Kosovo une expulsion ? Une révolution !
Par Coq des Bruyères , le 22 octobre 2013

Alors Jean-Patrick DOUILLON, maintenant qu’on a fait ça, on dit quoi ?

Ou : « De l’inutilité de changer le monde tel qu’il est pour le laisser tel qu’il sera ! »


A l’heure où l’on en vient à espérer que Bachar El-Assad se mette à gazer quelques Syriens pour que l’on nous parle d’autres choses que de l’affaire Léonarda, on se dit que décidément toutes ces pauvres gamines qui se donnent un mal de chien pour passer des concours de Miss ou des castings de téléréalité afin de devenir célèbres doivent regretter de ne pas avoir eu la chance d’être expulsées d’un bus pour le Kosovo lors d’une sortie scolaire.

Donc, la République est en émoi parce qu’une jeune Italienne qui se fait passer pour une Kosovar, expulsée par un Catalan qui se fait passer pour un Hongrois, donne une fois de plus l’occasion à François Hollande qui se fait passer pour un dur de passer pour un con ! Encore cette fois ci, demi-mal, il n’a pas demandé à Barack Obama d’intervenir avec lui sans attendre la décision du conseil de sécurité des Nations Unies pour bombarder Mitrovica d’une frappe ciblée sur la famille Dibrani.

Après l’intervention télévisée d’un pouvoir qui à force de n’en plus pouvoir est personnalisé par un Hollande réduit à jouer le rôle de l’assistante sociale du Conseil Général du Doubs en proposant le retour de l’adolescente (comme si il pouvait venir à l’idée d’une adolescente qui a eu la chance de quitter la ville de Pontarlier d’y revenir), on est obligé de constater que les décideurs politiques ne doivent vraiment pas avoir grand chose à faire pour se mobiliser ainsi sur un cas particulier alors qu’ils sont censés gérer l’intérêt général !

Ont- ils à ce point abandonné à d’autres les décisions relevant du bien être social, économique, écologique ou culturel pour se cristalliser sur une jeune fille à la manière du caramel rouge sur l’absence de saveur d’une pomme anonyme afin de la rendre appétissante pour les gogos de la fête foraine médiatique ? En voyant qu’après l’échec de l’ectoplasme Patrice Evra et de sa bande de leurres de consultants footballistiques pour détourner l’attention, Emile Louis a été obligé de mourir pour intéresser la cinquième puissance économique mondiale à autre chose qu’à la gestion de l’affaire Léonarda, on a envie de répondre : Oui !

Oui, la  chose publique s’éteint doucement sous un crachin continu de superficialités… A la suite de l’intervention de François Hollande on a donc eu droit à notre avalanche de commentaires, de sarcasmes, d’avis, d’éditoriaux, de réflexions, d’indignations, d’interrogations… Mais avec toujours cette même frustration interrogative du caniche qui, en se demandant où a bien pu passer sa pâtée de réflexion approfondie se dit devant sa gamelle vide : « Il manque un truc » ! Et ce truc c’est pour moi la conviction profonde que la folle décision de François Hollande concernant le retour solitaire de la Nabilla Italo-Kosovar est tout simplement dû à la peur panique déclenchée par toutes les mobilisations spontanées (ici celle des lycéens) dans les allées du pouvoir, de tous les pouvoirs. Ces bruits de rue incontrôlables qui pourraient se réaccaparer la chose publique étant pour eux le seul tocsin capable d’ébranler leur bien être et pour moi, le seul message d’espoir !

 

par Jean-Patrick Douillon

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