Et c’est reparti pour un tour !

par | 21 Sep 2020

Ouaiiiis, youpi, c’est la rentrée, on est là avec nos cartables neufs, nos trousses Dora l’exploratrice, nos nouvelles baskets pour cavaler dans la cour de récré et notre envie de faire des conneries avec les copains, l’instit a l’air sympa et donc, ça va être super-méga-giga-cool. Sauf qu’en fait, c’est la rentrée du Coq, que je n’achète plus de cartables depuis plus de 40 piges, que je porte des baskets non pas pour pouvoir courir, mais pour le confort pour mes arpions fatigués et que Casanova n’est pas instit, mais Rédac’chef, ce qui est mieux mais pire. N’empêche, bien content tout de même de reprendre la plume, en l’espèce le clavier, pour venir déblatérer hebdomadairement mes petites humeurs, souvent mauvaises, faut bien le dire, ça m’économise la visite chez le pédicure du cerveau. Et puis là, c’est pour moi la septième saison, c’est pas mal, ça, sept saisons, c’est pas encore Joséphine ange gardien, mais ça commence à ressembler à Lost.

Bon, j’admets, la dernière saison a été interrompue en plein milieu par cette saloperie de Coronavirus, heureusement pas pour des causes médicales dans la rédaction, tout le monde a survécu, même Ranson, ce qui prouve que ce virus est injuste et n’a aucun goût, mais parce qu’on n’allait pas vous causer toutes les semaines de ce dont les journaux télévisés nous bassinaient matin, midi et soir, on a notre fierté au Coq. Moi, j’en ai tiré un journal intime sur fessebouc, à paraître bientôt dans ces colonnes, je vous en recauserai. Ensuite, bim, les vacances, la pause annuelle, j’ai pris trois jours à Obernai, c’est très joli Obernai, mais pas de quoi en faire un roman. Ce qui fait que tout mis bout à bout, ça fait six mois qu’on ne s’est pas laissé aller à nos râleries habituelles avec les copains, c’est pas bon, ça, je suis certain que ça nous a fait pousser des ulcères de la taille du cirque de Gavarnie, va falloir consulter.

Seulement, ce n’est pas un champ de rose, l’actu, actuellement. Venir raconter des trucs et des machins à vocation satirique dans le contexte du moment, faut le vouloir. Je résume, un rapeur antisémite fait des millions de vues sur le Oueb, Méluche se vautre dans la bêtise anti-Charlie la plus lamentable, les nouveaux élus verts s’emmêlent tellement les pinceaux qu’ils s’étalent tous seuls dans leur communication, 55 % de nos cons citoyens veulent le retour de la guillotine, la Droite reste le plus grand laboratoire à non-idée du monde, la République en Marche s’achète un fauteuil roulant, la Gauche de gouvernement est en coma dépassé, la Gauche de la Gauche de la Gauche de Mes Deux barbote dans tout ce qui est indigéniste, anti-laïque et anti-scientifique, des artistes à la ramasse se prennent pour des analystes politiques ou, pire, des lanceurs d’Arlette et le Covid-19 recommence à tabasser comme un bourrin. Va t’en sortir avec ça, toi ! Va faire se marrer les gens avec un tableau qui tient plus des Grandes Misères de la guerre de Callot que des amoureux de Peynet – vous avez qu’à chercher sur le Net si vous ne connaissez pas, non, mais, des fois ! -, tiens !

Alors, moi, je ne vais pas m’énerver. Enfin, si, forcément, je vais bien finir par m’énerver, c’est pour ça que je gratte mes 4 000 signes toutes les semaines, faudrait pas déconner. Non, ce que je veux dire, c’est que je ne vais pas m’énerver AUJOURD’HUI, je vais rester calme, posé, serein, tranquille pomme chips comme disait Villeret et je vais attendre peinard mon prochain pétage de plombs. Pourquoi ? D’abord, parce qu’il y a trop de sujets qui me foutent en rogne pour ne pas prendre bien le temps d’en profiter et qu’on ne sait pas ce que le futur réserve, faut garder des biscuits pour la route. Ensuite, c’est le Nouvel An juif, c’est pas que ça me touche d’un point de vue gnostique, vu que, justement, je suis agnostique, mais bon, je tente de rester dans l’esprit « foi dans l’avenir » et tout le tremblement. Et surtout, aujourd’hui, c’est les 50 ans de mon pote Sonotone, l’inventeur unique et éternel de la formule du « gland à paillettes » dont j’use et j’abuse avec vigueur et je ne vais pas me pointer à sa fête tout rouge de rage, ça ferait chiffon.

Donc, pour le coup, je me contente de vous dire que je suis bien content de pouvoir vous recauser des malheurs du Monde – non, pas le journal ennuyeux et pontifiant – dès que j’en aurai l’occasion, tiens, m’est avis que ce ne sera pas plus tard que la semaine prochaine et qu’en attendant, moi, ça va.

Soyons positifs.

Sauf au virus, hein, faites bien gaffe à vous !

Par Naqdimon Weil

Par Naqdimon Weil

Naqdimon Weil est rédacteur. Il est aussi chroniqueur. Il est surtout social-démocrate universaliste, laïcard et sioniste. Il est gravement quinquagénaire et profondément provincial. Et, évidemment, il est dans le Coq.
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