Je hais les adolescents
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Moi, honnêtement, je suis plutôt un gentil garçon, j’aime bien les gens – sauf Ranson – je suis poli avec la crémière, aimable avec le boucher, amical avec la boulangère car j’aime ses miches, solidaire avec le travailleur, fraternel avec la caissière, bref, un océan d’amour envers mes semblables. Tous mes semblables. Sauf les adolescents.

Ça doit certainement venir de l’âge ou des douleurs vertébrales ou des deux, mais bref, je ne peux pas encadrer les adolescents. Il doit bien y en avoir deux ou trois dans mes entourages qui ne soient pas devenus totalement débiles avachis face aux Anges des Chtis chez Nabila Hanouna tout en abreuvant le réseau des Réseaux avec des selfies immondes et des messages ineptes, mais j’en doute. Ça parle avec des voix à moitié vrillées et des expressions imbéciles pour évoquer des choses sans intérêt ou pour expliquer que ce ne sont pas eux qui sont nuls en maths ou en français mais que c’est le logarithme népérien qui est con ou Victor Hugo qui craint trop trop. Honnêtement, j’ai beau aimer d’amour mes frères humains et surtout mes sœurs humaines, je pourrais terminer les adolescents à grands coups de talons dans la boîte crânienne. Je suis même pour qu’on expulse les mômes à partir de 12 ans vers le Sahara, autour d’un hot-spot wifi installé dans une oasis loin de tout passage commercial. Bref, je ne peux pas encadrer ces jeunes gommeux et ces insupportables pisseuses.

Alors quand des adultes se comportent comme des adolescents, surtout lors d’une élection aussi importante que celle qui nous attend dimanche prochain, j’ai des envies de mitrailleuse lourde. « Mais comment oses-tu mépriser ceux qui veulent s’opposer à la dictature libérale avec courage? » me diront mes amis de la Gauche de la Gauche de la Gauche de Mes Deux, Mélanchonistes militants et moralistes en peau de lapin, défendant avec vaillance ceux qui se rachètent une virginité démocratique à peu de frais sur le dos de ceux qui vont vraiment en prendre plein la gueule si l’extrême-Blonde passait la tête par le trou des urnes.

Comment j’ose? Sérieusement, se positionner comme défenseur de la démocratie en s’abstenant, risquant de faire élire Le Pen par défaut, au nom d’une posture outrée, et se foutant complètement des conséquences, si ça, c’est pas de la révolte adolescente, je ne sais pas ce que c’est! On dirait des mômes au restau, ils ont le choix entre du riz et des légumes, ils exigent des frites, sinon, ils ne mangent pas. Bon, alors, lisez bien ce qui suit, Insoumis de France : MELENCHON A PERDU. C’est certainement très dommage, c’est pas demain la veille que les lendemains chanteront dans la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave le jour de l’après-midi du grand soir, on est tous bien tristes – enfin, pas tous, hein, je te rassure, ami lecteur social-traître comme moi – voilà voilà voilà, maintenant vous arrêtez vos conneries et vous allez voter Macron! Non pas parce qu’il est beau ou jeune ou qu’il danse le bougalou comme un dieu mais parce qu’en face c’est Le Pen, et qu’en ne votant pas, vous jouez, au pire, avec la vie de centaines de milliers de personnes qui vivent dans ce putain de pays qui va quand même nettement moins mal que vous aimez à le bramer sur tous les tons ou, au mieux, avec l’image de ce toujours putain de pays qui mérite mieux que d’être aligné sur l’Autriche ou la Hollande. Ca me ferait gravement braire qu’en raison d’une crise d’adolescence d’une partie non négligeable de l’électorat de Jean-Luc La Colère, celui qui masque son vote pour cacher son dépit, on finisse par croire que les Français ne différencient plus Hugo de Brasillach et Brassens de Jean-Pax Méfret.

Alors, on enlève ses écouteurs branchés sur Keen V ou Gradur, on remonte ton taille basse, on baisse son futal pour enfin masquer ses chevilles, on arrête de parler à 220 km/h, on commence à utiliser des expressions compréhensibles pour le reste de la population, et surtout, surtout, on arrête de jouer au con avec sa carte d’électeur et on se bouge le cul!

Avant de recevoir dedans un coup de pied botté qu’on ne voyait vraiment pas arriver…

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

# [Les derniers articles de Naqdimon Weil]

La une de Charlie