Le bonheur est sur les planches (part.4)
Par Patrick Font

FONT a de la mémoire

Mais c’est pas tout ça, comme on dit dans les milieux bien informés. La guitare, c’est bien joli, mais il y a les études. Or les études, ça m’attire autant que le cycle de l’Avent ou la confection des rustines aux usines Michelin. Et je sais que je ne retrouverai jamais le climat du collège Saint-Just, de Lyon, sur la pente ouest de la colline de Fourvière, rue des Macchabées. Une année scolaire (55-56) où brillaient l’intelligence, l’humour, la connaissance, sous les ailes des anges qui ne nous emmerdaient pas avec les principes religieux.

Pour rester avec les saints, on m’inscrit à Saint-Roch, près du jardin des Tuileries. Une horreur. Dirigée par un être courtaud, bedonnant, dont la formule favorite était: »Quand on sait bien balayer les escaliers, on sait tout faire ». Ainsi nous confiait-il les joies du ménage, histoire d’économiser une bonne à tout faire. Cette école est censée enseigner tout ce qui concerne la TSF. Nous apprenons plein de trucs relatifs à la radio, sans rien en retenir. Pour les soudures, ça va, mais ça ne mène nulle part, les fils se baladent partout, l’atelier est un fameux bordel, le directeur fait office de prof en mal de connaissances, et lorsqu’il est appelé on ne sait où, il se fait remplacer par le concierge qui fait office de surveillant. Physiquement, c’est Louis de Funès dans  » La traversée de Paris ». Oralement,   c’est une suite de trouvailles du genre:  » Il a plu hier « . Cette année scolaire d’une platitude parfaite est néanmoins pimentée par les chansons de Bécaud, Aznavour, Mouloudji, Trenet, Béart, Ulmer, Bourvil, Presley, Sinatra, Armstrong, Doris Day, Salvador, C.Sauvage, Belafonte, les Compagnons, Brassens, Lemarque, Ferré, Brel, Leclerc, et j’en passe des wagons.

L’occasion de chanter en public me sera donnée à Lourdes. Ben oui, pour le centenaire des apparitions. Cette opportunité n’est pas donnée à tout le monde.

Après OMO, ecce homo, hu ! hu!…

Fidèle à mon esprit pervers, à mes regards qui déshabillent, à mes désirs d’entrecuisses féminins, à ma vénération du Nichon, à mon adoration de la Tendrefesse, je m’autorise la contemplation des brancardières qui sillonnent la ville-basse dans leurs blouses blanches et tranchent sur les commandos d’abbés en robes noires. Avec deux copains, on déambule dans la rue principale, celle qui expose mille Vierges au mètre carré, quand une petite tape sur l’épaule m’invite à regarder la personne qui me suit. C’est une soeurette, une charmante bonne soeur mignonne comme un chérubin de Bouguereau, peintre romantique du XIX° siècle, et quasiment tombée du ciel pour mon plus grand plaisir. Visage souriant, joues qu’on voudrait embrasser, elle me dit, avisant ma guitare:

-Vous êtes musicien ?

Même réponse que pour la caravane OMO, non, enfin oui, j’accompagne des chansons.

-Oh…Vous ne viendriez pas chanter cet après-midi à l’hôpital pour les malades ?

-Ben si, avec plaisir.

Plaisir de la revoir très vite, mais comment une si jolie fille peut-elle s’orienter vers un tel destin…Rien qu’avec son visage, elle pourrait accéder à n’importe quel secrétariat et tiens, se marier avec un rupin des hautes quartiers, moi je la demanderais en mariage si j’avais plus de seize ans, et lui ferais plus d’enfants qu’elle n’en souhaiterait. Mais bon, chacun sa route et tant pis si elles ne se croisent pas. Je l’oublierai bientôt, la petite soeur de Lourdes.

SPECTACLES. 26 MARS A TOULOUSE ‘CHEZ TA MERE ». 28 ET 29 MARS A FORCALQUIER « CHEZ LULU », DANS CALAMITY JANE, LE PROCES.

Prochain album
Voici en avant-première la première chanson du 7 titres « L’épouvantail et l’hirondelle » de Patrick Font qui sortira prochainement !

à très vite pour en savoir plus

par Patrick Font
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