Gilets jaunes, like and share
Par Anthony Casanova , le 4 décembre 2018

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Lorsque Madame Démagogie et Monsieur Populisme fricotent d’un peu trop près, ils finissent souvent par donner vie à une idéologie qui donne envie de tirer la chasse. Système politique assez rare pour ne jamais l’oublier: en France, nous vivons en démocratie. Nous choisissons la personne qui s’installe à la mairie, au Conseil régional, à l’Assemblée nationale, au Parlement Européen et à l’Elysée. Ainsi, ce n’est pas «la rue» qui gouverne mais le peuple quand, ce-dernier, bouge son gros cul pour aller voter.

Depuis que la mode du Gilet jaune est en vogue sur nos ronds-points, tout le pays se demande s’il faut en être ou s’en démarquer. Comme le mouvement semble dépolitisé, l’extrême droite se dit que si les Gilets jaunes ne sont ni de gauche ni de droite, c’est qu’ils sont à droite, et qu’il y a donc des électeurs à prendre. L’extrême gauche, qui est convaincu que la rue a toujours raison même si la rue pense que les trotskistes ont toujours tort, se réjouit tout en regrettant que le béret de Che Guevara soit remplacé par la tenue de Marcel en panne sur l’autoroute.

Les Gilets jaunes ne sont pas nés d’une réunion intersyndical à «l’amical Maurice Thorez» ni d’un rassemblement de skinheads au «mémorial du Maréchal aux choix funestes» mais d’une escalade de ras-le-bol sur le réseau social Facebook. Ce n’est pas la première fois qu’une «révolte 2.0» voit le jour, il y a presque 8 ans, le 17 décembre 2010, la Tunisie s’enflammait pour ce que l’on nomma le «Printemps arabe». Cependant, si Facebook reste un formidable annuaire moderne, un média populaire et ludique, ça n’en est pas moins le terreau de la haine la plus crasse où les «fake news» et autres manipulations grossières feraient passer les délires éthyliques du Café du commerce pour un Master class sur France Culture.

S’il faut comprendre la colère des Gilets jaunes et de ceux qui les soutiennent, notamment sur les problèmes liés à la précarité et aux inégalités croissantes, il ne faut pas oublier que ce mouvement est aussi protéiforme qu’inintelligible. C’est la colère du bulletin blanc. Le vote blanc c’est joli mais, au final, la seule chose dont on est sûr c’est que pour l’anonyme immaculé, il doit y avoir pas assez de ceci et un peu trop de cela. Et puisqu’il y a autant de définitions pour ceci que pour cela, au final, on n’en sait pas plus.

En élisant un président qui se fit passer pour un candidat ni de droite ni de gauche, on se retrouve avec une manifestation n’ayant aucun horizon idéologique soutenu par les abrutis aux lendemains qui chantent et les salauds de l’avenir qui marchent au pas. Besancenot et Le Pen claironnent «Macron démission», Mélenchon et Wauquiez veulent leur revanche, et face à tous ces calamiteux, on se dit que c’est en s’alliant à n’importe qui que l’on va finir par avoir n’importe quoi.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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