Journée du patrimoine de l’Huma
Par Thierry Rocher , le 18 septembre 2018

Thierry ROCHER renvoie la censure

En ce mois de septembre festif, la fête de l’Humanité est programmée en même temps que les Journées du patrimoine. Une bonne chose puisque dans les deux cas, on essaye de maintenir le cap, à savoir, sauver les chefs d’oeuvre en péril, et préserver les espèces en voie de disparition (ou même disparues !). Pour le patrimoine, Stéphane Bern vient de découvrir que la mission qu’on lui avait confiée frisait le n’importe quoi. Il ne savait pas que Macron 1er et son entourage excellaient dans la communication et la poudre aux yeux. Pas loin d’en avoir plein le c…, le Stéphane, ça peut lui déplaire. Je pense que le prolongement logique de son action est le tirage du loto puisque le financement du patrimoine est désormais lié à la Française des Jeux. Française des Boeufs diront certains, enfin ceux qui considèrent l’intérêt que le patrimoine suscite chez les joueurs réguliers.

L’éminence qui génère toujours le même phénomène attractif pour les foules de français républicains, à voir des 5, 6 (ou plus) heures d’attente pour visiter l’Elysée, entrevoir le monarque, le toucher pour les plus chanceux en prenant un selfie et en espérant qu’il impose les mains au petit-dernier pour le guérir d’une maladie chronique. Le besoin de lustre pour le bon peuple est intact, alors pourquoi la présidence s’en priverait. En plus, on peut maintenant se payer tous les produits dérivés que les acheteurs moyens auront le mauvais goût de mettre en avant dans leur salle de séjour avec les commentaires de circonstance à tous leurs visiteurs.

Loin des foules, il y a aussi plein de choses à voir et à découvrir mais qui font, sans doute, moins rêver. Par contre le rêve, c’est toujours la Fête de l’Huma, surtout pour ceux qui osent aujourd’hui s’y aventurer maintenant qu’il n’y a plus de risque puisqu’il n’y a plus de communistes. La vraie raison d’y aller est bien sûr la chanson et la musique avec des concerts à des prix imbattables. En plus, cette année, pas de danger de croiser le Mélenchon fâché avec un élu communiste. Subsiste tout de même le risque de voir débouler, au détour d’une allée, Pierre Laurent mais pas d’obligation de subir le discours qu’il avait photocopié l’an dernier.

Alors en 2018, un peu triste de voir ce soleil persistant car rien de tel qu’une bonne pluie et la gadoue pour porter et amplifier l’exaspération populaire. La défense du patrimoine a beaucoup de facettes; le dénominateur commun est naturellement le mode de financement. Une nouvelle fois, tout revient aux démarches individuelles, au porte-monnaie privé puisque l’Etat est dépassé par l’ampleur de la tâche. Le journal « L’Humanité » est toujours en survie et ne vit pas que par les ventes aux lecteurs de plus en plus clairsemés.

Mais le patrimoine, c’est aussi une saveur emprunte de nostalgie, et qui puise ses racines en dehors de la lutte finale. C’est encore et toujours une question de choix, de priorité. J’espère naïvement qu’il sera question de joindre l’utilité à la beauté en particulier pour les ponts car, dans les 30% de défectueux, il y a un bon nombre de trésors architecturaux qu’utilise une foule de voyageurs inconscients du danger. Alors, je garde l’espoir que le patrimoine, dans tous ses registres complémentaires, ne soit pas que l’objet d’enjeux successifs de communication.

Un clin d’œil tout de même à un patrimoine en devenir: mon patrimoine artistique avec ma nouvelle pièce « Changer de vie » (première le 11 septembre). Prochain rendez-vous, mardi 25 septembre à 19 heures au théâtre de Nesle (Parois VI).

Par Thierry Rocher

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