Et maintenant, la musique
Par Christophe Sibille , le 12 novembre 2013

Christophe SIBILLE l’homme au micro

A part ça, Ségolène Royal est prête !! A part quoi ? « Ca », je ne sais pas ce que c’est, déjà. Et puis, prête à quoi, je ne sais pas. Moi, en général, quand une gonzesse me dit : « je suis prête », je me résigne, je m’assieds, et je prends un bouquin. Et mon mal en patience. Mais bon.

A part ça, Valérie a fait le buzz. Non, Jean-Patrick, pas Valérie Trierweiler. Pas Valéry Giscard d’Estaing non plus, ça, je le précise pour mes auditeurs de « Radio-Balistiq ». Oui, non, je n’ai pas peur de le dire, cette chronique me sert à la fois pour « le Coq » et pour la radio. Que celui qui n’a jamais pêché me donne sa première truite. J’ai les noms.

Valérie Fourneyron. Vous ne savez pas qui c’est ? Moi non plus. Je l’ignorais, du moins, jusqu’à ce fameux « buzz » qui a semblé émouvoir et indigner la twittosphère. C’est la ministre des sports. Ah bon, il y a un ministre des sports ? Une ministre, en plus ? Pourquoi pas un ministère de la culture, avec une nana aussi, pendant qu’ils y sont ? Alors qu’il y a tellement de bonnets rouges qui meurent de faim !!

Notre ministre des, donc, sports, aurait confondu deux footballeurs qui portent le même nom, et pas le même prénom. Ronaldo et Ronaldo, je crois. Mais c’est pas très clair, y’en a un, c’est son prénom, et l’autre, c’est son nom, ou quelque chose comme ça. Impardonnable !! Suffisamment, en tous cas, pour reléguer au second plan l’inénarrable Fillon, qui s’emmêle en permanence les crayons entre l’extrême droite et le centre. Et puis, Valoche, tant qu’elle ne confond pas Bernard Lama et Serge le lama, hein ??

Mais, bon, j’avais dit qu’aujourd’hui, j’évoquerais de bien belles choses, alors, je vais tenir promesse. Au risque de perdre ma lectrice qui, la dépravée, préfère se vautrer dans les turpitudes dont je fais, à mon corps défendant, ici-même état quasiment chaque semaine.

Tous les ans, à Châteauroux, a lieu… Oui, ami Parisianiste, je vois à ta moue nicolabedossienne que, pour toi, le fait qu’il puisse se passer à Châteauroux autre chose que la remise du prix de la plus grosse tanche à la catherinette du quartier ouest relève de l’escroquerie intellectuelle. Alors, écoute-moi bien, toi qui me bassine un tantinet les étagères à mégots avec le flux de spectacles qui inonde quotidiennement TA capitale. Auquel tu n’assistes même pas en rêve. Vu que ton rythme de vie, le temps passé dans les transports et les deux tiers de ton salaire dans le loyer de ton clapier de 25 m2 avec vue sur pas d’ascenseur t’en privent des neuf dixièmes. Je te plains, encore beaucoup plus que je t’emouscailles. Et d’autant plus que je fus moi-même abru … Parisien jusqu’à l’entrée de mon trentenariat.

Nous, Berrichons, en dehors des nombreuses salles où il se passe souvent du bon, on a une scène nationale. Magnifique. Et, chaque année en Novembre, un festival unique, au pays du Romantisme. Ben oui, tu crois quoi ? Que George Sand, Frédéric Chopin, Franz Liszt, Delacroix, Musset, c’est dans le quartier Latin qu’ils établissaient les leurs ? Ah, ah, un point pour moi, donc !! Les Lisztomanias, tous les automnes, ce sont des concerts dans cette salle d’Equinoxe, des conférences, par de brillants musicologues enchantés de déserter pour un temps les horaires désespérants des RER A, B, C, D, et, surtout, de jeunes pianistes qui viennent des quatre coins de la planète, … Oui, je sais, c’est complètement con, les quatre coins d’une sphère, mais arrête de m’interrompre !! Si c’est tout ce que tu as comme argument !!

Qui viennent de partout pour suivre les conseils d’un roi du piano, d’un empereur de la pédagogie. En arrivant, à la chapelle des Rédemptoristes, ils jouent. Pour une salle pleine. Et, devant le public béat d’attention, Giovanni le grand va démonter l’interprétation d’Elisaveta ou de Ricardo comme un mécanicien de grand-prix le moteur d’une Ferrari. Pièce par pièce. Avec lyrisme, clarté et humour. Et, surtout, malgré ses critiques quelquefois sans concession, une immense gentillesse. Ces Réminiscences de Norma ou ce Carnaval de Vienne, que nos concertistes en herbe ont déjà plusieurs fois interprétés pour un public averti, qui payait pour venir les voir, étaient déjà quasi-parfaites. Sous leurs doigts, après que Bellucci en ait soupesé l’exécution et fait l’exégèse en les replaçant dans leur contexte culturel, elles racontent une histoire. Et c’est parce que ces masterclasses racontent, en elle-même, une histoire qu’y assiste un public qui, bien que ne captant pas forcément les nombreuses références techniques dont Giovanni nous ravit, boit littéralement ses paroles. Gageons que tous ceux qui jouent du piano, ou même de tout autre instrument de musique, se précipitent dessus à peine rentrés chez eux. Et la vraie perfection de la pédagogie, en amont de toute autre considération, c’est ça : donner envie. Chapeau, et merci, l’artiste.

P.S. : j’ai oublié de parler de Jean-Baptiste Doulcet, improvisateur génial de vingt ans, capable de recréer des pièces inconnues, de Haydn, Liszt, Debussy, en temps réel. On se pince vraiment pour y croire. Mais je pense que j’en aurai bientôt l’occasion.

par Christophe Sibille

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