LE COQ DES BRUYERES n°114
Par Anthony Casanova , le 23 juin 2009

FONT répond à CASANOVA sur la nomination de Philippe VAL

« Les copains d’abord » (Brassens)

Anthony Casanova : Monsieur Patrick Font, certains journaux de la presse nationale vous ont contacté ces derniers temps, pourquoi ?

Patrick Font : Ben pour me demander ce que je pensais de la nomination de Philippe Val à France Inter

A .C : D’accord, quels sont les journaux qui vous ont contacté, est-ce que vous les lisez d’ailleurs ces journaux ?

P.F : Non, je ne lis que la couverture. Je ne lis que le gros titre, alors comme ça n’a jamais été un gros titre je l’ai appris par d’autres sources, bien sûr… je l’ai appris par la radio…

A.C : Qui est une source en gros titres

P.F : Oui ben oui

A.C : Et donc quels étaient ces journaux ?

P.F : Les journaux ?

A.C : Oui

P.F : Oh la la  Je suis chansonnier je ne suis pas dénonciateur (rires)

A.C : Vous n’étiez abonné à aucun d’eux ?

P.F : Non, pour l’instant non. C’est vrai qu’on traverse une période pendant laquelle je n’ai pas besoin de caméra, j’ai pas besoin de montre, j’ai pas besoin de stylos j’en ai plein, je n’ai besoin de rien donc je ne m’abonne pas (rires)

A.C : Vous avez bien raison

P.F : Souvent je m’abonne à l’Express, au Point…

A.C : Pour avoir le cadeau qui va avec…

P.F : Pour avoir le cadeau et souvent de très très très  beaux cadeaux

A.C : Qu’on peut avoir pour pas cher

P.F : Oui oui…

A.C : Donc on s’abonne à ces journaux…

P.F : Donc à Minute on a une croix gammée… très belle, qui indique l’heure… (rires)

A.C : Et pas l’Est ! (rires)

P.F : Elle indique l’heure et c’est fabuleux

A.C : Et alors, pourquoi, selon vous ils vous demandent votre avis sur la nomination de Philippe Val à France Inter, qui est tombé le 18 juin ?

P.F : France Inter est tombée le 18 juin ? Ah ben il était temps (rires)

A.C : La nomination de…

P.F : Le jour de l’appel du 18 juin… d’ailleurs j’étais pas encore né, mais je m’en souviens… (rires)

A.C : Vous avez une bonne mémoire… Pourquoi selon vous, ils vous demandent votre avis sur la nomination de Philippe Val à France Inter ?

P.F : Et bien, à question idiote je vais répondre une réponse idiote : Parce que !

A.C : D’accord… (rires)

P.F : Non mais, sérieusement parlant, j’ai travaillé 25 ans avec lui, c’est normal qu’ils s’adressent à moi pour me demander ce que je pense de cette nomination, alors, je peux répondre… D’abord deux choses : quand nous étions au Théâtre de Dix Heures, on a débuté au théâtre de dix heures, dans le programme des chansonniers, on passait pendant vingt minutes tous les deux, ensemble, en duo, puis y’avait le programme habituel des chansonniers, et un jour j’ai dis, je sais pas ce qui m’est arrivé, on était dans la rue à Pigalle, et je lui ai dis « un jour tu verras on fera tous les deux, toute la soirée du Théâtre de Dix Heures, à l’horaire du Dix Heure ». Je sais pas pourquoi j’ai dis ça, il m’a dit « ah bon tu crois ? » j’ai dis « oui, je le sens ». Et puis, quand il a débuté à France Inter, en septembre 1991, et moi aussi d’ailleurs avec « Rien à cirer », lui avec Jean-Luc Hees

A.C : Dans Synergie…

P.F : Lui avec Jean-Luc Hees, et moi avec quelqu’un de normal donc… (rires) Non, mais j’aime beaucoup Jean-Luc Hees, c’est pas le problème, on peut bien plaisanter avec les gens qu’on aime bien, qu’est ce que je voulais dire ? Je sais même plus ce que je voulais dire, alors je vais le dire quand même…

