus en plus riches et les campagnes sont à leur image. Ils sont, à présent, subventionnés pour produire de la merde et ne savent même pas qu’ils sont devenus les cobayes de l’empereur Monsento 1er…

Courte à Ze :

M. Thatcher est morte, pets à son âme.

par Ze Fred

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