Il faut bien vivre puisqu’on ne meurt pas
Par Anthony Casanova , le 13 janvier 2015

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

Que dire ? « Je n’ai pas peur de vous? », « il en reste et vous ne gagnerez pas? » la vérité c’est que si la colère existe, si la rage est là, que l’on a envie de tout foutre en l’air et de hurler aux ordures qui ont assassiné des hommes et des femmes n’ayant pour seule utopie que d’œuvrer à un monde moins con, la vérité c’est que nous restons impuissants. Impuissants devant ces salopards et effarés devant ceux qui se réjouissent.

Mais voilà baisser les bras, c’était pas le genre de Charb, Wolinski, Cabu, Honoré, Tignous, Bernard Maris, Elsa Cayat et Mustapha Ourrad en travaillant pour Charlie Hebdo, ni de Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet assassinés dans l’exercice de leur fonction, et sans doute pas le genre de Michel Renaud et Frédéric Boisseau qui eurent la poisse d’être là où il ne fallait pas.

Alors on va les imiter, se redresser bien droit, les poings serrés et dire JE CHIE SUR ALLAH, JE GERBE SUR JÉSUS, et je glisse l’auriculaire dans le cul de tous les autres ! Pourquoi ? parce que ça horripile le salopard qui rêve d’endosser les mains de dieu au risque de réaliser que dieu n’est pas si grand pour que ses mains lui aillent… et que maintenant qu’il les a, que va-t’il bien pouvoir en faire au moment d’aller pisser ?
et on va continuer à rire, à chanter, à baiser, à vivre la vie qui est déjà assez courte sans qu’un dingue décide de vous la raccourcir. Oui on va en balancer de l’irrévérence, de la transgression, de la satire, on va se payer la tête des cons, car outre picoler, c’est encore le seul moyen de se venger de la bêtise, de la haine et toutes ces médiocrités qui rendent le monde si laid.
La résistance est joyeuse, vivante, bruyante, seule la résignation est silencieuse, et putain ça va faire un foin du diable !
Charlie riait, et rira encore à travers ceux qui restent et ceux qui les aiment. Oui Charlie et les siens riaient, et nous rirons encore avec eux pour dénoncer le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie, le sexisme, oui Charlie et toute la bande rigoleront toujours pour combattre les peurs et la haine qui en découlent.
Il y a douze morts, douze personnes assassinées, alors ça fait mal, ça fait chialer, c’est une perte immense pour l’Humanité, mais on ne lâchera rien, pas le moindre rictus, pas la moindre risette, on rira jusqu’à ce que les cons finissent par rire avec nous, c’est vous dire si on est pas près d’arrêter de se poiler.
« Il faut bien vivre puisqu’on ne meurt pas » disait Cavanna, et une chose est certaine, c’est qu’on ne va pas s’en priver.

par Anthony Casanova

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