La fin du Monde est pour aujourd’hui
Par Naqdimon Weil , le 21 avril 2015

Les valeurs de Mr NAQDIMON

Mr Naqdimon by BabouseL’humanisme, cette lubie mensongère !

Ceux qui me font l’honneur de suivre mes hebdomadaires mises en garde sur le site du Coq des Bruyères le savent bien, je n’ai pas pour habitude de me plaindre. Élevé dans la plus stricte tradition française dans laquelle on nous apprend à toujours conserver sa dignité et son quant-à-soi, respectueux de la bienséance sociale en évitant d’étaler ses petits malheurs du quotidien, jamais je ne me répands en jérémiades sanglotantes. Mais là, malgré cette parfaite éducation, je ne peux plus passer sous silence mon état de santé défaillant, qui me fait craindre le pire pour l’avenir et m’entraîne à croire que ceci pourrait bien être ma toute dernière chronique.

Car, malgré la retenue qui me caractérise, je dois bien le dire, je vois poindre les hideux symptômes de la fin et, si je m’en désole, je dois bien en prendre mon parti. Depuis maintenant 48 heures, je ne suis plus qu’une douleur et, même si j’ai appris à montrer un riant visage face à l’adversité, devant le chaos final, l’homme de bien doit savoir rendre les armes. En effet, malgré les efforts de la médecine et de la chimie modernes, mon corps, ce vieil ami fidèle, me trahit. En plus d’une sévère céphalée dont le flux et le reflux ne sont pas sans rappeler le ressac de l’Océan Pacifique sur les plages d’Ossegor, je suis également victime d’une infection brutale de mes sinus, qui m’empêche de respirer sereinement, ma gorge est un champ de bataille, car une toux, d’abord sèche mais grasse depuis ce matin, qui amplifie fondamentalement ma douleur, me laisse souffrant et tremblant sur le bord de mon Chesterfield familial. Ne nous leurrons pas, ces signes sont bien les stigmates affreux de l’imminente arrivée de la Camarde, qui me mènera vers un Monde meilleur, loin de la douleur et des malheurs du Monde Terrestre. Aussi, je profite de ces dernières lignes pour remercier celles et ceux qui me firent l’honneur de me suivre et de me soutenir au cours des dernières semaines, et ceci me donne un peu d’espoir pour l’avenir de la Nation, après mon départ.

Mais, avant de mettre le point final à cet ultime papier pour rejoindre ma demeure dernière, je veux ici dénoncer le patent manque de solidarité de ceux que j’ai pourtant recueillis et protégés. Au cours des deux jours de ce week-end de douleurs et de souffrances, aucun, je dis bien aucun, de mes gens n’a cru bon devoir venir prendre des nouvelles de celui qui leur assure libéralement le gîte et le couvert. Ce couple de Sri-lankais, par exemple, qui sont devenus par mon simple bon-vouloir, majordome et cuisinière, alors qu’ils n’avaient que de vagues diplômes d’ingénieurs de leur pays arriéré. Sont-ils pour autant venus s’enquérir de ma bonne santé ? Non, trois fois non ! Et cette jeune Libyenne qui a la chance de s’occuper de mon linge au quotidien, et que j’ai renommé Marie-Chantal, tant son nom écorchait les oreilles du bon Français, fit-elle montre du moindre intérêt à mon endroit ? Encore une fois, non, bien évidemment. J’avais déjà eu une alerte quand un jeune Belge nommé Omar – comme si un Belge pouvait porter un nom pareil, mais bon passons – que j’avais généreusement sauvé de la dictature socialiste de son pays et qui voulait me dénoncer aux prud’hommes pour de vagues histoires de non-déclaration d’emploi. Heureusement, l’intervention d’une mienne amie, propriétaire d’une société de sécurité, et de ses employés albanais l’ont ramené à de plus raisonnables réactions. Car si je me refuse à déclarer mes gens de maison, ce n’est pas par volonté d’économie à petite échelle, mais pour protéger mes employés de la cupidité de l’État Socialiste. Et pourtant, au final, c’est ainsi qu’on me traite.

Aussi, en vous faisant mes adieux, car la Mort sonne à ma porte, j’en profite pour dénoncer ces égoïstes aux URSSAF et à la Police Aux Frontières, afin qu’ils comprennent bien la portée de leur manque d’empathie envers leur bienfaiteur.

La semaine prochaine, hélas, je ne serai plus là.

par Mr Naqdimon

Nota bene : Chers lecteurs,
Ne nous leurrons pas, la droite décomplexée a le vent en poupe. Au Coq des Bruyères on est pas plus con que les autres, alors à l’instar de ceux qui déroulent le tapis rouge (brun) à Ivan Rioufol, Éric Zemmour et consorts, nous ouvrons nos colonnes à Monsieur Naqdimon qui saura amener notre journal sur l’autoroute du progrès.  

Nous aussi on veut en croquer ! ce qui nous permettra, d’ailleurs, de ne pas être tondus à la collaboration.

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