A.C : Vous étiez au Théâtre de Dix Heures…et vous lui avez dit : un jour on le fera et lui en arrivant à France Inter en septembre 91…

P.F : Je lui ai dis : un jour tu seras directeur de France Inter et ça c’était normal parce qu’il avait la voix radiophonique. Il avait l’autorité nécessaire, il était déjà directeur du nouveau Charlie hebdo. Il avait été, et je pensais, et j’ai toujours pensé qu’il était, qu’il avait un âme de patron comme son père, son père était patron aux abattoirs, et lui aussi, après … (rires) Avec tous les renvois qu’il y a eu à Charlie Hebdo, il est normal, qu’il y ait un atavisme, c’est toujours l’abattoir qui revient, je vais un peu vite mais… C’est à cause du cake…(rires)

A.C : On peut préciser aux lecteurs qui ne nous regardent pas…

P.F : Il est très bon, un peu étouffe-chrétien mais bon… (rires)

A.C : Donc vous avez presque une qualité de …

P.F : Je continue, je continue sur ma lancée, vas y Anne sers toi du cake ! Il y a une jeune fille avec nous qui s’appelle Anne et qui est charmante et dont le travail consiste à se couper du cake, c’est pour ça qu’on l’appelle « tranche de cake » (rires) Moi je suis drôle, j’ai toujours été très drôle et donc… ah oui j’en ai déduis que j’avais un tempérament de visionnaire

A.C : Oui là on peut le dire

P.F : Je suis visionnaire, et oui je me suis découvert visionnaire donc à la rentrée je vais ouvrir un cabinet d’extralucide

A.C : D’ailleurs vous faites déjà l’horoscope dans le Coq Des Bruyères

P.F : Oui

A.C : Ce qui prouve une certaine…

P.F : Oui je vois les choses à l’avance, je vais monter un cabinet d’extralucide, un salon exactement, où je ne prends que des femmes parce que je les sens mieux.

A.C : Vous lisez mieux dans les femmes…

P.F : Dans l’âme des femmes, je lis bien oui…

A.C : Et elle se trouve où ? (rires)

P.F : L ‘avantage c’est que ça se lit vite… Parce que y’a rien ! (rires) Et là Anne n’est pas contente du tout, elle avale son cake de travers… Non mais, faut pas croire ce que je pense…

A .C : Et qu’avez vous répondu aux journaux qui vous contactaient ?

P.F : Ah ben j’ai dis que j’en pensais beaucoup de bien, que c’était très bien et que moi je serais bientôt directeur de TF1

A.C : Voilà

P.F : Autrement dit je me suis foutu de leur gueule

A.C : C’était pas une prédiction là ?

P .F : Non. Mais ce que voulaient les journalistes c’est que je dise du mal de Philippe Val. La plupart des questions que je reçois c’est pour le dégommer, c’est pour en dire du mal, ça je le sais bien, j’en ai un peu l’habitude, et moi j’ai pas à dire du mal de quelqu’un qui n’est pas en face de moi. C’est facile de taper dans son dos comme ça, je vais pas dire du mal, on a bossé pendant vingt-cinq ans… Mais la presse est versatile…

A.C : Et aime les choses croustillantes…

P .F : Voilà ! Ce qu’aimerait la presse c’est qu’il y ait une guerre entre nous, une polémique qui n’en finit pas ! Ben non, moi je ne suis pas pour la guerre, si il y a des différends, on les règle, tranquillement, autour d’une bouteille de vin, à la rigueur. Des fois j’ai du ressentiment, oui c’est vrai, dans la conversation il m’arrive d’être un peu sévère, un peu… mais bon enfin de compte, non. J’aime pas aller dans le sens de cette presse qui n’arrête pas d’allumer des conflits, des guerres entre les gens, parce que ça fait vendre, et moi je voudrais que la presse ne se vende plus du tout, parce que c’est de la merde ! Voilà ! Ah ! Ce cake est excellent (rires)

A.C : Il me semble même que vous aviez fait un message vocal sur votre téléphone ?

P.F : Attention, j’ai dis la presse c’est de la merde, sauf Libération

A .C : Ah ! Sauf Libération ! (rires) Mais ce sera dit !

