La richesse comme fardeau
Par Naqdimon Weil , le 5 avril 2016

Les valeurs de Mr NAQDIMON

Mr Naqdimon by Babouse

C’est la peur du progrès qui fera disparaître notre Civilisation !

Alors que l’observateur impartial de la chose politique et économique s’astreint à prendre du recul sur le tourbillon d’informations que nous déversent les différents canaux de la Médiasphère, le folliculaire de bas étage se précipite sur la première anicroche venue afin d’obtenir son lot de pouces levés et autres signes approbatifs sur le Réseau des réseaux.

Contrairement à la simple déontologie journalistique qui consiste à hiérarchiser l’information et à filtrer les sources, l’éditocrate du moment est toujours prêt à prendre en compte les persiflants propos du premier syndicaliste en goguette ou de l’obscur « lanceur d’alerte » en mal de célébrité, en ignorant superbement les rassurantes explications des chefs d’entreprise ou des banquiers qui, reconnaissons-le, maîtrisent tout de même mieux le sujet. Oui, il faut le dire bien haut, aujourd’hui et pour de basses raisons de renommée, on en vient à tendre le micro à des obscurs et des sans-grades et on se refuse à croire les forces vives de la Nation au prétexte que celles-ci protégeraient leurs intérêts. Mais n’est-ce pas là le signe le plus rassurant du sens des priorités de nos élites ? Voilà qu’on en vient à préférer la discutable vertu monacale d’un sans-le-sou à la subtile pensée permettant l’optimisation fiscale. Et donc, on privilégie le manque d’ambition par rapport à l’industrieuse recherche de résultat. C’est cette navrante société où l’on glorifie les besogneux désargentés et les traine-misère abstinents que l’on voudrait léguer à nos enfants !

Depuis quelques heures, les différents médias font des gorges chaudes sur une soi-disant affaire financière internationale nommée « Panama Papers ». Parce que des personnes de qualité ont voulu améliorer avec finesse leurs retours sur investissement, on les voue aux gémonies, on leur promet la roue et le gibet. Pourtant, que peut-on reprocher à ces avisés épargnants – parmi lesquels se trouvent des amis de feu le commandant Chavez et un ancien Premier Ministre chinois, ce qui démontre bien que l’intelligence dépasse les clivages politiques les plus évidents – qui ne cherchaient qu’un tranquille anonymat de circonstance ? Rien, ou presque. D’avoir naïvement suivi les objurgations des internationalistes et d’avoir permis à leur argent, durement gagné, de voyager sans entraves. Les mêmes quidams qui hurlent que l’on abandonne trop souvent les pays sous-développés à leur misère, voilà qu’ils hululent quand de généreux investisseurs font vivre le système bancaire du tiers-monde et irriguent ainsi les économies locales.

Au nom d’une morale dépassée, on refuse à l’argent d’être libre et de profiter des progrès du génie humain en termes de transferts de fonds à l’échelon international. Des ingénieurs de haut vol, des mathématiciens pointilleux, des chargés d’affaires rigoureux, des fiscalistes sagaces, bref des milliers de personnes éduquées et à forte valeur ajoutée se battent au quotidien pour faciliter la vie de l’argent et sa mobilité et de tristes boutiquiers attachés à des principes poussiéreux voudraient détruire leurs réalisations grandioses au nom des quelques picaillons que les États avides veulent pouvoir saisir pour les donner aux traine-patins ! Oui, nous en sommes dorénavant là, à vouloir terroriser de simples et généreux investisseurs et à penser les menacer des pires avanies judiciaires et fiscales. Sans même admirer la délicatesse de ces montages financiers, véritables œuvres de dentelle bancaire. Triste constat, triste réalité, triste France…

La semaine prochaine, nous évoquerons ici le scandale des congés payés pour les plus démunis et la façon de faire disparaître cette loi scélérate.

 

par Mr Naqdimon

Nota bene : Chers lecteurs,
Ne nous leurrons pas, la droite décomplexée a le vent en poupe. Au Coq des Bruyères on est pas plus con que les autres, alors à l’instar de ceux qui déroulent le tapis rouge (brun) à Ivan Rioufol, Éric Zemmour et consorts, nous ouvrons nos colonnes à Monsieur Naqdimon qui saura amener notre journal sur l’autoroute du progrès.  

Nous aussi on veut en croquer ! ce qui nous permettra, d’ailleurs, de ne pas être tondus à la collaboration.

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