En direct du troquet du troc (part.6)
Par Ze Fred , le 7 mai 2013

La crotte-nique à Ze FRED

« Bientôt, en France, il n’y aura plus d’emplois  et tout le monde passera la journée assis dans les cafés à boire du vin rouge« . Maurice Taylor dit Titan

Rappel : Nous sommes en mai 2018. La CJL (coordination des joyeux lurons) a déclaré, non pas la grève générale, mais un arrêt total et définitif du travail. C’est un succès ! En effet, cet arrêt est suivi par tout le monde ! On peut mettre fin à un mouvement de grève mais stopper un arrêt…Bref, l’argent n’existant plus, on ne parlera plus de café du commerce mais de troquet du troc. Ce sera, dorénavant, le lieu de tous les débats…

Bébert ouvre à nouveau son bar, après un séjour copulatoire. Gégé (celui qui s’était fait virer par sa moitié) est de retour, après un séjour à Lyon.

-Gégé : Ah ben tu rouvres ta buvette ! Ca tombe bien, j’ai soif ! J’reviens de Lyon.
-Bébert : Alors, ça s’passe comment dans ce trou à rats ? C’est l’apocalypse ?
-Gégé : Ben même pas ! Ca s’passe même plutôt bien.
Arrivent Rachid, Jacky et Jean-Pierre (le Rugbyman)…
-Rachid : Tiens ! Un rev’nant ! T’es r’sorti vivant de Lyon ?
-Gégé : Ben ouais ! Tu croyais quoi ? D’ailleurs, y s’ démerdent mieux qu’nous ! Y a pas mal de squatteurs qui réorganisent la vie d’quartier, vu qu’ils ont l’habitude des collectifs. La plupart des parcs, même la Tête d’or, sont occupés par les riverains pour faire des potagers à plusieurs, du coup, tout le monde amène à bouffer et à boire et ça cause, pendant qu’ça pioche. Y a plus beaucoup d’bagnoles qui roulent, ils en ont profité pour couper l’axe nord-sud. Tout l’monde se balade dessus, y z’y ont mis des yourtes, des bungalows, des scènes de concerts sonorisés au solaire, des mioches qui courent dans tous les sens et ça pèche le poisson chimique, à tout va, dans l’Rhône. Cerise sur la r’ligieuse : Y a plein d’meufs qui s’baladent, les nibards à l’air, à fair’pâlir les boudins féministes !
-Jean-Pierre : Oh ! Putain ! Arrête ! Tu vas m’faire aimer la ville !
-Jacky : Faut aller filmer ça et l’diffuser  sur la place, ça donn’ra p’t êtr’des idées aux consanguins du Plateau ! (à Bébert) : Mets un’ tournée, j’ai am’né du sauciflard et du pain made in maison
-Rachid : Donner des idées à des consanguins, c’est aussi utile que d’offrir d’la matière grise à un cégétiste…

Joséphine (la reconquête de Bébert) débarque.
-Joséphine : Ah ben, à c’que j’vois, ça picole toujours entre mecs ! (à Bébert) Sers-moi donc un triple baby ! J’vais aller les rameuter, moi, vos moitiés !
-Jean-Pierre : Ah non ! Si on vient là, c’est pour qu’elles arrêtent de nous casser les couilles !
-Joséphine : Toi, tu m’as l’air de pas comprendre grand-chose à quoi qu’ce soit ! Si ta grognasse vient se torcher au bistrot, ça la rendra p’êtr’ moins chiante ! Si elle revient torchée chez toi, ben ç’est toi qui f’ra à bouffer et réciproquement ! Pis, si vous êtes tous les 2 complèt’ment cuits, vous z’avez plus qu’à vous foutre au pieux et copuler comme des gros dégueulasses ! (A Gégé). Bon alors,  d’où qu’tu sors avec ton sac à dos?
-Bébert : Y sort d’chez les dingos !
-Gégé : Pas si dingos qu’ça, les Lyonnais ! La vie a r’pris ses droits ! C’est même les SDF qui conduisent le métro et les tramways ! En échange, personne ne voit d’inconvénients à c’qu’ils crèchent dedans ! Par contre, ils roulent quand ils veulent ou à la demande, suffit d’leur apporter à bouffer et du jaja…Mais bon, un mec qui pilote un tram’ avec 4 grammes, bonjour…
-Bébert : C’est bien beau mais ça va durer qu’un temps, ces plaisant’ries. Du courant, y en aura bientôt plus ! Les centrales fonctionnent tout’s seules et va ben falloir les fermer, avant qu’elles nous pètent à la gueule !
-Jacky : Ben tant pis ! On s’démerd’ra autrement ! Puis, une centrale qui pète, ça crée des sujets de discussion et on s’ra pas emmerdés par les touristes !
-Bébert : Et ton cancer, tu l’soigneras comment, andouille ?! On pourra mêm’plus faire d’chimios !