P.F : Non parce qu’il faut dire une chose : c’est que quand j’ai commencé au Théâtre des Deux Anes en janvier 2007, le seul journaliste qui s’est déplacé… d’abord il est venu voir le spectacle c’est assez honnête, qui s’est déplacé et qui m’a interviewé est un journaliste de Libération. Il s’est déplacé, il a regardé le spectacle parce que maintenant on critique des choses, j’en connais certains, qui critiquent des choses qu’ils n’ont pas vu et qu’ils ne connaissent pas. J’en connais un, il est corse d’ailleurs, j’ai oublié son nom… Don Juan je sais pas quoi (rires)

A.C : Mais vous avez mis sur votre messagerie un texte ?

P.F : Oui

A.C : Est ce que vous vous en rappelez ?

P .F : Ben j’ai dis … hein ?

A.C : Vous l’aviez écrit je crois ?

P.F : Non, ça c’est une lettre que j’ai reçu

A .C : Tournez votre feuille ?

P.F : Non ça c’est une lettre : Bonjour Patrick, depuis que j’ai écouté ton premier cd, je mouille toutes les nuits, je passe mes journées en pyjama avec une oreille contre le poste et un doigt dans la chatte.

Anne : C’était moi (rires)

P.F : C’était Anne qui découpe le cake

A.C : Sur votre messagerie vous disiez que vous ne répondiez à strictement aucune question…

P.F : Concernant cette affaire…

A.C : Parce qu’ils ne se sont jamais déplacés, sauf Libé vous l’avez dit, jusqu’à aujourd’hui où…

P.F : Ben c’est à dire que Libé s’était déplacé pour demander ce que je faisais sur scène, j’aime bien parler de ce que je fais pas seulement de cette histoire… voilà. J’ai fais une interview avec Télérama, ça c’est bien passé, la dame était honnête, elle a bien fait son métier…

A.C : Est ce que vous avez lu l’article ?

P .F : J’ai lu l’article

A.C : Qu’en avez vous pensé ?

P.F : Je l’ai trouvé bien, honnête, bien foutu, voilà, enfin elle a rien inventé, elle n’a pas affabulé.

A.C : Elle vous cite deux trois fois je crois dans l’article

P.F : Oui oui oui on s’entendait bien, une brave dame, une gentille dame, en plus c’est elle qui a payé l’addition, et donc déjà c’est à ça qu’on voit la qualité d’une femme, c’est quand c’est elle qui paye l’addition… J’ai pas bu grand chose mais c’est le geste.

A.C : Alors est ce que vous avez d’autres choses à dire sur Philippe Val ou sur le fait qu’il soit à Inter ?

P.F : Et ben, les choses que j’ai à dire sur Philippe Val, Il faut consulter le Coq des Bruyères !

A.C : Bien sûr, vous racontez toutes les semaines « la fantastique épopée de Font et Val ».

P.F : Oui, c’est un besoin parce que beaucoup de gens me demandent des renseignements, comment ça s’est passé etc. ce qui est sympa d’ailleurs, alors je me suis dis un jour, on va y aller, on va essayer de le faire et puis voilà on est au septième épisode je crois… C’est intéressant parce que c’est une aventure extraordinaire. Une aventure de vingt-cinq ans, c’est quand même intéressant de raconter ! J’ai vécu pendant vingt-cinq ans comme un héros de Jules Verne un peu, j’ai navigué de scène en scène, c’est joli hein ? « Naviguer de scène en scène »… Et, qu’est ce que je voulais dire, oui, et puis de restaurant en restaurant, d’hôtel en hôtel sur les routes de France. Moi, pour moi, la géographie de la France, c’est les restos, je sais à quel endroit on mange quoi, et on boit quoi, et ça c’est la meilleure leçon de géographie, le reste c’est des conneries… J’en ai rien à foutre que le Mont Blanc mesure 15000 mètres de hauteur… peut-être un peu moins (rires)… Et que la Seine prends sa source dans le trou de mon cul… Voilà ! Non la Loire, c’est la Loire…

A.C : Oui vous confondez… Est-ce que vous pensez que si les gens vous appellent pour prendre part à cette polémique, c’est parce qu’il a réussi dans la carrière de la chanson avec vous ? Parce qu’on ne peut pas dire que vous ayez eu une carrière ratée !

