La nulle et les enflés
Par Christophe Sibille , le 4 décembre 2018

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Ma chère lectrice, une fois n’est pas coutume, je commencerai ce papier par une petite considération économique… Non, non, ça va aller vite! Ne passe pas tout de suite au «papier» de mon cher rédacteur en chef! (Au sujet duquel je sais pertinemment que tu le lis toujours juste après le mien.) Ben oui, je sais bien, qu’il faut commencer par le «brouillon» avant d’attaquer le «propre». Ces quelques secondes de flagornerie, aussi gratuites que ce journal, étant achevées, je suis donc heureux de t’apprendre que Marine le Pen, chez Jean-Jacques Bourdin, s’est prononcée il y a quelques jours contre l’augmentation du S.M.I.C. Et pour la suppression des charges… pardon, des cotisations, sociales.

Toi qui a un cerveau à peu près en état de marche, puisque tu nous lis, (et je dirais bien, «à force de nous lire», si j’avais un atome d’embryon de l’ego de Ségolène Royal), tu sais pertinemment qu’au fond d’elle-même, l’héritière de Montretout en a à peu près autant à branler des sans grade que de la première paire de roustons de bougnouls cramés par la gégène de son père.

Ségolène Royal justement, qui, au passage, a «twitté», il y a également quelques jours, (je ne sais pas si c’était avant ou après, mais on s’en bat les steaks aussi), que, je la cite, «Gilets jaunes : il faut savoir reculer sur une mauvaise réforme mais pour ça il ne faut pas avoir un ego surdimensionné.» Il faut toujours prendre en compte l’avis d’une experte. Tu peux vérifier, elle l’a vraiment dit! C’est sur le site de BFMTV! Et, quand il s’agit de relayer une énormité, ils ne faillissent jamais!

Et, puisque j’ai commencé à parler de pognons et d’enfoirés, tiens Bruno le Maire. C’était au moment de la révision éventuelle de la «loi pacte», à l’assemblée. Sur un aménagement des règles de la participation en faveur des salaires inférieurs à 80.000 Euros par an au détriment des salariés les mieux payés… Quoi? Je bondis! 80.000 Euros par an, c’est un petit salaire? Ça fait quand même… Heu… 80 divisé par 12… 6.666,66 € par mois.

Après avoir téléphoné à quelques gilets jaunes pour m’aider à surmonter le traumatisme que m’avait causé l’évocation de ces ultra-pauvres, j’écoutai la suite du reportage, ne serait-ce que pour avoir une idée précise sur ceux pour qui le sort avait été moins inclément; je re-cite le ministre; en le résumant, on n’est pas des bœufs:

«ça ferait perdre exactement 371 euros par ans aux salariés, qui touchent entre 80.000 et 120.000 euros par an.» Ouuuuuuh, là, je fonds en sanglots.
«C’est beaucoup.»
– Ah, ouais, c’est énorme, putain! Un plein et demi de Porsche Cayenne, au prix de l’essence de cette semaine.
«Ce n’est que cent-cinquante mille personnes, mais vous allez les entendre très fort.» – Noooooooooooon!!! Ils ne vont quand-même pas venir cramer des bagnoles de flics sur les Champs?
«Et je doute que vous entendiez beaucoup ceux qui gagneraient sept à huit euros de plus par mois.»
– Ben ouais, hein, plein de pas pauvres qui ajoutent sept euros à six-mille six cent soixante-six, ça ferait moins de bruit qu’un peu moins de plus riches qui auraient … qui auraient combien? Douze-mille moins … moins combien? Moins trois-cent soixante et onze divisés par douze? Egalent? Egalent un peu moins de trente euros quatre-vingt-douze.

Là, je suis au bord de l’AVC.

Et Nono de conclure: «on fait beaucoup de perdants. 371 Euros. C’est une somme importante, et pour une raison qui n’est pas facile à expliquer, on retire cette somme importante à des gens qui gagnent entre quatre-vingt mille et cent-vingt mille euros par an. Alors que, de l’autre côté, le bénéfice de sept ou huit Euros pour chacun me paraît insuffisant. Ma suggestion serait vraiment un retrait, car je ne comprends pas l’intérêt politique de cette révision.»

T’inquiète, Nono, les gilets jaunes ne vont pas tarder à venir te l’expliquer en direct, (quand ils auront fini de niquer l’arc de Triomphe.) Et te remettre le neurone en place, avec un petit coup de main pour te mettre au fait de ce qu’est la vraie politique de terrain. A moins que ce ne soient des coups de pelles sur la tronche?.

Ah, tiens, un petit «post-scriptum»;  qui a dit: «Merci à l’État pour l’éducation quasi gratuite que j’ai reçue, pour les routes gratuites sur lesquelles je circule, pour les opérations que j’ai subies sans payer, et les médicaments que je paie peu, pour le chômage que j’ai touché, pour les gendarmes,les pompiers..?»

Catherine Fabre. Députée LREM de la deuxième circonscription de Gironde. Qui ignore donc que l’état ne fabrique pas d’argent, mais récolte des impôts et des cotisations sociales diverses et variées pour nous aider à vivre par le biais de leur répartition, et en fonction de nos revenus. Il n’y a donc pas que des enflés, chez nos hommes politiques. Il y a aussi des nullards.

par Christophe Sibille

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