La semaine du goût
Par Thierry Rocher , le 13 octobre 2015

Thierry ROCHER renvoie la censure

Pour la vingt-sixième année, une semaine du goût (du 12 au 18 octobre). C’est bien, la semaine du goût. Comme chaque année, on va parler et vanter la qualité des produits. Comme toujours, on va se complaire avec notre savoir-faire, l’importance des aliments naturels, la nécessité d’ouvrir les yeux des enfants sur les ravages de la malbouffe, et la prise de conscience que l’équilibre est primordial dans l’assiette comme ailleurs. Comme chaque année, on va applaudir les initiatives d’enseignants, de cuisiniers, de producteurs qui vont dans le sens d’une alimentation saine et facile d’accès pour le plus grand nombre.

Tout cela va être formidable, comme si c’était la première fois qu’on en parlait, qu’on aborde le sujet à l’école et les 51 semaines suivantes vont apporter leur lot de dégradations et de mensonges alimentaires industriels et de fast food toujours plus nombreux dans notre hexagone gastronomique. On atteint même le paradoxe absolu puisque le dernier exercice comptable de Mac Donald’s aux Etats-Unis montre une chute des bénéfices alors que chez nous, tout va bien pour eux, bénéf au beau fixe. Mac Do n’est ringard qu’aux Etats-Unis, pays des obèses.

Mais que faut-il faire pour que le bon goût finisse par l’emporter ? Pas tous les jours, c’est bon aussi parfois de se laisser aller au mauvais goût, sur tous les plans, mais il faut que ça reste exceptionnel.

Puisque le plus important est de mobiliser les enfants, le premier exemple à donne doit venir des municipalités. Elles devraient être capables de virer des plats industriels néfastes à tout point de vue, pour accueillir dans les cantines de vrais cuisiniers, comme on a pu le voir à Laval ou à Valence. Et qu’on ne dise pas que les budgets explosent, c’est faux. Car si la matière première coûte plus cher, la différence est largement compensée par la baisse du gaspillage. Moins de commandes inutiles, donc moins de gaspillage à l’arrivée et le bonheur de voir des assiettes vides et du rab demandé.

A titre personnel, je n’ai pas le loisir d’aller côtoyer quelques chefs pour faire la cuisine cette année, pris par les spectacles.

Je vais donc me contenter de boire à leur santé, enfin à ceux qui ne sont pas trop caractériels et violents avec le petit personnel, ça se trouve heureusement. Et j’encourage tout un chacun à fêter la semaine du goût toute l’année.

 

Par Thierry Rocher

Les 2 anesRetrouvez Thierry au Théâtre des 2 Ânes, et n’oubliez pas : thierryrocher-leblog.com

# [Les derniers articles de Thierry Rocher]

Patrick FONT - Souvenirs d'un cowboy d'opérette