P.F : Non ben non !

A.C : Qu’il a réussi au sein de Charlie et que là ça énerve de le voir arriver à un nouveau poste sans être passé par comment dire… tous les escaliers…

P.F : tous les stades, tous les stades qui permettent d’accéder à ce poste… Oui ça doit énerver des gens, évidemment… Comme disait un crétin que je ne nommerai pas « ah oui et il vient du music hall » etc. etc. Qu’est ce que c’est que ça veut dire ? Alors on a pas le droit de venir du music hall ? Mais qu’est ce que ça veut dire ? Alors Pierre Dac qui a résisté, à la BBC pendant quatre ans, il venait du music hall ou quoi ? Ben si y’avait pas eu sa voix tous les soirs à la radio peut être que ça aurait manqué quand même !

A.C : Oui bien sûr, bien sûr

P.F : Je dis que c’est pas parce qu’on vient, comme si c’était condamné…

A.C : Comme si ce n’était pas sérieux.

P .F : Comme si ce n’était pas sérieux !… C’est très sérieux de faire de la scène

A.C : Il n’a pas fait d’école de journalisme, d’école de machin, l’école de directeur de France Inter !

P.F : De toute façon l’école de journalisme, ils font l’école buissonnière tous les jours quand on lit ce qu’ils écrivent est-ce que vraiment y’a besoin de passer par une école ? Je comprends qu’un gynécologue fasse des études hein ? Mais non, mais c’est incroyable : école de journalisme ! Pourquoi pas une école de branlette aussi ? (Rires) Pas besoin de ça moi, je me branle tout seul, des fois on est même plusieurs (rires) et à ce propos je vais vous raconter une anecdote (rires). Ecole de journalisme… Tiens ça me fait penser aux écoles de théâtre… Les ateliers théâtre… On pressure financièrement les élèves… parce qu’il faut voir le prix des cours à Paris, je sais pas ailleurs, mais à Paris c’est exorbitant ! Alors on fait monter l’élève sur scène, on lui fait dire un texte anodin, insipide, et le plus chiant possible ! Le professeur, moi ça je l’ai vu ça, le professeur disant « oui mais alors quand tu prononces, quand tu dis « Oui » à ce moment là, qu’est ce que tu fais avec ton corps ? » J’ai entendu ça !…

A.C : Et qu’est ce qu’elle faisait ?

P.F : Et au fond de la salle j’ai dis « moi je pète ! » (rires) et je suis parti… c’est incroyable… Payer cent euros pour « qu’est ce que tu fais, qu’est ce que tu exprimes avec ton corps ? »… Non mais vraiment c’est des conneries tout ça, c’est des conneries… Monter sur la scène, le meilleur prof c’est le public, bien sûr…

A.C : De plus, vous, vous avez eu beaucoup de profs…

P.F : Ben oui, ben évidemment oui… C’est sûr qu’un bon prof d’art dramatique peut donner de bons conseils, mais c’est pas un prof, c’est un comédien. Que Michel Bouquet donne des cours de théâtre alors oui, évidemment, qu’Ariane Mnouchkine donne des cours, je sais pas si elle en donne d’ailleurs, mais oui, François Périer, des sommités, Louis Jouvet a donné des cours, c’était quelqu’un…

A.C : Daniel Gros…

P.F : Daniel Gros mais c’est qu’ils sont tous les soirs sur la scène, ils savent de quoi ils parlent mais les autres branleurs qu’ont tenu un rôle de hallebardier en 1947 en matinée à la Comédie Française, dans Cyrano de Bergerac, je suis désolé… (rires)

A .C : Bon alors, finalement, pour en revenir au sujet de l’entretien, est ce que vous êtes content qu’il y soit, Val, à Inter ?

P.F : Oh ben moi, je suis content quand les gens sont contents, je suis content s’il est content.

A.C : Oui

P.F : Et je pense qu’il est content alors je suis content, comme ça tout le monde est content !

A.C : Ca vous fait plaisir ?

P.F : Oui.

