Guillaume Meurice (2ème partie)
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE l’homme au micro

Hello, ma lectrice,
comme promis, la suite de l’interview de notre poteau et ex-collègue Guillaume Meurice, homme de scène percutant et humoriste vedette à France-inter. Et, à l’heure où on glorifie le non cumul, comme dirait ma fille, «c’est abuser». (Même si je transforme le participe passé en infinitif pour ne pas faire honte aux pédagogistes qui vérolent le ministère de l’éducation nationale. Engeance qu’on espère voir les nouvelles autorités remettre en face des élèves pour expérimenter eux-mêmes les effets délétères des théories foireuses qu’ils imposent à nos collègues en restant eux-mêmes le cul bien calé dans leurs fauteuils de donneurs de leçons.)

-Coq: «Une petite question sérieuse, maintenant!
-Guillaume: Oh, putaing ..
-Coq: Vous avez eu un petit contentieux avec l’émission: «on ne demande qu’à en rire», de Laurent Ruquier?
Guillaume: Pas du tout ! Je n’ai pas voulu la faire, c’est tout! J’ai beaucoup de mal à faire des vannes devant un peloton d’exécution.
-Coq: Un seul mot, donc ; bravo !
-Guillaume: Avec Jean Benguigui, Chantal Goya, et un «buzzer» pour pouvoir dire aux gens : «ferme ta gueule» sans avoir le courage de leur dire … Non, tout est gênant dans cette émission. «C’est gentil de me proposer, mais vous allez trouver des gens»! Et ils ont trouvé des gens!
-Coq: Il y en a même qui sont sortis!
-Guillaume: Oui, mais il y en a qui sont rentrés!
-Coq: Vous avez eu un vrai contentieux avec ce qu’on appelle pompeusement: «l’esprit canal» … Ce qui vous range définitivement dans la catégorie des humoristes honnêtes intellectuellement!
-Guillaume: Là, on peut parler de péripétie! Suite aux attentats de 2015, je voulais faire une revue de presse en images, en terminant avec un dessin de Charb, ce qui me paraissait de circonstance; ils ont refusé pour des raisons de sécurité. J’ai expliqué la situation sur les réseaux sociaux, ce qui a pas mal buzzé et, dans la foulée, j’ai eu une petite discussion au téléphone avec eux, au cours de laquelle on s’est dit d’un commun accord que c’était peut-être mieux si on ne bossait pas ensemble, finalement. «Mais vous trouverez quelqu’un d’autre». Et, effectivement, ils ont trouvé quelqu’un d’autre! La télévision, de toute façon, c’est spécial.
-Coq: Trois questions, une seule réponse, attention, pas de triche!
-Guillaume: Ouille!
-Coq: Vous êtes Charlie, vous suivez Charlie, ou vous êtes Charlot?
-Guillaume: (Rires) Il y a un jeu de mot, là-dedans! Évidemment, les mecs, ils sont profs, alors, ils font tout le temps des jeux de mots …! «je suis Charlie», ça veut plus rien dire, maintenant, si?
-Coq: Ca devrait, non?
-Guillaume: A partir du moment où Omar Bongo est Charlie, «est-ce que je suis Omar Bongo?» … Ca devient un syllogisme!
-Coq: excellente réponse!
-Guillaume: Charlie, je ne le lis plus, mais c’est uniquement parce que je n’ai plus trop le temps ! Je soutiens la presse non subventionnée, Charlie, le Canard Enchaîné, Fakir, Siné mensuel, Médiapart,  …
-Coq: Oui, vous êtes de gauche, quoi …
-Guillaume: Valeurs, actuelles, …
-Coq: La gauche bobo de France-inter …
-Guillaume: (Riant), j’avais pas fini !
-Coq: Pourquoi, ils sont pas à gauche, Valeurs actuelles?
-Guillaume: Je ne sais pas! Ils se revendiquent: «pour la liberté»!!
-Coq: «Vous êtes Charlot», c’est, évidemment, dans le sens «Charlie Chaplin»!
-Guillaume: Ah, tiens, oui! J’aurais bien aimé ne pas être comme tout le monde, et ne pas aimer Charlie Chaplin! J’ai regardé ça avec l’oeil de celui qui ne veut pas faire comme les autres, et qui se dit: «je ne vais pas aimer», et, en fait, c’est hyper bien!
-Coq: Grand génie!
-Guillaume: Ah, non, moi, j’aime pas trop ça, le mot génie! C’est un mec qui faisait 350 fois la même prise, au poil de cul près de ce qu’il voulait, et il avait surtout compris que le travail faisait vraiment partie du taf!
Coq: Mais est-ce que le travail ne fait pas partie du génie?
Guillaume: Aaaah, ça, …
Coq: Comme disait Brassens : «le talent sans travail n’est rien qu’une sale manie!»
Guillaume, (semi ironique): Wouaouh, putain! Là, on est monté d’un cran dans l’interview!

Voilà, oh ma lectrice, ce sera tout pour aujourd’hui, mais tu auras la fin la semaine prochaine!
A moins que, comme je le subodore, ta sagacité t’ai fait découvrir la présence de la vidéo de cette interview sur le web.
De toute façon, un grand: «brava» à toi aussi!

par Christophe Sibille

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