La liberté, c’est pas halal
Par Anthony Casanova , le 14 juin 2016

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Anthony Casanova par Babouse

Les terroristes islamiques attaquent tout le monde. Tous les continents, tous les pays. Des Athées, des Juifs, des Catholiques, des Musulmans… tout le monde sans exception. Qu’on le nomme Al-Quaïda, GIA, Hezbollah, Boko Haram, Talibans, Daech… peu importe le sobriquet employé, peu importe la marque déposée, le produit, lui, reste le même, et il n’a qu’une finalité: l’anéantissement de la liberté.

Simone de Beauvoir disait que lorsque nous écrivions « liberté » au pluriel c’était pour mieux en supprimer quelques-unes. Daech ne porte pas atteinte à « nos libertés » mais à La liberté. La liberté de rire, d’aimer, de penser, de choisir… ce n’est qu’une seule et unique liberté, celle d’être libre.

Depuis l’avènement du nazisme, jamais une organisation n’avait autant symbolisé la négation de l’Humanité que Daech. Caricature de la barbarie, paroxysme du totalitarisme, Daech ferait passer Dark Vador et les méchants de James Bond pour de sacrés philanthropes. « La réalité dépasse toujours la fiction » a-t-on coutume de dire lorsque s’arment ceux pour qui le réel est fictif. Et, dans ce cas-là, Dieu est la fiction ultime.

N’étant pas de ces pinailleurs pour qui l’Inquisition espagnole n’était pas catholique, je ne vais pas non plus faire partie des euphémistes qui disent que les partisans de Daech ne sont pas musulmans. Allah n’existant pas, on peut tout aussi bien faire en son nom de la poterie que des guerres. L’important n’est pas de savoir si telle sourate ou tel psaume valide ou contredit la violence, mais comment nous réagissons face à elle.

Une chose est certaine, la condamnation n’est jamais unanime. Il y a toujours des fins limiers pour culpabiliser les victimes. Selon eux, Charlie Hebdo est trop provocateur, les Juifs sont trop liés à Israël, La France et les autres pays européens n’ont pas une bonne politique étrangère, les pays africains et asiatiques payent leur relation avec l’Occident… et les homosexuels expient, vous l’aurez deviné, la décadence de leurs mœurs.

A l’instar de Johnny qui chantait que nous avions tous en nous quelque chose de Tennessee Williams, en France, ceux qui tiennent un discours culpabilisant à l’égard des victimes, voire qui applaudissent certains de leurs crimes ont assurément en eux quelque chose de Daech. Car Daech s’attaque à un ou plusieurs ennemis d’une partie de l’extrême droite mais aussi d’une frange de l’extrême gauche sans oublier le Parti des Indigènes de la République et la « Dieudosphère ». Et, pour tout ce petit monde la « condamnation » des atrocités commises par Daech est à géométrie variable.

Il ne faut pas omettre que les pays attaqués par le terrorisme islamiste, le sont par des ressortissants de ces mêmes pays. Et si nos gouvernements doivent mener des actions contre Daech, nous devons, nous citoyens, être intraitables contre ceux qui véhiculent leur conception mortifère de la société. Les discours homophobes, sexistes, antisémites, racistes alimentent ces basculements idéologiques.

On ne peut pas dire, comme le pape François, « Si un grand ami dit du mal de ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing (…) On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision » et s’émouvoir lorsqu’on décime Charlie Hebdo.
On ne peut pas, comme Houria Bouteldja, s’afficher avec le slogan « Sionistes au goulag » puis s’étonner des crimes antisémites de Mohammed Merah et d’Amedy Coulibaly.
On ne peut déclarer, comme Christine Boutin, que « L’homosexualité est une abomination » pour s’émouvoir ensuite d’un massacre homophobe à Orlando.

L’idéologie de la haine n’est jamais bien loin de la main du bourreau. Il n’y a pas de « oui mais » dans une démarche de résistance. Soit on résiste, soit on s’y accommode entre deux pleurnicheries. Je suis Charlie, Je suis Juif, Je suis Gay… et ce de façon inoxydable.
C’est facile à dire et pourtant, ils sont nombreux ceux qui préféreraient s’écorcher la gueule plutôt que d’afficher une solidarité totale envers toutes les victimes du terrorisme. « C’est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux (Stéphane Charbonnier dit Charb) ».

par Anthony Casanova

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