A.C : Est ce que vous vous dites pas que « l’esprit » de France Inter va disparaître de l’antenne, qu’il va chasser tout le monde ?

P.F : Non…

A .C : Que tout le monde a raison d’avoir peur …

P.F : Non mais on verra bien, on verra bien, moi ce que j’espère c’est qu’il passe quelques unes de mes chansons (rires) et quelques uns de nos sketches ! c’est quand même intéressé…

A.C : C’est quand même intéressé oui

P.F : Je sais pas s’il va aller jusque là !

A.C : En tout cas, on pense qu’il va remettre José Artur à l’antenne.

P.F : Parce qu’il y est plus ?

A .C : Non, il y est plus, la direction précédente l’a viré

P.F : Oh merde, ça je savais pas…

A.C : Oui, oui, oui …

P.F : Je croyais qu’il y était toujours moi

A.C : Non, ça doit faire un an qu’il n’y est plus

P .F : Le Pop Club il existe plus ?

A.C : Non, le Pop Club ça fait quelques années, ça doit faire trois ans, après ils avaient fait une émission où Val chroniquait, qui s’appelait « Inoxydable » le vendredi, et depuis l’année dernière, José Artur est parti de l’antenne…

P.F : Ca c’est épouvantable, c’est vraiment dégueulasse… Parce que si y’en a un qui sait faire de la radio… Et en plus c’est un peu grâce à lui si on a débuté ! José Artur, Jean-Louis Foulquier, Pierre Bouteiller et d’autre encore… J’ai pas tous les noms en tête mais José Artur c’est le premier homme de radio avec qui on a fait de la radio… Enfin de la radio, il nous faisait venir dans son émission, on faisait des sketches, des chansons … Et le Pop Club… Vraiment c’est un homme qui n’a pas d’âge, je veux dire, on ne sent pas la prise du temps sur lui… Le temps n’a pas de prise, il a pas de rides… il a pas de rides dans la voix, c’est ça qui… C’est pas mal ce que je viens de dire ? Hein Anne ? (rires)

A.C : Et donc est-ce que vous pensez, pour une dernière question, à moins que vous ne vouliez que l’on continue… pour une dernière question, est ce que vous pensez que pour être directeur de France Inter, il valait mieux chroniquer dans « Synergie » que dans « Rien à cirer » ?

P.F : Ah ! Ben alors ça j’en sais rien du tout ! C’est pas la même chose, « Synergie » c’était une émission un peu sérieuse, où on pouvait se permettre de dire des choses sérieuses. « Rien à cirer » c’était une émission dans laquelle il fallait faire rire, comme un spectacle, d’ailleurs c’était un spectacle ! Y’avait 400 personnes, tous les dimanches, et ces gens là, fallait les faire marrer. S’agissait pas de leur balancer des choses sérieuses, l’exercice était difficile. Je pense que ce que je faisais moi était plus difficile que ce qu’il faisait. On dit toujours « c’est plus facile de faire pleurer que de faire rire » et ça c’est vrai. Parce que quand il faut se taper trois textes par semaine, trois textes de cinq minutes, en se disant « faut absolument que ce soit drôle »  c’est quand même pas facile, mais c’est une excellente école.

A.C : Vous, vous aviez eu une école de vingt-cinq ans avant…

P.F : Oui oui … mais ça je ne remercierai jamais assez Laurent Ruquier de m’avoir engagé dans cette émission… Et de m’avoir laissé m’exprimer en totale liberté. Ce que je souhaite c’est que… Philippe Val a beaucoup souffert de la censure comme moi. Il a souffert de la censure au collège religieux depuis le cours préparatoire, il sait ce que c’est que la censure et j’espère qu’il va la combattre, qu’il va faire en sorte que les gens puisse s’exprimer librement, c’est vraiment ce que je souhaite…

A .C : Il avait même était viré de France Inter à l’époque…

P .F : Oui à l’époque où je suis entré en Formule 1

A.C : Je ne sais pas si c’était à cette époque là, en tous les cas ça n’avait aucun rapport.

P.F : Non, mais c’était en automne, en automne 1996… Pendant trois mois…

A.C : Et Hees l’invitait à faire une chronique. Il n’était pas payé mais venait quand même.

