La mère et l’assassin
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

 

S’il est vrai que toutes les causes ne sont pas défendables, pour autant il est indéniable que tous les accusés doivent être défendus devant un tribunal. Même les pires, même les ordures, même ceux que nous pourrions qualifier de «monstres». Dans «monstres» entendons: un caractère humain qui nous terrifie.

La terreur, via le terrorisme, ce fut justement le sujet du procès d’Abdelkader Merah. Il était accusé d’être l’un des idéologues de son frère, l’assassin islamiste, Mohamed Merah. Le 02 novembre 2017, il fut acquitté de l’accusation de complicité d’assassinat tout en étant condamné à 20 ans de prison pour complicité d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Pour mieux comprendre ce procès, ces enjeux et son déroulement, je ne saurais trop vous conseiller le hors-série de Charlie Hebdo «l’affaire Merah».

Dans ce genre de procès «historique», à l’instar de Jacques Vergès défendant Klaus Barbie, le rôle des avocats de la défense peut parfois être perçu comme un acte de complaisance  intellectuelle envers la cause de l’accusé. Ainsi, lorsque l’avocat Dupond-Moretti dit avoir eu «l’honneur de défendre» Abdelkader Merah, on sert les dents en se demandant ce qu’il peut bien y avoir de plus honorable dans la défense de Merah que dans celle d’un autre accusé? Qu’il puisse trouver son boulot «honorable» ou bien dire que c’est l’honneur de la justice de donner la possibilité à un type comme Merah d’avoir un procès équitable soit, mais d’en faire un honneur personnel cela pose problème.

Mais là où Dupond-Moretti a dépassé le cadre de la défense pour glisser dans l’indécence c’est au moment du témoignage de Zoulikha Aziri, la mère de Mohamed et d’Abdelkader Merah. Alors que la mère des Merah mentait aux avocats des parties civiles pour la énième fois, Dupont-Moretti tomba dans l’ignoble en demandant que l’on cesse de harceler cette femme car «elle aussi» a son fils qui est mort.

L’obscénité dans toute sa splendeur. Réclamer que l’on comprenne ou que l’on ait de la compassion pour la génitrice d’un assassin est minable. Parce que la perte de la famille Merah, on en a rien à foutre. Un homme qui a pris la vie de 7 personnes dont 3 enfants, une merde pareille, le minimum que l’on attende de sa famille ou de ses proches c’est du chagrin pour les victimes et du dégoût pour les atrocités de Mohammed Merah. C’est d’ailleurs le cas d’une de ses sœurs et de l’un de ses frères. Mais il en est tout autrement pour Zoulikha Aziri puisque c’est une femme chez qui on apprenait à « haïr les Juifs et tout ce qui n’est pas musulman » dixit les témoins du porcès. Dupond-Moretti a osé réclamer de la bienveillance pour celle qui déclarait fièrement à propos de son fils après les meurtres: «Mon fils a mis la France à genoux».

Parce qu’il n’était pas l’avocat de la mère Merah mais celui de son fils, le «chagrin d’une mère» d’un assassin que Dupond-Moretti a osé évoquer est à vomir. D’ailleurs, en associant sa défense d’Abdelkader Merah avec celle de sa mère, Dupond-Moretti prouve une seule chose: c’est que Zoulikha Aziri devrait aussi se retrouver devant les tribunaux pour apologie du terrorisme et pour complicité d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Desproges disait à propos d’une certaine éducation parentale: «il n’y a qu’un «a» de résignation entre défection et défécation». Personne n’a à se souvenir de Mohammed Merah comme le rejeton de qui que ce soit mais uniquement comme l’un des étrons de l’islamisme.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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