-Jacky : Le cancer, tant qu’on sait pas qu’on l’a, on n’en meurt pas ! Un’ fois qu’on l’sait, on s’fait tuer par une chimio ! C’est tout l’temps comm’ ça !
-Rachid : Putain ! Celle-ci, on m’l’avait pas encore sortie ! Ta science me troue l’cul ! C’est sûr qu’un cancer d’la prostate, ça peut pas arriver à une autruche. Une chose est sûre, c’est qu’à l’av’nir, notre espérance de vie va diminuer, vu qu’on pourra plus se soigner, comme on l’a fait jusqu’à maint’nant !
-Jacky : Et alors, qu’est-c’ que ça peut foutre ?! On fabrique des cent’naires qui agonisent, dans des mouroirs, depuis qu’ils ont 80 piges, avec des couches pleines de merde et des tuyaux dans tous les trous ! Tu t’souviens des 10 vieux qui se sont barrés, avec la camionnette de l’hospice et des caisses de pif ? Ben ils ont bien fait ! Au moins, personne va les faire chier avec ce qui est bon ou pas bon pour eux, avec le couvre-feu et les repas dégueulasses à heures fixes ! Y z’ en n’ont p’t êtr’ pas pour longtemps mais, au moins, y vont s’marrer un bon coup !
-Jean-Pierre : T’as raison !(à Bébert) Mets-moi un Ricard. J’préfère crever content à 70 piges que d’ finir gaga à 100 piges, en me chiant d’sus.
-Bébert : Bon ben tout va bien dans l’meilleurs des mondes alors ! Ca s’arrose, allez, c’est la mienne !
(La suite au prochain numéro)

Le saviez-vous ?

Vercingétorix était un crétin de première. C’est qu’affirme un bouquin « De Gergovie à Rome », ouvrage sulfureux, édité à compte d’auteur, aux éditions Moisi, qu’on peut trouver à la bibliothèque de Chatel-Guyon. On y apprend que le célèbre Gaulois est originaire du territoire du Pourcinus-Sanctus, actuel Saint-Pourçain (Allier) où l’on produit, à l’époque, un célèbre pinard très convoité par les autres peuplades gauloises. Plutôt que de se faire la guerre pour un vignoble, elles décident, lors d’une réunion druidique, dans la forêt des Carnutes, de se fédérer et de porter à leur tête, l’idiot du village de Pourcinus-Sanctus, nommé Vercingétorix. En effet, il n’ y a pas mieux qu’un simple d’esprit pour rassurer tout le monde.

Assiégés par les troupes de César, à Gergovie, les Gaulois sont à cours de saucisson et plus grave : de vin. Vercingétorix ordonne, à son bras droit Beaujolpix, originaire de Lugdunum, d’aller à Saint-Pourçain chercher de la charcuterie et des amphores de pif. Ce dernier part avec une troupe, en passant par un sentier non surveillé par les Romains qui, finalement, sont informés de cette évasion, grâce au traître Altruix,. Du coup, une partie des légions de César s’en va poursuivre Beaujolpix et ses copains. Vercingétorix, voyant que le nombre de Romains restants est ridicule, en profite pour mettre une raclée à César. Victorieux, Vercingétorix en profite pour se rendre à Alésia, chez son vieux pote Jenrjettunptix, afin de déguster, avec sa troupe, les bons crus de Bourgogne. Ils se prennent une cuite mémorable. César n’a pas de mal à décimer la bande de Gaulois et fait prisonnier Vercingétorix. Le célèbre Jules, réputé pour être une vraie tante, dit au chef Arverne : « Il paraît que tu as une grande queue. Je te laisse la vie sauve, si tu acceptes de venir à Rome, afin que tu m’enfiles quand bon me semble. » Séduit par cette proposition alléchante, le Gaulois accepte.

Quelques jours après son arrivée à Rome, l’Arverne se fait kidnapper par Pompée, le rival de Jules, qui lui tient ce discours : « Si tu me tailles des pipes, quand bon me semble, je t’affranchis et te couvres de sesterces. » Vercingétorix accepte. César, furieux, exaspéré par ce cocufiage, enlève, à son tour, la nouvelle pompe à Pompée et l’offre aux gladiateurs pour les jeux du cirque. Le pauvre Gaulois, pour s’en sortir, leur dit : « Je m’offre à vous et vous me laissez la vie sauve. ». Après s’être fait enculé par les gladiateurs, il voit César tendre le pouce vers le bas. Il est égorgé sur le champ. Il est clair que cette fin tragique, à cause d’une histoire de cul, ne peut figurer dans les manuels scolaires…

par Ze Fred

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