Il-Elle était un.e fois
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Il va même falloir vous y habituer, à cette écriture «inclusive».
Comment ça, qu’est-ce que c’est?
Espèce de macho!
L’écriture inclusive, c’est: «l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes. »
«il s’agit d’accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres.»
Donc: «une cheffe, une auteure, une professeure.»
Alors, si je comprends bien, une mannequine? Une médecine?
Bon, je suis d’accord, c’est horrible. Mais nettement moins que ce qui va suivre!
«User du féminin et du masculin selon l’énumération par ordre alphabétique, (les Français et les Françaises), le recours aux termes épicènes, c’est-à-dire qui ne varient pas selon le genre (les personnes de nationalité française) ou l’usage d’un point milieu (les Français·es), accessible en raccourci clavier sur Windows (alt + 0183) et Mac (alt + maj + F).Des question.nes? Ah, non, là, pardon, ça marche pas.
Et enfin, pour t’achever, ô m-on -a lec-teur -teuse -trice préférée: «ne plus employer des antonomases des noms communs: «femme» et «homme.»
Tu n’as rien compris?
Rassure-toi, moi non plus.
Mais j’ai le regret de t’apprendre une nouvelle qui va te dévaster.
La langue française est phallocentriste.
Ah ouais?Donc, UNE racaille, UNE frappe, UNE gouape, UNE canaille, UNE crapule, UNE fripouille, c’est quoi?
Un.e politicien.ne, O.K. …
Dans le même ordre d’idées, souvenons-nous qu’UNE girafe, UNE grenouille, UNE cigogne, UNE otarie (et quelques milliers d’autres vocables du même GENRE) désignent INDISTINCTEMENT des mâles ou des femelles.
DANS TOUS LES CAS CITÉS, LE FÉMININ L’EMPORTE SUR LE MASCULIN. Alors, hein, les vapeurs des féministes hystéro qui font l’apologie du nouveau terrorisme linguistique, on s’en serviette … On s’en tampon… On s’en tampon.ne, pardon.
De toute façon, c’est commettre l’abominable bêtise de confondre genre grammatical dans une structure linguistique et genre sexué s’appliquant aux êtres humains dans le cadre du réel, c’est mélanger confusément scrupule scriptural et lutte sociale.Des questions, (re,)?
Pour bien rendre compte encore de la déconnexion totale entre les deux, convoquons maintenant les chaperons, laiderons, cageots, trumeaux, petits rats et tendrons : ces mots, TOUS de genre grammatical MASCULIN, désignent des DAMES.
Quant à limace (FÉMININ) et escargot (MASCULIN), ils désignent les TRANSGENRES de l’animalité, puisqu’il s’agit dans les deux cas d’individus HERMAPHRODITES.
Magritte avait déjà prévenu avec les arts visuels : « Ceci n’est pas une pipe » (en effet, c’est l’image peinte d’une pipe).
Il faudrait pouvoir signifier par écrit, de même, à nos nouvelles enragées : « Ceci n’est pas une femme : « FEMME » » (c’est en effet la manière graphique conventionnelle d’écrire le signifiant linguistique dont le référent conceptuel est le sujet représentant de la gent féminine).
La langue écrite est faite de conventions arbitraires, qu’il serait d’une insondable crétinerie d’interpréter de manière symbolique ou sociale. POINT FINAL.Ah, j’avais oublié:Un clitoris, une bite, une fellation, un cunnilingus.
Mais ça, c’est juste pour finir en disant une cochonnerie.
On ne se refait pas!

par Christophe Sibille

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