Journal d’une Voyageuse Moderne (2)
Par Myriam , le 14 mai 2019

Les humeurs de MYRIAM

Jour 15 : Pluie. A mon hôtel, quelle bonne surprise que de rencontrer deux autres étrangers, un tchétchène et un daghestanais ! Au détour d’une discussion, j’apprends avec ravissement que ce sont également de Grands Voyageurs, car ils se sont rendus préalablement en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en RDC, en Lybie… M’enquérant de la raison de leur présence en cette terre reculée, ils m’apprennent être de simples commerçants venus chercher de l’or, et devant en conséquence créer des emplois locaux.  Qu’il est bon de rencontrer d’autres Humanistes que soi, aussi impliqués dans le développement sain d’une économie locale encore balbutiante ! Lorsque j’évoque cette sympathique rencontre avec un villageois, me parvient pour seule réponse ces mots marmonnés : « mercenaires, trafiquants, exploitation, esclavage… » Et un regard noir. Ces gens-là n’ont aucun sens de la valeur travail, ni du commerce équitable.

Jour 16 : Enfin !! ! L’Astre solaire est de retour. Le Char de Phaéton a fait une entrée fracassante au-dessus de nos têtes trempées. Très étonnant : les autochtones n’entament aucune danse tribale de reconnaissance…Stupéfaite, je demande la raison un autochtone. Pour seule réponse, il me rétorque « avec le réchauffement climatique il faut s’attendre à tout, et puis c’est quoi ces conneries de danses pour blaireaux ? »  Et un regard noir. Ces gens-là n’ont aucun sens des traditions.

Jour 17 : Ah la Jungle !! Quel vert, quel vert !!

Jour 18 : Très étonnant. Je note que toutes les villageoises portent en bandoulière de curieux et rudimentaires sacs à main tressés de feuilles de palmes. Plus étonnant encore, les hommes papous utilisent également cet accessoire, pourtant réservé aux femmes dans nos sociétés civilisées. Lorsque j’évoque à un autochtone la probabilité d’une forte communauté homosexuelle dans le village, celui ce me lance un regard noir. Ces gens-là n’ont aucune ouverture d’esprit.

Jour 19 : L’idiome local, le « pidgin », me fascine. Il s’agit d’un créole anglais, que des êtres malintentionnés appelleraient sans doute « petit nègre ». Enchantée par ce nouvel apprentissage, je fais remarquer à un villageois que les français ont été beaucoup plus aventureux que les anglophones, puisque nous avons colonisés brillamment plus d’îles que ces derniers et qu’en conséquence, de plus nombreuses personnes de par le Monde parlent un créole bien français ! Pour toute réponse, un regard noir. Ces gens-là n’ont aucun sens des bienfaits de l’Histoire.

Jour 20 : Coup de soleil et insolation. La tête me tourne. Je garde le lit sous une chaleur moite et écrasante et compte les moustiques pour occuper mon esprit vacillant. Comment dit-on « 657 » en pidgin ?

Jour 21  : Pour me remettre sur pieds, un autochtone m’apporte un remède local, appelé « jungle juice », et d’après lui, fréquemment usité même en l’absence de maladie. Selon ses dires, ce breuvage tout artisanal tuerait les microbes les plus résistants. Enthousiaste, j’en bois d’un trait un grand verre. J’apprends ainsi à mes dépens, et de manière instantanée, que le « jungle juice » peut également servir de désinfectant, d’alcool à brûler et même de carburant pour générateur… C’est certes naturel, mais le goût probablement subtil des plantes sauvages qui composent la potion est malheureusement masqué par les 90° d’alcool. Comment dit-on « au secours» en pidgin ?

Par Myriam

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