Juju et Chacha sont dans ma radio
Par Christophe Sibille , le 28 novembre 2017

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Bon, ma chère lectrice, je viens d’entendre sur le journal de ma radio préférée, (après la mienne, évidemment, «Balistiq», dont et d’où je te parle toutes les semaines), que les vaches passaient les deux tiers de leur vie à brouter.
Dieu, ô dieu, si tu existes, mais pourquoi donc m’as-tu fait homme, et point vache, nom de dieu?
Enfin, quand je dis ma radio préférée, pas tout le temps.
Et même quasiment jamais, quand il s’agit de donner la voie à des chanteurs.Oui, j’écris «voie» v-o-i-e, parce que pour l’organe, hein, ça se discute souvent.
Dieu, dieu, si tu existes, pourquoi as-tu fait que la peinture soit si peu radiophonique? Si on lui consacrait un peu plus de temps d’antenne, ça me ferait une putain d’économie de boules Quiès!.
Tout ce préambule pour vous entretenir du dernier album de Juliette Armanet, une des handicapées glottiques préférées de, donc, France-inter.
Mon rédacteur en chef bien aimé m’avait donné le choix entre la corrida, et cette … chanteuse, même si j’ai du mal à qualifier cette personne du même vocable que l’on utiliserait pour Cecilia Bartoli.
Ou Edith Piaf, ne soyons pas sectaires.
Bref, le taureau que je voulais interviewer n’étant pas dispo pour cause de harcèlement médiatique suite à un éburnage de matador fort bienvenu, je me suis rabattu sur la donzelle.
Rabattu sur elle, façon de parler, évidemment, j’ai des goûts!J’ai essayé un premier titre. Ca s’appelle: «l’amour en solitaire»
Je n’ai pas compris un traître mot de ce qu’elle chantait, mais le style et les harmonies employés pour en faire la musique sont honteusement pompées sur une chanson composée par Michel Berger pour Véronique Sanson, «Amoureuse.» Notamment le passage sur le deuxième accord, arpégé au piano exactement de la même manière. A la tierce mineure supérieure du premier, (de la mineur à do, ce dernier agrémenté d’une septième de dominante qui est un des rares effets intéressants que je trouve chez Berger. A l’exception de la musique de «Diego», chanson immortalisée par un célèbre cancéreux récidiviste.)
Bref, ô ma lectrice, je ne dis pas ça pour faire le fat, mais non, Juliette, là, c’est vraiment trop voyant!J’avoue avoir été très méchant autrefois avec le pote à Gall, autrefois, quand il décéda pendant une partie de tennis en plein soleil, en en faisant une «brève» qui disait grosso modo que «pour une fois que le sport rend service à la musique.»
Yannick Noah, si tu m’entends, reste capitaine de l’équipe de France de «coupe Davis», pitié! …
Méchant, et injuste. Si Michel Berger inversait aujourd’hui le sens dans lequel il se trouve par rapport aux planches qui le recouvrent, (s’il remontait dessus, en bref), dans l’environnement variétocheux qui est le nôtre, on pourrait légitimement en faire un dieu vivant. De son vivant.

Bon, je ne sais même pas si elle parle de branlette ou non, finalement, dans cette chanson, la Juju.
Et puis, elle prétend être folle amoureuse de son piano. (Qu’au passage, elle appelle Christian.) Moi, je veux bien la croire. Même si, à entendre son jeu, on peut n’être pas totalement persuadé que cet amour soit réciproque.
Son absence de voix fait un peu penser à celle de Charlotte Gainsbourg, dont le dernier album cartonne également aussi sur France-inter (minable, pour le coup.)
J’en profite pour te rappeler, ma chère lectrice, que le verbe «cartonner» ne signifie en aucune manière que les petits ronds de plastoc restent sagement dans les cartons de Radio-France, mais qu’ils passent la sainte journée à nous usiner les oreilles, soit-dit en restant d’une politesse d’airain.

Mais on peut toujours trouver pire!
Ecoutez ce qui suit.

«D’amour et de sperme, je repeins ses lèvres.
À son haleine, j’savais qu’elle était moche. Un verre de Daniel’s pour ne voir que ses formes. L’amour de la chaire n’a pas que bonnes odeurs. J’la prends dans le noir pour ne pas voir ses cornes. J’aime la violence et voir le sang qui coule. Entendre mes ennemis dire « pardon », sans leur pardonner. Baiser leur meuf en transmettant la chtouille. J’suis très méchant quand couilles tu me les casses (putain). J’pourrais t’égorger, te voir vider de ton sang, finir mes jours en prison. Sans jamais regretter mes actes »

Ça c’est un extrait des textes du RAPPEUR DAMSO…
Comme quoi, au moins en ce qui concerne l’ignominie, la femme ne pourra jamais être l’égale de l’homme.

par Christophe Sibille

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