La Femme ou le jouet de Dieu
Par Anthony Casanova , le 19 décembre 2017

Anthony CASANOVA est politiquement correct

L’actualité depuis plus de 20 ans étant rythmée par les attentats islamistes revendiqués par le GIA, Al-Qaïda, Aqmi, Boko Haram, Daech etc. nous avions tendance à penser comme Houellebecq que «la religion la plus con, c’est quand même l’islam». Or, s’il y a bien un domaine où les trois religions monothéistes se disputent le leadership, c’est bien dans celui de la «connerie».

Or ce n’est pas fortuit si la connerie, étymologiquement, vient du mot «con» c’est-à-dire le sexe féminin. Car dès que Dieu décide de déconner ce sont toujours les femmes qui en font les frais. Gardons à l’esprit que la première prière du matin d’un juif ultra-orthodoxes est: «Loué soit Dieu de ne pas m’avoir fait femme», qu’un épître aux Corinthiens de Saint Paul affirme «quand Dieu est le chef de l’homme, l’homme est le chef de la femme», et que dans le Coran il est stipulé «qu’il est interdit à une femme de se refuser à son mari fût-ce sur le bord d’un four embrasé».

C’est ainsi qu’au Salvador, pays cul-bénit catholique, Teodora Vasquez vient d’être condamnée en appel à 30 ans de prison pour une fausse couche. Une fausse couche qui est comparable aux yeux de ses «juges» à un homicide. Une religion se définissant principalement par ses interdits et non par ce qu’elle tolère, voilà où l’on en est lorsque la religion fait la loi. Et parmi toutes les joyeusetés intolérables: il y a la liberté des femmes. Depuis l’aube de l’Humanité, l’homme pense comme le disait  Pythagore «qu’il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme, et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme», et de cet ordre, les femmes en ont toujours été exclues, c’est pourquoi elles furent et sont toujours méprisées par tous les garants de la «moralité».

Si peu de média ont parlé de Teodora Vasquez, c’est surtout parce qu’il y a d’autres débats, d’autres causes bien plus importantes à défendre en ce moment comme, par exemple, le comique Tex. Mais oui, Tex, le type qui anime un jeu à la con sur France 2 et qui s’est fait lourder pour avoir fait la bonne blague que voici: «Les gars, vous savez ce qu’on dit à une femme qui a déjà les deux yeux au beurre noir? On ne lui dit plus rien! On vient déjà de lui expliquer deux fois!»

Alors, vous comprenez, Madame Vasquez elle ne fait pas le poids face à ce genre d’injustice. Et voilà que nos plus éminents représentants du rire qui pète à table s’indignent du «politiquement correct», car c’est Desproges et Tristan Bernard qu’on assassine…  et la «liberté d’expression» qui serait en danger, rien que ça!

Mais ça fait 200 000 ans que l’homme trouve marrant de «s’expliquer» avec une femme à grands coups de poing dans la gueule! Dans cette «blague» de Tex on ne «rit» pas de l’homme qui bat sa femme mais de la femme battue, alors évidement, bande de cons, que c’est inacceptable! En France, tous les 3 jours, une femme meurt parce que son mec a voulu lui «expliquer» quelque chose, et dans le monde c’est toutes les 9 minutes qu’une femme est assassinée sous les «explications» d’un connard.

Mais pour bien comprendre la blague, peut-être faut-il la transposer?
vous savez ce qu’on dit à un Juif qui a déjà les deux yeux au beurre noir? On ne lui dit plus rien! On vient déjà de lui expliquer deux fois!
vous savez ce qu’on dit à un Arabe qui a déjà les deux yeux au beurre noir? On ne lui dit plus rien! On vient déjà de lui expliquer deux fois!
vous savez ce qu’on dit à un dessinateur qui a déjà deux balles dans la peau? On ne lui dit plus rien! On vient déjà de lui expliquer deux fois!

On utilise l’humour pour dézinguer les clichés et non pour les renforcer. Le rire qui s’attaque au racisme, à l’homophobie, au sexisme, à l’antisémitisme, aux religions ou à la mort n’est pas un rire moins virulent, moins féroce, c’est au contraire un rire plus exigeant. Si le rire doit être un exutoire, ce n’est pas sur le dos des victimes mais sur celui de leurs bourreaux.

Personne ne peut dire la couleur de peau, l’origine ou la nationalité du premier Opprimé de l’Histoire, en revanche, nous pouvons parier que ce fut une femme.  La «blague» a assez durée, non?

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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