Et la désobéissance civile, les « rebelles »?
Par Thierry Rocher , le 3 mai 2016

Thierry ROCHER renvoie la censure

Après le flot d’images de casseurs qui s’incrustent dans les dernières manifestations ou dans les rassemblements « Nuit debout », diffusées à grande échelle, à tel point que beaucoup de provinciaux intoxiqués par l’info approximative vont avoir peur de visiter notre belle capitale, je me suis plusieurs fois interrogé sur l’utilisation de la violence par des groupuscules de Prix Nobel de la Connerie. Attention, pas d’amalgame ! Les puristes de « Nuit debout » ou des manifestations anti loi Travail n’ont rien à voir avec les casseurs, qu’ils soient payés pour casser (procédé vieux comme la manipulation politique!) ou qu’ils agissent en individuel, à partir du mode de communication basique qu’ils affectionnent: la violence.
La violence est une forme de lâcheté, tout le monde le sait et ce n’est pas nouveau. Mais vouloir faire passer la violence comme acte politique ou message de rebelles pseudo anarchistes, en être encore là en 2016, c’est pathétique. La facilité qui consiste à casser du policier n’a pas de justification de revendication politique; même si elle veut le faire croire. Et quand, en plus, on entend parler de notion de respect et d’atteintes à la démocratie par certains « barbares encagoulés », je suis triste, déçu de voir qu’on continue à louper l’éducation républicaine qui devrait, dans un cheminement idéal, déboucher sur une vraie conscience politique. Le droit au respect s’apprend.
Tout comme je suis souvent sidéré par l’accumulation de vieilles, voire très vieilles actions dans les mouvements syndicaux et leur absence d’imagination, les mouvements d’opposition dits « spontanés » louables et respectables souffrent aussi des mêmes travers.
Les vrais rebelles ne sont pas violents. La désobéissance civile respecte l’être humain individuel car elle ne se trompe pas de cible. Par définition, on n’est plus dans l’instinct primaire quand on enclenche un véritable processus de pensée.
Alors, s’opposer au pouvoir, aux décisions néfastes demande d’autres recettes que des battes de baseball et des vitrines qui tombent. Actions minables à l’image de leurs auteurs.
La désobéissance civile, pour faire vraiment bouger le système, c’est autre chose, mais là, ça demande une vraie conscience politique. Allez, je me laisse aller à énumérer quelques actions: remplacer les manifestations par des rassemblements assis, des occupations pacifiques de places ou de lieux publics, des journées de transport sans payer (RATP/ SNCF), des journées « autoroutes gratuites » en bloquant les péages, retraits en masse des comptes bancaires… etc…
On pourrait continuer, en tout cas, voilà l’esprit d’un engagement responsable.
En attendant, qu’on se protège comme on peut des nuisibles qui pourrissent le quotidien du plus grand nombre.

Par Thierry Rocher

A part ça, pour ceux qui ne le saurez pas, deux soirées exceptionnelles au Théâtre des Deux Anes (100, bd de Clichy 75018 Paris) …si ça vous dit ..?  Mardi 10 mai (20h30) « Rocher père et fils » et mercredi 11 mai (20h30) ma pièce « A boire et à manger ». Réservations sur Billetreduc, FNAC ou directement au Théâtre.

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