Je suis en vie
Par Anthony Casanova , le 17 novembre 2015

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Anthony Casanova par Babouse
Après les attentats contre Charlie Hebdo, je dis « les » car il ne faut pas oublier l’attaque au cocktail Molotov du 1er novembre 2011, on accusa Charlie d’être de vilains provocateurs. Vous comprenez, c’est terrible de faire de petits dessins qui se moquent du fondamentalisme et qui ne cèdent pas aux injonctions de quelques fous de Dieu.

En janvier, certes il y a eu le « Je suis Charlie », mais n’oublions pas la détestable vague des « oui mais… », et des « Je ne suis pas Charlie », qui rendait coupable Charlie d’user d’un blasphème perçu comme une provocation. Une provocation que le Pape lui-même dénonça.
La communauté juive, après l’attaque en mars 2012 contre l’école Ozar Hatorah, fut une nouvelle fois la cible de l’horreur lors du massacre de « l’Hyper Cacher » en janvier. Mais voilà, les Juifs on leur colle à la peau tous les maux du monde, alors il arrive que certains rechignent à se sentir concernés par l’antisémitisme. Les Juifs, ce sont les coupables idéals depuis toujours, et le hashtag « Je suis Juif » fait rarement le buzz.

Après les intellos, après les Juifs, voici venu le temps des gens au hasard. Mais alors des questions se posent : De quoi ces gens furent coupables ? Que va-t-on bien pouvoir leur reprocher ? Quelle faute ont-ils bien pu commettre tous ces gens qui se sont fait descendre ? De dessiner Mahomet ? D’avoir un avis sur le conflit israélo-palestinien ? Non, bien sûr ! Mais poussera-t-on alors la lâcheté jusqu’à leur reprocher d’aimer la musique ? De boire un verre en terrasse ? Ou, comme le disait odieusement Emmanuel Todd après les crimes de janvier, d’être tout simplement des « zombies blancs »?
Quand cesserons-nous de chercher la culpabilité des victimes? Quand cesserons-nous de vouloir plier devant ceux qui nous ordonnent de rester à genoux?

Parce que c’est ça qu’ils haïssent, les salopards qui nous ont attaqué ce vendredi 13 novembre: c’est notre laïcité, nos libertés individuelles, notre société multiculturelle et notre art de vivre. Ce qui leur fait horreur c’est que nous puissions rire de Dieu, aller au concert, au cinéma, chanter, boire des coups, faire l’amour avec la personne de notre choix, et vivre ensemble, sans peur, au sein une démocratie.

L’erreur qui finirait par nous être fatale, c’est de penser que c’est à l’extrême droite que se trouve la solution. Une solution qui consiste à rejeter l’autre, à confondre les personnes qui croient en Dieu et les extrémistes qui sont prêts à commettre des crimes. L’extrême droite c’est le rejet du vivre ensemble et de nos libertés. C’est la négation de nos particularismes, et de tout ce que rejettent ceux qui nous voient comme des dépravés.

Si nous devons être sans concession contre l’islamisme et le fanatisme, il ne faut en aucun cas se tromper d’ennemis, et encore moins se tromper d’amis!
Peu importe le temps que cela prendra, le combat contre l’islamisme est une guerre que nous gagnerons, mais n’ayons pas à nous mordre les doigts en regardant ceux avec qui nous aurons pactisé.

par Anthony Casanova

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