Les fins de carrières
Par Thierry Rocher

Thierry ROCHER renvoie la censure

Après l’annonce d’une nouvelle qui est un véritable cataclysme dans le paysage politique français: la fin de la carrière de Christine Boutin, je me suis penché sur ce cas de figure dans le personnel médiatique, qu’elle soit décidée ou non. J’avoue que la fin de carrière de Boutin est ce qu’elle a fait de mieux depuis qu’elle s’est lancée dans l’arène, il y a quarante ans. J’espère qu’elle ne reviendra pas comme certains artistes qui réapparaissent après leurs adieux au music hall . Cricri d’amour, adieu, c’est pas trop tôt !

Je n’ai pas eu la confirmation de l’autre départ annoncé, celui de Jean-Vincent Placé avec là aussi, une bonne nouvelle à la clé, une bonne nouvelle pour l’écologie, et toutes les bonnes nouvelles pour l’écologie doivent être saluées car elles n’ont pas de prix. Chacun peut glisser les noms qu’il souhaite dans une catégorie qu’on pourrait intituler « jeunes vieux dont on a fait le tour depuis longtemps mais dont on ne sait pas comment se débarrasser parce que l’habitude de côtoyer l’inutilité fait partie du quotidien ».

A côté de ces fins de carrières annoncées et programmées , il y a celles qu’on sait imminentes sans avoir de dates précises. Michel Drucker par exemple. Autrefois, on évoquait les morpions qui s’accrochaient au bas-clergé, dans le cas de « vivement que dimanche s’arrête », on se demande comment nommer ce jusqu’au-boutisme , et ce sentiment d’être une nécessité , l’indispensable de l’obligatoire pour les téléspectateurs. Mais en fait, parmi les téléspectateurs  saturés de l’attaché de presse Drucker, il y en a de plus en plus qui ont compris qu’il suffit de changer de chaine pour faire baisser le niveau d’exaspération. Le téléspectateur est intelligent lorsqu’on ne lui cache pas sa télécommande comme on le fait malheureusement dans les maisons de retraite.

L’espoir d’une fin de carrière maintenant, et cet espoir est symbolisé par Alain Finkielkraut. Ces dernières prises de position au sujet des femmes harcelées sexuellement sont une telle caricature de machisme et d’étroitesse d’esprit qu’il en devient risible. A chaque fois que j’entends l’énervé réactionnaire déblatérer sur des sujets de la vie pratique quotidienne, je l’imagine dans son foyer, avec son entourage qui écoute patiemment ses règles de vie intangibles qui ne seront jamais remises en cause. Parfois, en l’écoutant, les jours où je suis optimiste, je me mets à mettre ces divagations sur le compte de la sénilité. Mais la grande question qui se pose: est-on tellement  pauvre, en France,  en intellectuels qu’on est obligé de persévérer dans les invitations faites à Finkielkraut pour se complaire dans la naphtaline de ses idées?

Finalement, le seul juge de paix efficace pour mettre fin à des carrières qui durent trois longtemps, c’est la mort. Et comme la vie, la mort est injuste et c’est qui permet d’aboutir à une existence qui s’équilibre collectivement.

En fin de compte, les amis, je préfère les sportifs médiatisés parce que même avec ceux  qu’on n’aime pas, le devant de la scène est monopolisé moins d’années et pour une utilité, somme toute,  équivalente.

PS: Loin des fins de carrières, un petit mot à mon sujet puisque j’en suis à mes débuts. Eh oui, « La vie de Léo Tracy «  arrive à Paris. Après la première (réussie) à Vichy, nous serons au Théâtre Darius Milhaud les samedis de novembre, à 19h. (4/11/18/25). Réservations:    Et pour ma première pièce dramatique mise en scène par Thaïs Herbreteau que je joue avec Laure Dehorter, j’espère que les lecteurs du Coq auront envie d’être présents.

Par Thierry Rocher

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