En mai, fais ce qu’il te plait ?
Par Thierry Rocher , le 19 mai 2015

Thierry ROCHER renvoie la censure

Exceptionnellement, je vous livre le texte de ma chronique de la Revue de Presse de Paris Première, du11 mai 2015 où j’ai eu le plaisir de me retrouver à côté de Jean-Pierre Mocky. L’introduction est quelque peu différente car le texte qui suit est la première version.

Pourquoi, en mai, fais ce qu’il te plait ? C’est une question de fond qu’il faut se poser. Car le mois de mai, ça n’a rien à voir avec le mois d’avril où il ne fallait pas se découvrir d’un fil. En mai, on peut se découvrir, sauf les vieux car comme on dit : « Mémé en mai, pépé au frais ! ».

Les mois précédents, c’est pas la joie. En janvier, à part l’Epiphanie, c’est pas terrible et puis, tout le monde n’a pas la chance de tirer des rois.

Février, pas très bandant, à part le 15 pour la Saint-Claude. Enfin, autour de moi, tout le monde a arrêté de fumer, alors les pipes, j’en connais plus beaucoup qui avale la fumée. Et en mars, qu’est-ce qu’on a, à part le carnaval, et encore tout le monde n’a pas le carnaval. Je me souviens, enfant, on se déguisait pour le Carnaval. Il y a bien longtemps que j’ai arrêté et dans mon entourage, c’est pareil, à part ceux qui vont au bois. Avril, on l’a vu et enfin apparait le mois de mai.

Le mois de mai, depuis toujours, c’est synonyme de bonheur, liberté, amour.  Mai, ça commence fort, avec le 1er mai, la fête du travail. On fête le travail sans travailler. Formidable.

Personnellement, j’aime le mois de mai. Mai, c’est le mois de ma naissance et, par conséquent, les plus perspicaces auront déduit que c’est le mois de mon anniversaire. C’est passé mais j’accepte les cadeaux des retardataires jusqu’à la fin du mois.  A ce sujet, les filles, arrêtez de m’offrir du vin et des biscuits. J’ai de quoi tremper jusqu’à cent ans, ce qui fait que j’ai encore 58 ans devant moi … pardon 57 ans.

Mai, le mois de la fantaisie. Tout le monde a envie de faire un peu n’importe quoi. Rappelez-vous, en mai 1998, le lancement de l’euro approuvé par 11 pays à Bruxelles. L’euro qui a permis de multiplier les richesses pour les pauvres …Non, je déconne, c’était de l’humour. Si les pauvres avaient vu devant eux des richesses, ils les auraient prises. Vous connaissez la cupidité des pauvres.

Et en mai, c’est le mois où on a vu arriver tous les Présidents de la République de droite ….de gauche aussi ? Ah oui, si ça devait arriver, ça serait aussi au mois de mai, c’est vrai.

Mai, c’est le muguet. Pour les vendeurs de muguet, c’est le meilleur mois de l’année.

Mai, c’est le désir qui monte. Vous le savez, mesdames, plus vos vêtements deviennent légers, plus les mecs deviennent lourds. En ville, comme à la campagne, d’ailleurs comme disent les ploucs, « dans le pré en mai, dans le foin en juin. »

Mai, beaucoup de gens font n’importe quoi, la preuve : il y a énormément de mariages. Il y a aussi des séparations en mai à cause des voyages. Par contre, les suicides en baisse au mois de mai. Un petit tableau … pour mieux comprendre …

Il faut dire que se supprimer au mois de mai, c’est con. Enfin chacun fait ce qu’il lui plait. Non, c’est con, c’est aussi con que ….je ne sais pas moi …que d’aller à la chasse aux canards avec un instrument de musique ou faire l’amour tout seul dans un club échangiste.

Profitez de l’air de liberté qui ne flotte qu’en mai. Souvenez-vous de mai 68 ! C’était en 68 d’accord mais  c’était en mai. La révolution, c’est toujours en mai, pas à Noël où les idées sentent le sapin.

Profitez de ce mois merveilleux parce qu’en juin, ce sera pas pareil, ni en juillet avec la chaleur  et le fameux dicton de Kronembourg : « Bière qui roule n’amasse pas mousse. »

D’ailleurs, puisque beaucoup d’entre vous aiment la philosophie chinoise, en mai, les philosophes chinois font ce qui leur plait aussi, ils ne marchent pas à la baguette et trempent leur nem où ils veulent sans qu’ils soient ramollis pour autant. Et pour ce qui est du plus célèbre d’entre eux, Qi Shi Tsu, qui me disait, et je terminerai avec cette question profonde, en mai où l’on en consomme beaucoup : « Trop sucrer les fraises fait-il mourir plus vite ? »

Par Thierry Rocher

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La Revue de Presse de Paris Première, en direct du Théâtre Daunou, la dernière de la saison :1er juin.

Et la réservation est ouverte pour la grande soirée exceptionnelle « Rocher père et fils » au Théâtre des Deux Anes, le lundi 8 juin.  Les places à la portée de tous : 20 € (tarif réduit : 15 €)

Réservations au  01 46 06 10 26

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