Indignez-nous !
Par Myriam , le 26 mars 2019

Les humeurs de MYRIAM

Depuis mon récent retour hexagonal, il me semble être revenue dans un pays où le colérisme est le meilleur ami de l’homme, de la femme et de leur chien, qui a une petite mine ces temps-ci.

Il semblerait que notre époque manque singulièrement d’empathie, de bienveillance, de compréhension envers nos plus légitimes Indignés.

Face à l’expression de leurs saines révoltes, le bourgeois s’offusque comme un seul homme, à défaut d’être gentil. « Extrêmes », frissonne-t-il. « Incohérents », s’étrangle-t-il. Mais, ces soi-disant extrêmes, ces soi-disant incohérents, les écoutons-nous réellement ?

Quand Jean-Luc Mélenchon remet en cause la légalité républicaine, ce n’est ni plus ni moins qu’un immense râle de détresse face à une insupportable misère électorale ! C’est le ras-le-bol d’un homme qui fut presque président, rendez-vous compte ! Le bourgeois peut ricaner, faire la moue, les faits restent, et ils sont au moins aussi têtus que le Tribun Presque Élu : pour un homme de sa trempe (sans parler de celles qu’il aimerait manifestement distribuer de droite à gauche), n’être pas président, c’est faire partie de ceux qui ne sont rien !

Comment ne pas ressentir une immense colère, un sentiment beuglant d’injustice, quand d’autres monopolisent l’Élysée, le Fort de Brégançon et même les télésièges de La Mongie, sous le seul prétexte fallacieux qu’ils ont été élus ?

Quand Eric Zemmour s’insurge cette semaine du fait que Paris doive aujourd’hui subir les révolutions, en lieu et place de les faire comme au temps jadis, son cri n’est que l’expression d’un besoin bien naturel qu’il essaie de soulager ! Ce qu’il appelle de ses vœux, ce n’est pas de la sympathie, ni même de l’approbation, non, c’est tout simplement le respect de la dignité la plus élémentaire de l’Intellectuel : celle d’être écouté, appris, repris, commenté, diffusé. Pensez-donc, sa situation est tellement précaire… du jour au lendemain il pourrait être moins connu. Disparaitre ! Passer de mode, comme le prénom Corinne ! Et c’est ce sort indigne qu’il refuse !

Quand Florian Philippot déposait la marque « gilets jaunes », quand Dieudonné venait faire une quenelle sur la plus belle avenue du monde, ce n’était évidemment pas de la récupération, ni de la manipulation, comme on l’a si sottement prétendu…

Nos Indignés Professionnels sont simplement des gens qui souffrent, qui n’en peuvent plus d’être les Grands Absents, d’être invisibles, d’être oubliés, d’être inaudibles. On les accuse à tort de conspuer les médias, tout en cherchant la lumière des projecteurs. « Hypocrisie ! » gueule le bourgeois bien-pensant.

Alors que leurs éructations ne sont, on l’aura compris, qu’une authentique et sincère colère contre ces médias capricieux, prêts à abandonner sans vergogne leurs propres enfants…

Mais quelle indignité !

Par Myriam

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