Et en plus, il fait beau
Par Christophe Sibille , le 17 septembre 2019

Pianotages de Christophe SIBILLE

 

Après cette rentrée médiatique trèssepeedante, j’aimerais, pour commencer sobrement cette première chronique un peu «fourre-tout», faire un petit retour sur ce qu’on appelle la «grille d’été» des programmes de France-inter.  «Grille», appellation parfaitement choisie en ces années pour lesquelles l’égérie collapse venue du froid nous menace de tous finir ainsi. Grillés. Sur une planète transformée en plancha géante.

D’abord, quelques émissions que la désertion présumée de l’auditorat habituel d’enseignants a rendu encore plus dénuées de toute forme de sens commun que pendant la saison. Et exaltant, pour quelques-unes d’entre elles, le communautarisme et le féminisme les plus dogmatiques.

Tiens, Dorothée Barba, dans «le débat de midi» au mois de juillet, qui avait bien commencé en invitant la malheureuse Isabelle Barbéris, (que j’ai souvent défendue ici,) à nous parler du décolonialisme en art. Du moins le pensais-je. Mais, entre deux autres intervenants suant de mauvaise foi et transpirant l’autosatisfaction de l’illusion de se retrouver dans le camp du bien, et peu aidée par l’animatrice, son intelligence pointue est devenue inaudible.

Sans parler d’autres, tellement anti-racistes qu’elles en deviennent racistes en disant, comme Maboula Soumahoro chez Lauren Bastide, dans «Les savantes», «qu’un noir ou un arabe ne peuvent pas avoir tort contre un blanc.»
«Les savantes» … Quelle arnaque.

Précisons que cette brave susnommée Maboula n’est pas concierge dans un quelconque bouge de Belleville, mais maître de conférence, (non, je ne dirai pas: «maîtresse», ça m’excite, et, là je n’ai aucune envie d’être excité,) à l’université «les Tanneurs», de Tours.
Et après, on voudrait que j’aime la Province!
Non, je déconne …

Bon, par contre, et ce n’est pas de la science-fiction, et je n’ai pas rêvé non plus, la «playlist» fut, en juillet-août, un peu malmenée par les émissions musicales. Ce qui ne peut que faire plaisir à l’auditeur doué d’oreille. Alors merci, Laurent Delmas, pour votre émission «ciné qui chante», (même s’il y a quand-même un peu trop de Michel Legrand à mon goût, mais bon, vous semblez vraiment aimer ça, et hommage mortuaire oblige), merci, Anna Sigalévitch, pour votre culture et votre écoute, et merci, Michka Assayas, pour votre rétrospective sur Woodstock. J’espère que Didier Varrod ne s’est pas claqué un tympan en vous écoutant. Ou avant, ce qui explique peut-être votre passage à l’antenne.

A part ça, les bulletins d’infos, c’est toujours aussi dramatique, mais ça, c’est plus la faute de l’actu que de ceux qui nous la commentent.
Didi, ses merdes, il les choisit. Laetitia Gayet, non.

Tiens, par exemple, une des nouvelles de l’été, une des très nombreuses qui nous rend sceptique sur le fait que l’immense Darwin maintiendrait sa théorie s’il revivait de nos jours; l’autorisation, par la nouvelle inapte… ministre, pardon, nommée à l’écologie par notre président vendu aux chasseurs, de tuer 6000 courlis cendrés, pourtant sur la liste rouge des espèces protégées.

Alors, une question me vient à la vitesse d’une érection chez Strauss Kahn en villégiature dans un camp de femmes de chambre naturistes; faut-il être à ce point mort dans sa tête, pour viser avec autant d’acharnement à éradiquer tout ce qui vit?

Je terminerai comme mon bulletin d’info. Avec la météo. Par un coup de gueule.
Il faudra combien de dizaines de départements en alerte sécheresse, de centaines d’hectares d’herbe grillée et de milliers d’incendies de forêts avant que le journaliste d’info ne nous susurre pas, hilare et la bouche en coeur, : «il va faire beau» en annonçant un soleil qui nous écrase les neurones? Mais une journée (ou deux) de bonne et vraie pluie?
De la bonne eau, qui coule sur les terrasses, remplit les rivières, et fait pousser les tomates?
Mais pas dans mon verre, faut pas dec non plus!

par Christophe Sibille

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