Et une de plus en moins…
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Bon, ben, de quelque manière qu’on le prenne, 2017, c’est fini, terminé, plié, emballé, dégagé. Notez bien, c’était spécifiquement le mot et le thème de l’année, le dégagisme – qui, soit dit en passant, doit être l’un des néologismes les plus laids de la novlangue médiatique mais bon, passons… – et ça a dégagé sévère. Entre Fillon, Hamon, le PS, l’unité des Républicains, les British avec le Brexit, l’idée d’unité européenne, quelques pans de la laïcité, l’honneur de certains journalistes, quelques vieux dictateurs, un vieil académicien malicieux de Droite et un rocker vieilli sous le harnais, de Droite itou. Mauvaise année pour la Droite, certes, mais année de merde pour le Centre Gauche, et même si Camarade Jean-Luc réussit à faire plus de vent qu’un champ d’éolienne sous le mistral, 2017 n’a pas non plus été l’année de la Grande Révolution Prolétarienne Avec Des Vrais Morceaux De Chavez Dedans. Et ça dégage et ça dégage encore, les Catalans qui veulent dégager d’Espagne, les Corses qui dégagent une classe politique corrompue et clientéliste au profit d’autonomistes et de nationalistes, les refugiés qui dégagent comme ils peuvent de leurs pays massacrés et qu’on dégage aux frontières vers on ne sait où, les boîtes internationales qui dégagent des bénéfices et les dégagent vers de discrètes îles pacifiques ou vers la Hollande, tiens, rions un peu avec la rigueur des « pays du Nord »… Et le MEDEF qui rêve de dégager le code du travail pour faire dégager les employés, pendant que l’État tente de se dégager de ses obligations en foutant sous le tapis ses missions de service public et en supprimant des postes dans les écoles et les hôpitaux en hurlant à la gabegie. Et j’en passe, de Trump à Kim Jong Un, en n’oubliant ni les mecs avec le futal sur les genoux ni Knock avec ce pauvre Omar Sy !

Bref.

Bref, tout ça dégage une odeur moisie avec un relent de déjà-vu, une impression de répétition des pires moments, avec pour couronner une bonne grosse année de merde, l’élection de gentils petits fascistes propres sur eux en Autriche, la fuite des Rohyngas sous les regards fuyants de l’ONU et la fin de la guerre en Syrie – contre ISIS – annoncée pour février selon Jupiter Macron, une bien bonne nouvelle pour les quelques derniers démocrates syriens, qui après s’être fait massacrés par les alliés du régime, Iran et Hezbollah en tête avec l’amicale présence de nos amis russes, vont se retrouver en tête à tête avec la soldatesque du régime, dont meurtre, torture et viol sont les principales qualités.

Alors, évidemment, quand on fait ce bilan, on dit qu’on ne la regrettera pas, cette année à la con, qu’on va vite passer à autre chose. Ou pas. Car ce qui était en germe en 2017 va arriver en 2018 et les agaceries risquent de devenir des vrais raisons de s’énerver. Et vu que les mêmes causes produisent les mêmes effets, si je ne change ni les acteurs, ni le scénario, ni même les dialogues, ce n’est pas impossible que la suivante ressemble à la précédente en guère mieux.

Voilà, c’est fait, je vous ai bien pourri votre fin d’année et vous allez avoir des tas de bonnes raisons de vous plaindre. Et c’est une très bonne chose de se plaindre, ça nettoie les neurones, ça aère les synapses, ça fortifie la rate et ça accélère le rythme cardiaque. Et puis, finalement, c’est peut-être en 2018 que votre patron va enfin vous augmenter – coucou vénéré Rédac’Chef ! -, que vous allez gagner au Loto ou que vous allez rencontrer l’homme ou la femme de votre vie, et peut-être même les trois ! C’est peut-être en 2018 que vous serez heureux, pleinement heureux, parfaitement heureux, pendant un mois, ou une journée, ou une heure ou même rien qu’une minute, une toute petite minute et moi, c’est tout ce que je vous souhaite !

Bonnes fêtes, ne boudez aucun plaisir et à l’année prochaine !

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

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