Fourest et la défense de la laïcité
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

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L’Humanité, au cours de son Histoire, a eu l’amabilité de fournir quelques textes, quelques idées, quelques horizons censés dépasser très largement le cadre de leur propre contemporanéité au point d’être qualifiés de «modernes» des siècles après la mort de leurs auteurs.
 
Parmi ces idées, il y a la laïcité. Pensée lumineuse actée en France, en 1905, avec la loi concernant la séparation des Églises et de l’État. Et c’est justement cette laïcité, la laïcité à la française, que Caroline Fourest explique, vante et défend dans son dernier ouvrage, paru chez Grasset, Génie de la laïcité, car elle y trouve la solution la plus adéquate pour lutter contre l’obscurantisme tout en préservant la liberté de croire ou de ne pas croire de chacun.
 
Entre les «nouveaux antiracistes» qui ne jurent que par le communautarisme, les Identitaires pour qui la laïcité devrait être un glaive contre les musulmans mais un paillasson pour les catholiques, à ceux qui politiquement devraient prendre fait et cause pour la laïcité mais souhaitent au contraire la «toiletter», «l’adapter», «la rendre plus souple» comme si la solution pour lutter contre les maux de notre société consistait à rajouter de la flotte dans l’antidote… ainsi, la laïcité est attaquée sur tous les fronts.
 
Alors que les capitulations sont nombreuses, que les petites lâchetés des uns et des autres enlisent le débat, la défection générale gagne de plus en plus de terrain. C’était sans compter sur Caroline Fourest. Infatigable, patiente et téméraire, elle ne laisse rien passer. Elle explique, nuance et clarifie, de façon aussi limpide que didactique, ce qu’elle nomme le génie de la laïcité.
 
Caroline Fourest a un point commun avec la laïcité, elle a les mêmes adversaires. Car depuis plus de 15 ans, elle est un épouvantail à cons. Elle a contre elle les fanatiques religieux, les racistes, les antisémites, les illuminés du communautarisme, les nationalistes, les royalistes… ils la haïssent tous.
 
Des barbus aux curés en soutane, des néo-nazis à l’extrême gauche la plus crasse, tous lui reprochent d’appartenir à un camp qui la conspue tout autant. Les communautaristes l’accusent d’être raciste, les racistes la vomissent d’être une sioniste cosmopolite, les juifs fanatiques la condamnent d’être contre la politique israélienne, les islamistes la conchient d’être à la solde d’une Europe catholique, les catholiques la maudissent d’être une athée fanatique, l’extrême gauche d’être une réactionnaire de droite, et la droite la juge comme une pasionaria gauchiste…
 
Ah qu’ils sont cons, ah qu’ils sont moches ses détracteurs. Bien sûr, nombre d’entre eux n’ont jamais pris la peine de lire ses livres mais ça ne les empêche en rien de bêler avec Dolly qu’elle est la réincarnation du «diable». Un diable dont il faut à tous prix empêcher les conférences, les débats, les déplacements, bref, de vivre sa vie de journaliste et essayiste qui défend l’humanisme, les Droits de l’Homme, et, bien sûr, la laïcité…
 
Autant vous dire qu’il faut une bonne dose de vitalité et la noblesse de ne jamais courber l’échine face à la bêtise humaine pour enrager tout ce petit monde qui fait d’elle le symbole de leur haine et de leur peur en révélant leur propre médiocrité.
 
Son dernier livre, Génie de la laïcité, s’adresse à tous les curieux qui entendent parler de la laïcité sans en avoir une idée bien précise. Il s’adresse aussi à ceux qui désespèrent qu’il n’y ait pas un axe auquel se raccrocher pour combattre le fanatisme religieux. Et puis, il serait aussi un outil fondamental pour tous ceux ayant des responsabilités politiques en les encourageant à ne pas tirer une balle dans le pied de la société.
 
Cette laïcité, Fourest la décrit comme un bouclier. Et honnêtement, il n’y avait que Caroline Fourest pour endosser le rôle de la cuirasse d’un bouclier.

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