Équipe de France, mon amour
Par Anthony Casanova , le 19 novembre 2013

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

En France, comme ailleurs, le sport, et plus particulièrement le foot, est une « religion ». Et tous les deux ans on atteint au paroxysme mystique avec les compétitions internationales. C’est pour cette raison qu’en mécréant convaincu, je n’espère qu’une chose : la défaite de l’Équipe de France ou des bleus pour les intimes.
A dire vrai, il s’agit moins d’une animosité quelconque pour tout ce qui concerne le spectacle désopilant de 22 millionnaires en short se disputant un ballon durant 90 minutes, qu’une profonde aversion pour tout ce qui touche au patriotisme. Rien que d’entendre la « France contre l’Espagne » me triture les nerfs, mais au moment des hymnes… je ne vous raconte même pas ! Et les supporters, ah les supporters ! Ces espèces de cons avec un drapeau à la main, un coq dans l’autre, et vociférant la « Marseillaise » à s’en faire péter le groin, on peut se dire que si c’est ça la France, il vaut mieux être apatride !

Dans ma carrière « d’anti-équipe-de-France », l’année 1998 fut un clavaire… Ah putain, j’en ai chié… rien que d’y penser j’en cauchemarderai presque. Et puis, il y eu l’Euro 2000… et vraiment lorsqu’on est, comme moi, fortement sujet à la misanthropie, je peux vous assurer que ce ne fut pas de tout repos. Mais voilà, comme dit le proverbe « bien de chez vous » : « Après la pluie, le beau temps », certes, mais voilà après le soleil… l’orage ! Alors je prendrai volontiers le parti de fredonner d’un petit air frondeur « parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps, le beau temps me dégoute et me fait grincer des dents ». Et depuis ce temps-là, l’équipe de France ne cesse de m’émerveiller.

Tout commença avec la coupe du monde 2002, et l’élimination au 1er tour avec en musique de fond Johnny Hallyday et son « allez les bleus on est tous ensemble », ma jubilation devant les mines déconfites de tous ces beaufs ne fut que plus grande. S’ensuivit la coupe d’Europe 2004 et la défaite en 1/4 de finale contre la Grèce, qui marqua l’arrivée de Raymond Domenech.

Ah Raymond, mon frangin, mon pote, mon champion ! Comment te remercier ? Je ne le pourrais jamais tant je serais incapable de te rendre tout le bien que tu m’as donné. Pour reprendre une expression américaine, je dirai que mon premier « What the fuck ? made in France » eu lieu en finale de la coupe du monde 2006, lorsque l’idole des yaourts, Zinedine Zidane, mit fin à sa carrière de la manière la plus stupide qui soit, par un coup de tête dans le torse d’un joueur qui venait de lui rappeler les « infidélités » de sa rombière. MAGIQUE !

Puis vient l’Euro 2008 et le second « What the fuck ? made in France » qui fut si inattendu que j’en frissonne encore : élimination dès le 1er tour, et demande en mariage du sectionneur en direct. SUPERBE ! Mais on arrête pas une équipe qui vous fait rire, et ce fut le 3ème « What the fuck ? made in France » avec la grève dans un bus lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud ! SUBLIME !

Alors ce soir, car en écrivant cette chronique je ne connais pas encore le résultat du match retour de la France « contre » l’Ukraine, je suppose que nous allons assister à l’apothéose : l’élimination dès les barrages ! Au revoir coupe du monde ! Au revoir Marseillaise, sans parler du chauvinisme des « journalistes » et autres commentateurs sportifs… LE PIED !

Alors, je tiens ici, à remercier tous ceux qui participèrent à cette débâcle, je vous en serai éternellement reconnaissant, et le déclare solennellement : Vive la France (qui perd).


par Anthony Casanova

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