France INTER
Par Christophe Sibille , le 10 décembre 2013

Christophe SIBILLE l’homme au micro

Moi, j’adore la radio !! Mon premier geste, le matin, c’est de me réveiller … C’est complètement con, ce que je dis ? Je ne vous permets pas ! Mon premier geste, c’est de me réveiller avant que mon radio réveil se mette en route ! Pour être sûr de ne rien en louper ! Je suis un boulimique !Et, le plus souvent, France-Inter … …Le week-end dernier, c’était l’anniversaire. Les cinquante ans de cette radio. Et, à la seconde précise où j’écris ces lignes, si, si, je ne déconne pas, j’écris super vite. Juste après une radioscopie virtuelle de Jean-Claude Ameisen par Chancel, au micro, l’invité, avec Elisabeth de Fontenay et Allain Bougrain-Dubourg  est le patron. Philippe Val. Qui, contrairement à ce que certains auraient pu penser, ne s’est pas, pour cette commémoration monstre de trois jours, mis en avant au prorata de l’égocentrisme qu’ils lui prêtent.

Il faut être un peu égocentrique pour faire le métier d’homme de radio. Oui, je sais, ce n’est pas un scoop. Radioscopie, ce furent plus de six-mille émissions. Une heure en face des personnalités les plus représentatives, à tous les titres, de l’époque. UNE HEURE !!! Même si, et vous allez me répondre avant que je vous pose la question, on avait parfois l’impression que Chancel brûlait parfois de répondre lui-même aux questions qu’il posait. Voire de se psychanalyser. En face de tels invités, c’est tentant ! Mais quand même moins qu’un Stéphane Paoli ou un Frédéric Mitterrand, faut pas exagérer !!

Une heure ! Le temps de développer une vraie argumentation, sans nous frustrer d’une réponse châtrée par un animateur aux yeux désappariés ; un sur la pendule, l’autre sur la playlist, le troisième sur la réclame !!

Patrick Pesnot, « rendez-vous avec X » … Le samedi, à treize heures vingt ; un bonheur. La réalité de l’espionnage international qui atomise la fiction, des vrais  morceaux de musique en parfaite osmose avec les interviews de ce James Bond sérieux. A moins que ce soit un porte-parole, à côté de la voix duquel celle d’Ivan Rebroff nous évoque Carla Bruni !!

« Eve raconte » … Juste avant « le tribunal des flagrants délires ». Ca me rappelle une chanson de « Font et Val », écrite par Philippe en 1980, qui disait, en son milieu : « elle avait cinq doigts, pas un d’plus, dont l’un parfois dans l’trou du cul … Eve Ruggieri nous raconte le destin secret, ce matin, de la veuve Poignet ». Je ne vous en garantis pas la prosodie. Mais, le vocabulaire, si.

Jean-Louis Foulquier, Claude Villers, José Artur, Pierre Bouteiller… Pardon à tous ceux que j’oublie. Vous me direz, ils s’en foutent, ils ne liront pas ma chronique. Et encore moins Pierre Desproges ou Lucien Jeunesse …

Je ne peux même pas dire que France-Inter ait bercé la mienne ; quand j’étais minot, chez mes parents, on n’écoutait que France-Musique, ce qui m’a donné concernant cette dernière l’esprit d’ouverture et de tolérance que ma lectrice préférée me concède d’autant plus volontiers qu’elle écoute en boucle le dernier tube d’Oasis, groupe qui, pourtant, n’enregistre que des flacons. Oui, ce n’est pas la peine de me dire que c’est parfaitement con, je le sais !!

C’est Philippe Val qui m’a initié à France-Inter. En 1980. Au moment où j’ai emménagé dans la petite communauté de la Varenne qu’il occupait, et où une place s’était libérée. Cohabitation en tout bien, tout honneur, vu que, tout comme lui, j’avais définitivement choisi mon camp, après avoir effectué un nombre de « coming in » exactement équivalent à celui des « coming out », en un endroit que la morale condamne autant qu’une chatte y retrouve ses petits, même si heureusement pas à chaque fois.

Alors, Philippe, patron de celle qui est rapidement devenue, tout d’abord la première, puis la seule radio libre, les autres s’inféodant très vite aux marchands de tous les temples, une question me taraude depuis qu’on s’est perdu de vue. Après t’avoir évidemment remercié pour nous avoir glissé dans les oreilles, et même un peu au-delà, Jean-Claude Ameisen, Guillaume Gallienne, Thomas Legrand, Agathe André, Caroline Fourest, Bernard Maris, Jean-Baptiste Thoret et Stéphane Bou.

Pourquoi cette playlist musicale décérébrante ?? Et pourquoi Didier Varrod, au sujet duquel nous nous sommes oncques copieusement foutus de la gueule pendant plus de deux décennies, et dont le sobriquet préféré (par nous, pas par lui), était : « hémorroïde à Foulquier » ??? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ???

par Christophe Sibille

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