Kenavo Bolt et Pinault
Par Chraz , le 9 avril 2013

CHRAZnique

Oyez oyez, heureux contribuables,

Trois paragraphes très instructifs, à lire l’un après l’autre, qui n’enlèvent rien à la culpabilité de cet enfoiré de Jérôme CAHUZAC, mais montrent que non seulement il n’est pas tout seul, mais que c’est un petit joueur :

La presse de ces derniers jours :

« Si l’équipe première de Rennes vit des heures délicates depuis quelques semaines sur les rectangles verts, au moins pourra-t-elle compter sur un soutien de poids avant la finale de la Coupe de la Ligue contre Saint-Etienne. En effet, le célèbre sprinteur, USAIN BOLT, a déclaré son amour au STADE RENNAIS (…) à l’occasion du duel entre le Stade Rennais et le Paris Saint-Germain (…) le visage apparu sur les écrans géants de l’enceinte bretonne n’était pas forcément attendu en ce lieu (…) Et pour cause, une vidéo diffusée laisse apparaître USAIN BOLT, maillot du SRFC sur les épaules (…) « Bonjour, je suis Usain Bolt et je supporte le Stade Rennais. Kénavo », déclare le sprinteur jamaïcain, clip évidemment repris avec joie par le site officiel du club (…) le champion olympique et du monde du 100 m vient donc remotiver des troupes en nette perte de vitesse depuis plusieurs semaines (…) USAIN BOLT, grand fan de football, qui avait jusque-là toujours donné sa préférence à Manchester United voire au Real Madrid, a donc changé ses plans… »

WIKIPEDIA 1

En 1977, Georges CONCHON écrit « Le Sucre » et, dans la foulée, en signe l’adaptation pour le cinéma. (Le film a été réalisé en 1978 par Jacques ROUFFIO, avec, entre autres, Michel PICCOLI, Gérard DEPARDIEU). Le roman raconte l’histoire vraie d’une arnaque sur fond de crise du sucre. En 1974, sur les ondes d’Europe 1, on annonce une pénurie de sucre. Les Français réagissent immédiatement et se ruent dans les magasins afin de stocker cette denrée. Sur le marché à terme des matières premières, le prix du sucre flambe et attire des investisseurs de tous horizons. Mais les prix ne reflètent pas la réalité et la bulle spéculative finit par éclater (le 3 décembre 1974). Les banques, censées garantir les engagements, n’ont pas de réserves suffisantes pour répondre aux pertes des investisseurs (…) Un trou de 66 milliards de francs doit être comblé. Afin d’éviter la faillite des gros porteurs et de trois banques françaises, l’Etat décide d’éponger la dette. Les petits investisseurs, quant à eux, doivent rembourser leurs pertes, tout comme les contribuables qui iront de leur poche pour réparer les lacunes de l’administration et sauver les banques !

WIKIPEDIA 2

(…) François Pinault devient peu à peu financier et fait fructifier sa fortune en spéculant sur le marché du sucre en 1974 (tiens tiens, une coïncidence ?. Note de l’auteur). Il joue sur un conseil que lui fournit Roland GADALA, administrateur de Peugeot et de Saint-Gobain (…) Il rencontre Jacques Chirac en novembre 1981, par l’intermédiaire de Michel GIRAUD, président du conseil régional d’Île-de-France, dont il va devenir un des amis les plus proches en l’aidant par des rachats d’entreprises en Corrèze (…) il se lance dans l’économie du luxe (…) En 2007, son fils à la tête du groupe PPR lance une OPA sur PUMA (un groupe allemand possédé par la famille Herz) pour environ cinq milliards d’euros (…) Il est également propriétaire du STADE RENNAIS football club (…) Il a aussi utilisé des sociétés-écrans situées dans un paradis fiscal des Antilles néerlandaises pour cacher un quart de sa fortune pendant une vingtaine d’années, évitant ainsi d’être assujetti à l’impôt sur le revenu jusqu’en 1997 (…) En 2010, il possède ainsi la 7e fortune française, estimée à 8,5 milliards de dollars US (6,216 milliards d’euros) (…) Grand officier de la Légion d’honneur depuis le 30 décembre 2011 (par Nicolas Sarkozy)

RÉSUME

Si l’on en croit WIKIPEDIA, qui ne semble pas avoir été démenti : François PINAULT, représentant de la droite exemplaire, a fait fortune grâce à une arnaque (légale et libérale) sur le sucre, conseillé par un responsable de Peugeot et St-Gobain. Cette spéculation a généré une perte d’environ 10 milliards d’euros (dont une partie dans sa poche), payée par l’état (c’est-à-dire par nous) pour combler les pertes des banques et des gros investisseurs, les petits devant rembourser leurs dettes, ce qui n’a pas empêché le bonhomme de recevoir la légion d’honneur des petites mains de qui on sait !

Ce monsieur PINAULT (ou son fils) est propriétaire entre mille autres bricoles du stade de RENNES et des chaussures PUMA, qui équipent aussi USAIN BOLT.

Et aujourd’hui, au lieu de nous expliquer clairement qu’il ne vaut pas mieux que Jérôme CAHUZAC –sur lequel elle s’acharne, et elle a bien raison-, au lieu de nous rappeler qu’il a magouillé pour ne pas payer d’impôt sur le revenu jusqu’en 1997 en planquant ¼ de sa fortune dans un paradis fiscal, et qu’il prend les gens pour des cons, la presse se fait le relais de ce margoulin en nous laissant croire qu’USAIN BOLT, le multiple champion du monde de sprint jamaïcain, vient soutenir spontanément l’équipe de RENNES, alors qu’il essaye juste de vendre des godasses à la demande de son patron.

J’ose espérer (???) que les supporters de foot bretons ne sont pas des imbéciles, et qu’ils se rendent compte que François PINAULT les prend effectivement pour des cons, comme bien d’autres. Mais s’ils se mettent à acheter en masse des chaussures PUMA et à prendre des abonnements pour soutenir « leur » équipe et son propriétaire, c’est qu’il aura raison.

Il y a au moins une chose qui devrait les convaincre qu’on leur bourre le mou avec USAIN BOLT, c’est qu’un jamaïcain qui se met brutalement à parler breton, c’est louche !

 

par Chraz

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