Le Bonheur

par | 14 Jan 2020

Thierry ROCHER renvoie la censure

En ce début d’année 2020, quoi de mieux que de revenir sur le sujet qui avait servi de base à ma dernière chronique de 2019 sur Paris Première: « Les Français sont-ils heureux ? »

S’il n’y a pas de grandes réponses, il y a de vraies questions.

A force d’entendre les gens se plaindre sur leur sort, on peut se poser la question. Avant tout, il s’agit de savoir ce qu’est le bonheur et ensuite où le trouver. Je me suis interrogé avec un de ceux qui s’est posé le plus de questions à ce sujet, le chanteur/penseur Christophe Mahé. Combien de fois l’ai-je entendu demander: « il est où le bonheur, il est où? » Je l’ai entendu aussi dire: « il est là le bonheur, il est là. » D’accord, mais quand il est là, il est où?. Ce sera aujourd’hui une chronique à portée philosophique. 1ère question: qu’est-ce qui rend heureux, si l’on met de côté l’alcool, la drogue ou une bonne andouillette quintuple A? Pour aborder cette question, on constate qu’il y a deux camps: l’éternel optimiste et le pessimiste dépressif. J’entends souvent dire que c’est la privation qui crée le bonheur. C’est pas faux. Regardez les gens qui prennent le métro tous les jours, il suffit qu’il n’y en ait plus pour qu’ils soient heureux de le prendre.

Pour déterminer le bonheur, il y a trois domaines principaux: la santé, l’amour et l’argent. L’amour et l’argent étant complémentaires puisqu’en manque d’amour, l’argent  permet d’en acheter. Mais difficile de dire que l’argent fait le bonheur puisque plus on en gagne plus on est envieux de ce qu’on n’a pas. Je sais, les pauvres n’ont pas ce souci mais les sans-dents ont assez de problèmes comme ça.

Après avoir mené une enquête sérieuse, il s’avère que les gens sont plus facilement heureux quand ils côtoient des gens qui ne le sont pas. Et ça se comprend. On ressent tous le bonheur d’être en vacances quand les autres travaillent ou quand on est chez soi, sur son canapé et que des millions de personnes sont dans les bouchons sur les routes.

Eh oui, ce peut être un petit bonheur, mais le bonheur, si petit soit-il est une chance, d’où l’expression « Au petit bonheur la chance! ».

En cette période, les deux camps que j’évoquais se remarquent facilement dans le fait de croire au Père Noël qui est un signe de bonheur, les optimistes qui y croient toute l’année et les pessimistes qui ont les boules à Noël en se disant qu’il va arrêter d’exister après les fêtes. J’aurais pu aborder le bonheur au travail mais je ne vais pas parler des minorités. Travailler par plaisir, et pis quoi encore ?

Et pour ce qui est de la santé, c’est pas forcément le bonheur. Regardez, Balkany, la Santé, il aime pas tant que ça.

Vous le savez, le bonheur est aussi lié à l’âge. Tenez, pour un vieux, une camomille devant Des Racines et des Ailes, cela frise l’extase, alors qu’avec la même chose, un jeune de 18 ans restera loin de l’orgasme.

Alors pour aborder ce problème un tableau qui permet d’avoir une vision globale, un coup d’oeil sur le classement mondial de la courbe du bonheur, et pour la deuxième année consécutive la 1ère place pour la Finlande et la 24ème pour la France.

C’est édifiant mais comme me disait un ami retraité unijambiste: « avec le temps, j’ai appris à prendre mon pied », ce qui le rendait encore plus heureux qu’avant son amputation époque où il n’arrivait pas à le prendre; il faut, mes amis, cultiver le bonheur et apprendre à le cultiver car comme le dit le célèbre Qi Shi Tsu: «Vivons heureux, vivons couchés, surtout quand on est accompagné.»

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
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