España gnia gnia
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Ah la vache, ou plutôt, la vaca, quand ils se mettent à déconner, les Espingouins, c’est pas pour rire, si j’ose dire ! Bon, d’accord, faut reconnaître, tu as du mal à mater un tableau de Velasquez ou d’El Greco sans te mettre à flipper, question musique, c’est le flamenco, la seule zizique qui nécessite d’avoir l’air de revenir du cimetière où tu viens d’enterrer toute ta famille, clebs compris, pour pouvoir la danser, le cinoche, mis à part trois films d’Almodovar, c’est déprime et compagnie et même la paëlla ça ne te chatouille que rarement le neurone à rigolade. Et sinon, pour s’amuser, il se réunissent à 30 000 dans des arènes surchauffées pour mater un ancien pauvre déguisé en ouvreuse de chez Michou massacrer une vache à coup d’épée dans la gueule. Tu parles d’une poilade !

Putain, mais qu’est-ce qu’ils sont sérieux, ces gens-là ! Tu auras beau me dire que j’exagère, que je caricature, moi, quand je mate les infos à la télé et que je vois les politiques du cru, j’ai toujours l’impression que Torquemada et sa bande de potes de l’Inquisition espagnole vont débarquer dans mon salon pour me griller les arpions afin que je confesse des tas de trucs ! Je peux me gourer, bien sûr, mais je reste persuadé que les Espagnols, si c’est pas tragique et sanglant, ils s’emmerdent. Tiens, par exemple, les partisans italiens, ils chantaient « Bella ciao », ça te donne envie de sautiller partout en canardant de la Wermacht, alors que les mêmes au pays de Cervantès, c’est Ay Carmela et ça te pousse à mourir noblement sous les remparts de Séville, chez ton ami Lilias Bastias… Tu veux une autre preuve ? Molière, quand il chope une pièce ritale, il fait Le Malade Imaginaire, quand il l’attrape chez les hidalgos, ça devient Don Juan, avec statue du Commandeur et descente aux enfers pour finir… Tu mords le topo ? Disons qu’ils dramatiquement sérieux et qu’ils aiment quand ça en fait des caisses.

Comme pour l’histoire de la Catalogne. On ne peut pas dire qu’ils fassent dans le feutré ou dans le diplomatique, les descendants de Cortès !  Et va-z-y que je te fais un référendum inconstitutionnel, rien à foutre de la Loi commune ! Ah ouais, c’est comme ça que tu vois les choses ? Et ben toc, article 155 de la Constitution de 1978, t’es niqué, t’es plus rien ! Plus rien, que tu crois, j’en appelle au peuple, moi, mon pote ! Ah d’accord, tu continues à faire le con ? Ben je te colle tous les ministres de la Généralité au trou, ah ah, tu fais moins le malin, maintenant ! Rien à foutre, je me suis barré à Bruxelles, comme Victor Hugo et je vais y demander l’asile politique, rien que pour te faire braire !

Non, mais, sérieux, ça va bien dans vos têtes, les gars ? En 2017, entendre des conneries pareilles, ça vous colle les miquettes sévère pour au moins trois générations, c’est tout !  T’y crois, toi, quand les Catalans t’expliquent qu’ils sont la botte de Madrid ? Vraiment ? Mais c’est tout juste une espadrille trouée, la botte de Madrid, une savate en tissu ! Et les anti-sécessionistes, on dirait qu’ils prennent Barcelone et les environs pour Daeshland. Si c’est pas de la tragédie de supermarché, ça ! Quant aux personnages principaux… Il a beau faire son sérieux, Rajoy, ça ne marche pas, on a envie de lui demander vers quelle heure passe l’express pour Salamanque ! Et tu penses que l’autre en face, Puigdemont, il est mieux ? L’espèce de Playmobil qui s’est carapaté après foutu le brin, et il joue les De Gaulle de supermarché  depuis la place de Brouckère, fier comme le Manneken-Pis ? Ben ils ne sont pas sauvés, les Espagnols !

Note, si tu regardes bien, cette affaire, ça commençait comme une fête, youpi, nous les gentils Catalans, on vous emmerde, les autres espagnols et on se barre par devers nous, ça a continué comme un drame, avec charge de flics qui bastonnent à tout va et mise en taule de militants et ça finit en pantalonnade, genre Au Théâtre, ce soir, avec le cocu qui revient pendant que l’amant se barre par la fenêtre en caleçon et fixe-chaussettes ! Manque plus que les tartes à crème et au chorizo et le ridicule le plus complet sera atteint…

Bon, ben finalement, je me trompais, ils ont un sacré sens de la déconne, les Espagnols. Quand il s’agit de se foutre sur la gueule entre eux…

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

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