Fin damnée !
Par Naqdimon Weil , le 18 décembre 2018

NAQDIMON fait son malin

Tiens, moi qui vous cause de choses et d’autres toutes les semaines, surtout quand c’est à propos de politique ou de société, je dois bien vous faire un aveu, aujourd’hui, c’est mon anniversaire. « Certes », me direz-vous, « mais qu’est-ce qu’on en a battre ? », ajouterez-vous, car vous avez le fond mauvais, ne contestez pas, vous avez le fond mauvais, je le sais, car vous lisez toutes les semaines le Coq, qui est un journal méchant et moqueur et qui fait pleurer Jésus, la Sainte Vierge, Mahomet, le Grand Rabbin de France et Lindingre. Je vous rétorquerais que vous n’êtes rien qu’une bande de mal-élevés, car la politesse eut voulu que vous me fissiez part de vos bons vœux avant que de protester et que vous êtes un tas de mauvais coucheurs sans aucune patience.

Donc, c’est mon anniversaire, et malgré les emmerdes nationales, Jupiter qui ne comprend rien, Jill et John qui nous courent sur le haricot, la Droite la plus bête du monde, la Gauche la plus infantile de la planète, les écolos les plus ineptes qu’il se puisse concevoir, la télé qui devient encore plus bête que ses animateurs les plus cons, Franck Dubosc qui se pique de politique, et les couillonnades personnelles bancaires, professionnelles et médicales, j’ai pas envie de m’étendre sur ce qui va mal. Je ne sais pas si c’est l’esprit de Noël – enfin, pas celui de Mamère, dont seule la moustache est admirable – ou l’idée de célébrer la 54ème fois où l’on me fait remarquer que je me rapproche un peu plus du champ de navet final, mais je n’ai pas la tête à la vacherie, pas l’envie de ricaner sur les mauvaises habitudes de mes contemporains ou les pratiques dégueulasses de certains corps de métier, non, là, tout de go, j’ai envie d’être aimable et gentil.

Oui, oui, aimable et gentil. Même si je ne suis pas payé pour. Notez bien, comme au Coq, on a décidé de ne pas être payé pour ne pas avoir à faire payer nos lecteurs et pour ne pas avoir à faire de la pub, ça ne change pas grand-chose, mais tout de même. Alors, je vais tenter de vous faire ressentir la douceur de cette belle période des fêtes, sous la piquante mais néanmoins bienvenue fraîcheur de l’hiver naissant et que l’on s’apprête à célébrer la naissance théorique du fils d’un charpentier qui aurait surement préféré gagner au Loto et où les hommes de bonne volonté arrêtent de mater les filles dans la rue pour se donner la main entre eux, quitte à ressembler à une ribambelle de papier découpé, on s’en fout, c’est beau la fraternité.

Donc, nous voilà mi-décembre, les boutiques qui ont encore une vitrine vous présentent des jouets pour les enfants, des bijoux et des parfums pour les femmes, des écharpes et des scies sauteuses pour les hommes et de la barbaque à foison pour viandards de tous sexes. Dans les villes riches, on a décoré les rues avec des illuminations plus ou moins clinquantes avec plus ou moins, voire beaucoup moins, de bon goût. Plus on est dans l’Est du pays, plus il y a de chances que dans des cahutes aux fausses allures de chalet vosgien, de jeunes gens payés au lance-pierre vous proposent des friandises industrielles, des soieries de Lyon venant tout droit d’Hanzou et du vin chaud issu des meilleures caves de chez Kiravi, mélangé avec des bâtons de cannelle déclassés et des étoiles de badiane plus sèches que le cerveau de Cyril Hanouna, pendant que dans les haut-parleurs un sirop musical navrant vous englue les oreilles et vous pollue le cerveau. Sur le petit écran, même les séries policières ont leur épisode de Noël, avec fin édifiante et larmes contenues. Au cinéma, Rémy est toujours sans famille et la comédie de Noël ne fait rire qu’un renne sur deux. Ben oui, je sais bien, tout ça est purement commercial, avéré, attendu, rien de neuf ni de passionnant. Pas besoin de Noël pour faire plaisir à ceux qu’on aime, pas besoin de Saint Sylvestre pour retrouver ses potes, pas besoin de la Saint Valentin pour dire « Je t’aime » à la personne y afférente, pas la peine que les mercantis me titillent le portefeuille pour tout ça.

C’est vrai.
Très vrai.

Mais n’empêche, même si c’est artificiel et vain, voire contingent, pourquoi ne pas en profiter, finalement. Arrêtons de faire la fine bouche et profitons de tout ce carton-pâte, y a pas de mal à faire le bien. Et pour ma part, je vous souhaite les meilleures fêtes possibles et je vous attends ici en 2019, en forme et reposés!

par Naqdimon Weil

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