La Manif pour personne
Par Anthony Casanova , le 7 octobre 2014

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

Ce dimanche 05 octobre, en Don Quichotte de l’absurde, la « Manif pour tous » défilait pour le retour des moulins à vent. Garant d’un monde qui n’existe plus, vantant une société pour nos enfants calquée sur celle de nos aïeux, papa-maman-la-bonne-et-la-marmaille sont allés, haine dessus frustration dessous, gambader dans les rues de Paris. Loin des braves prolos arpentant les boulevards en chantant « Le Temps des cerises » et « Le Chiffon rouge », la « Manif pour tous » amène sur le pavé ceux qui ne peuvent concevoir des lendemains qui chantent que s’ils sont interprétés par les petits chanteurs à la croix de bois.

Ragaillardie par la « rébellion » du politiquement incorrect des amis de Dieudonné, la vieille France se sent pousser de belles burnes tricolores pour en découdre avec les dépravés et les invertis. Sésame du monde luttant contre le 21ème siècle qui part en quenouille, la « théorie du genre » est dans toutes les bouches. Mais que peut bien être cette fameuse « théorie du genre », qui en vérité se nomme « étude sur le genre », pour nos amis des valeurs ancestrales? C’est assez simple: un homme c’est pas une femme. Face à tant de pertinence, on peut se demander, outre le fait du vagin et du pénis, qu’est-ce qui différencie autant le mâle d’une femelle pour agir comme si l’apocalypse était pour demain? C’est très simple : le mec a des couilles et la gonzesse non plus. Autre chose? non. Et pourtant rien n’est plus important à leurs yeux, car leurs testicules sont les clés de leur liberté. Qu’est-ce qui fait que « courir comme une fille », « se battre comme une fille » « pleurer comme une fille » soient synonymes de ridicule, et qu’ils s’en satisfassent? A quel moment a-t-on jugé qu’être une fille c’est nul? Pourquoi une fille ne pourrait prétendre être décisionnaire de ses choix, de ses envies, de ses rêves, de son avenir, sans que bonhomme le lui autorise?

C’est en vertu de ces principes, qui donnent plus de crédits à l’homme pouvant soulever la marmite en fonte qu’à la femme censée faire tourner la cuillère en bois pour préparer la soupe à l’intérieur, que la « Manif pour tous-les-zombies-du-temps-que-les-moins-de-mille-ans-ne-devraient-pas-connaître » déambulent. Vêtus en bleu et rose, pour rappeler le temps béni où Monsieur s’essoufflait sur Madame durant 3 minutes dans le noir, ils se font l’écho du cafard dans le but de son existence : sauvegarder l’espèce.

L’étude du genre travaille aux raisons faisant que la société traitent les femmes comme des sous-hommes. Mais voilà, les partisans de la « Manif pour tous-ceux-qui-verront-toujours-Eve-comme-une-côte-d’Adam » perçoivent le féminisme comme une atteinte à leur droit de naissance. Une femme c’est simple: ça doit être mignon, ça doit savoir cuisiner, faire la vaisselle, le repassage, ainsi soit-il, Dieu reconnaîtra les siens, et non les siennes qui à moins qu’elles soient vierges sont de véritables salopes; et peu importe qu’on les élève comme des princesses, le chromosome xx doit en faire, inévitablement, de parfaites boniches.

par Anthony Casanova

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