Les jeunes fachos décomplexés
Par Thierry Rocher

Thierry ROCHER renvoie la censure

En cette campagne électorale atypique, je suis particulièrement fasciné par les jeunes électeurs FN, les 18/24 ans. Comment devient-on un jeune facho décomplexé, déculpabilisé?

Electeur FN dit électeur en colère. On nous le répète tous les jours. Que des quinquas soient en colère contre la société et cherchent des boucs émissaires à l’échec de leur vie, c’est compréhensible. Et avec en toile de fond, l’argument qui tue: « On a eu la droite, on a eu la gauche, rien n’ a marché, pourquoi ne pas essayer le FN? Eh oui, où est le risque Ducon? Et même que le FN dérange tellement le système qu’on fait tout pour lui nuire (ah les salauds !) avec l’association maléfique magistrats/médias. La notion de complot est un fond de commerce parfaitement rodé, pourquoi changer d’arguments?

Mais le jeune est parfois éduqué, souvent non dénué d’une certaine culture (mais la culture et l’extrême-droite ont laissé à la postérité quelques beaux exemples littéraires, Drieu la Rochelle, Brasillach, Rebatet pour ne citer qu’eux) peut-il construire son avenir sur l’exclusion et la peur de l’autre, un racisme ordinaire qui trouve au quotidien de multiples justifications. Quand on est jeune, on se cherche, ai-je maintes fois entendu. Certains ne se trouvent jamais, ce qui n’est pas grave en soi lorsqu’on se pose des questions où le respect, l’écoute et l’humilité l’emportent. Aucune obligation à faire preuve d’intelligence surtout quand celle-ci brille par son absence.

Il n’y a jamais d’urgence à s’enfermer dans des certitudes mais la peur est toujours mauvaise conseillère. Et peut-on évoquer autre chose que la peur quand on parle de racistes et de l’extrême-droite?  La peur du voisin, la peur de l’avenir, la peur de ce qui dérange l’ordre établi, la peur de ne pas sortir vainqueur de la course sociale, la peur d’être remis en question par d’autres cultures, toutes ces peurs qui implique le besoin d’être rassuré, on les imagine caractériser le troisième âge tremblotant. Eh bien non, il s’agit de jeunes, de 18/24 ans qui, en panne d’argumentaires, se sont arrêtés aux constats. Le constat pour passer directement à la conclusion sans suivre le cheminement scolaire qui devrait guider l’existence d’un honnête homme: thèse/antithèse/synthèse. Et quand on ajoute la respectabilité affichée depuis des lustres par une Marine le Pen, le verbe haut, le sourire enjôleur pour distiller l’indigeste posture complotiste, ces jeunes ont trouvé leur raison de vivre, leur guide, fuhrer en langue facho intemporelle. Et quoi de plus rassurant qu’une blonde qui garantit les valeurs hors d’âge d’une France qui n’existe plus?

Tous ceux qui sont venus chez moi ont pu lire, dans le couloir, le texte encadré de la loi contre le racisme du 1er juillet 1972. De temps en temps, il est bon de s’arrêter sur les dix têtes de chapitres qui vont de « Provocations publiques à la haine raciste » à « Pour défendre les personnes et la société contre le racisme ».

Alors, je reste un éternel optimiste et j’ose croire que les jeunes cons ne deviennent pas tous des vieux cons.

PS: Et pour les jeunes ou vieux, amateurs d’une certaine forme d’humour, le livre « Les pensées de Qi Shi Tsu » à commander sur la page Facebook Qi Shi Tsu.

Par Thierry Rocher

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