Inrocks tare
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Bon, d’accord, je sais, ça a énervé aussi Marlène Schiappa, et dieu sait si elle dit des conneries largement plus souvent que le nombre de fois où elle ouvre la bouche, et «ce n’est pas parce que la reine me pine dit qu’il fait jour à midi que je vais me mettre en phares à ioudes.» Mais là, je suis d’accord avec elle. La Marlène.
Mais d’accord sur quoi?Ca commence comme ça: «on finit toujours par se retrouver seul face à soi-même». C’est certain que, quand on dézingue sa gonzesse à main nue ou qu’on la laisse se suicider après des années de harcèlement, suivant qu’elle se prénomme Marie ou Krystina, c’est nettement plus propice à laisser un peu d’espace entre soi et la glace sans tain collée au mur. Et cette phrase qui initie l’interview d’un ancien chanteur de rock devenu assassin donne autant envie de les coller dans la tronche de l’auteur de l’interview que dans celle du patron des «Inrockuptibles». Qui commence vraiment à  se transmuter en multirécidiviste dans l’art de la putasserie.«Putassier», c’est d’ailleurs l’adjectif qu’a employé Raphaël Enthoven, (mais après moi, nananère), pour qualifier ce journal pour lecteurs d’une gauche mollassonne devenu accessoire de nettoyage de terminaison basse du tronc après excrétion du repas de la veille. Oui, organe de presse -bas de tube digestif, c’est plus imagé, merci, ô mon rédacteur en chef chéri, de me souffler des métaphores un peu plus «classe.» … Journal de chiottes, oui, c’est bien aussi.
L’interview continue ainsi: «A cinquante-trois ans, l’ancien chanteur de «Noir Désir» poursuit sa route avec gravité et tristesse. »
Oh, le choupinou! Ach gross malheur!C’est vrai que Marie Trintignant et Kristina Radic, elles, elles sont bien peinardes, aujourd’hui! Elle n’auront plus cet effort incommensurable de marche forcée à accomplir, vu qu’elles bénéficient sans vergogne du repos éternel, les veinardes!
«Rencontre exclusive en studio, dans l’ancienne maison de Nino Ferrer.»
Et vous savez où ça se trouve, l’ancienne maison de Nino Ferrer?
Dans le Lot.

A Montcuq, très exactement. D’où la traduction qui me vient tout naturellement de se sous-titre : «Bertrand Cantat parle à Montcuq.» Oui, je sais, c’est très drôle. Ce qui l’est moins, c’est que, même en admettant que ce soit vrai, c’est la tête de Marie qui a été définitivement malade quand les poings de Bertrand lui ont adressé la parole d’un peu trop près. Bref.
Oui, je sais, il ne faut pas confondre l’artiste et l’homme, Cantat a purgé sa peine, blablabla, blablabla. O.K.
On en parlera plus tard. Je continue l’article.

«En 1991, Nino Ferrer avait les yeux qui brillaient quand il égrenait devant nous des mots-clés comme “simplicité”, “sérénité” ou “apaisement”. Il évoquait sa propriété chaleureuse de La Taillade, paresseusement allongée à flanc d’un côteau du Lot. Les mêmes mots pourraient s’appliquer aux chansons que Bertrand Cantat y enregistre un quart de siècle plus tard.»
Putain, les mecs, faut quand même pas déconner! «Simplicité, sérénité, apaisement», ce bucoolisme frise le négationnisme! Il ne manque que la choucroute! Je ne le voyais pas comme ça, moi, le duplex en Lituanie, avec les deux amants défoncés et bourrés comme des vaches, à s’envoyer des horreurs à la tronche, comme dans une série française de troisième zone, avant le détronchage fatal!
Vous cherchez quoi, aux, ptoui «Inrocks»?

Mais je continue: «Entouré de fidèles, dont Pascal Humbert et le producteur Bruno Green, il enregistre sous son propre nom, ce mot maudit “Cantat”, un premier album solo. Un long voyage introspectif et géographique qui a commencé dans le Lot, s’est poursuivi en Espagne, en Italie, au Chili en janvier. Loin de tout, ils ont passé, perdus dans la pampa, un mois dans ce que Bertrand Cantat décrit comme le studio le plus équipé et sidérant de sa carrière.»
Mieux équipé que la cuisine de Vilnius, j’espère?
Mais ça y est, j’ai trouvé ce que cherche le patron de presse!
Du même coup, à blanchir un assassinat, et se faire de la thune grâce à la personnalité de celui qui l’a commis.
Mais le tollé qui s’en ensuit visiblement dans les media nous montre que ce n’est pas gagné.
Enfin, j’espère.

Bon, pour terminer sur une note un peu plus gaie dans la rubrique: «musique, sexe, bonne presse et art de nuire», il paraît, selon le journal d’investigation «Gala», que Carla Bruni se confie sur son couple: «nous avons une vie sexuelle fantastique.»
Donc, s’ils sortent eux-aussi un bouquin là-dessus, ça sera: «les aventures de tibia et périnée.»

par Christophe Sibille

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