L’auriez-vous su ?
Par Ze Fred , le 25 juin 2013

La crotte-nique à Ze FRED

Moi qui croyais être le seul, en ce bas monde, à écrire des « Le saviez-vous ? », j’ai découvert avec stupeur, en écoutant France Intox, que d’autres avaient piqué mon idée. Pour les faire chier, je vais donc changer l’intitulé de ce bout de crotte-nique…

Sinon, chers lecteurs, la semaine prochaine : Dernière édition du « Troquet du troc »…

L’auriez-vous su ?

Eugène Placébo est peut-être celui qui aurait pu sauver le genre humain, s’il n’avait pas été bannit de l’ordre des médecins. Placebo veut dire, en latin : « Je plairai », sauf qu’Eugène était un ermite, un cynique à la Diogène. Il faisait tout pour être détesté par le plus grand nombre. C’est ce qui le rendait attachant. Un jour, lassé de voir des malades revenir consulter pour de l’urticaire géant, de la chiasse, des troubles de l’érection et autres effets secondaires provoqués par des médicaments prévus pour soigner le rhume des foins, il se mit à prescrire des pilules qui ne soignaient rien mais qui avaient la vertu de guérir. On le vit acheter des tic-tac à l’anis, à l’orange et du sirop de menthe. Il pris soin de mettre tout ça dans des petits flacons pour que ça ait l’air de vrais médicaments. Ainsi, des centaines d’allergiques, d’insomniaques, de migraineux et de diarrhéeux furent, non seulement, totalement guéris mais débarrassés de leurs troubles secondaires.

Les pharmaciens des environs, voyant leur clientèle diminuer de façon fulgurante, enquêtèrent et découvrirent le « pot aux roses ». Ils parlèrent, alors, de supercherie Placébo. L’ordre de médecins, créé par son altesse le maréchal, en 1940 et régi par le serment d’Hypocrite, priva Eugène de l’exercice légal de la médecine. Lors de son procès, on a pu entendre ceci :

« La justice : Monsieur Placébo, avez-vous conscience d’avoir escroqué des centaines de patients et de leur avoir menti ?

-Placébo : Evidemment ! Et j’en suis très heureux et très fier ! Puisqu’ils vont bien !

-La justice : Vous rendez-vous compte de la gravité ou plutôt de la légèreté de vos propos ?

-Placébo : Evidemment ! Sinon, je ne les aurais pas balancés ! Je ne suis pas un escroc car les tic-tac, je les leur donnais ! Il vaut mieux un bon mensonge qu’une mauvaise vérité. De plus, c’est les toubibs et les pharmaciens qui se plaignent, pas les patients. Pendant que je guéris, mes collègues, eux, transforment des enrhumés en zombis qui pissent par le cul et qui ne bandent plus. Je le dis tout haut : Les charlatans sont ceux qui prescrivent les comprimés des empoisonneurs de l’industrie pharmaceutique ! En vous débarrassant des hémorroïdes, ils vous vendent, à votre insu, un cancer de l’anus. L’escroquerie, c’est ça !

-La justice : Vous prétendez, donc, que la médecine ne sert à rien !

-Placébo : Exactement, c’est de la merde ! Rien n’a changé depuis « le malade imaginaire ». J’ai cessé d’être malade lorsque je me suis souvenu que ma grand-mère me filait un bout de sucre d’orge, chaque fois que j’avais mal au ventre ou à la tête… »

C’est ainsi qu’ Eugène Placébo fut chassé de France et retrouva la Calabre de ses ancêtres. Ce qui est certain, c’est que beaucoup de médecines parallèles utilisent sa méthode. L’important est que chacun invente sa propre médecine…

Les courtes à Ze :

-Qui manie bien le bilboquet, peut planter son poireau à la pleine lune.

-Eté chez les scouts, turlute au mois d’août.

-Qui prend un albatros pour un planeur, peut faire du cheval sur une autruche.

 

par Ze Fred

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