P.F : Il a été évincé

A.C : Voilà, mais Hees l’a soutenu donc…

P.F : Ah oui, il l’a toujours soutenu. J’espère qu’il sera, qu’il se fera le champion de la liberté d’expression, j’espère, parce que s’il ne le fait pas c’est un peu dommage… Et y’a beaucoup à dire sur la liberté d’expression à la radio à l’heure actuelle… qui a pratiquement disparu… Quand je pense à ce que l’on racontait dans les années 90 dans « Rien à Cirer »  et ce qu’on entend aujourd’hui… A part Didier Porte ! Alors ça c’est un miracle, lui c’est le miracle mais les autres… les autres… Alors y’a deux choses aussi : y’a la censure, officielle, et puis y’a beaucoup plus grave que ça : c’est l’autocensure : l’individu qui se dit : « si je dis ça, je n’aurais pas accès à la télévision »

A.C : Ou à la radio en l’occurrence…

P.F : Ou à la radio etc. Parce que le cheminement classique d’un comédien, d’un auteur, en ce moment hein, c’est café-théâtre, radio, télévision, cinéma, et pour finir, ANPE, et là enfin il réussit (rires)

A.C : Pour finir, puisque vous aviez prédit que vous feriez le Dix Heures et prédit que Val serait à France Inter, est ce que vous avez une dernière prédiction pour conclure l’entretien ?

P.F : Oui, on va manger des gnocchis !

fontcasanova-arc

Patrick FONT et Anthony CASANOVA

Patrick Font et Anthony Casanova tiennent à remercier Anne d’avoir dactylographié l’entretien, et Denis Zavarise pour l’avoir organisé.

Petit impromptu

Par Jean Patrick DOUILLON

Légiférons :

Fêtes des Pères, Fêtes de la Musique, Fête des Auteurs Réunis, BAC Philo, ce ne sont pas les sujets intéressants qui manquaient cette semaine. C’est pourquoi j’ai choisi de vous parler des femmes ! Parce que les pauvres, en ce moment, elles morflent… On pensait que les humiliations les obligeants à porter des cabines de bain grillagées n’aurait pas court dans la patrie de Simone de Beauvoir et nous voilà obligé de légiférer sur la Burqa ! Et tout ça pourquoi ? Parce que le gouvernement est prévoyant : Vu qu’il vient de légiférer contre le port de la cagoule dans les manifs, ils se disent : Si on n’interdit pas la Burqa, ils vont tous venir manifester comme ça à la rentrée ! Le pire c’est qu’il n’y a pas que l’intégrisme religieux qui menace la femme. Il y a aussi la fourchette de barbecue ! Figurez vous qu’à Sarreguemines, un homme a été mis en examen pour tentative d’homicide sur sa compagne… A coup de fourchette de barbecue ! Faut le faire… Franchement, qu’est ce qu’elle foutait avec un mec pareil. Faut être vraiment « piquée » pour se faire « braiser » par ce genre de type ! Heureusement, en attendant de légiférer sur l’interdiction de la fourchette à barbecue, le gouvernement prépare un projet de loi pour protéger les épouses des violences verbales ! Vous avez peut être vu le spot à la télé ! Le harcèlement moral entrainant inexorablement de la violence physique, il va falloir arrêter d’insulter bobonne à la maison car sinon elle pourra porter plainte. Connaissant le féminisme militant qui règne dans les commissariats de police, j’imagine la scène :

– Bonjour, Monsieur l’agent, mon mari m’a traité d’idiote ?

– Et alors connasse, qu’est ce que tu veux que ça me foute !

Mais bon, la loi c’est la loi et il faut la respecter. Alors, comme on ne pourra bientôt plus se moquer de son épouse, il va falloir trouver des astuces. Et si j’étais vous, messieurs, je commencerai de suite l’entrainement. Pour se faire, je vous livre quelques combines pour ne pas être soupçonné d’injure morale :

– Ne la traitez plus de grosse. Dites lui : Tu ressembles de plus en plus à Isabelle Adjani !

– Ne lui rabâchez plus à longueur de journée : « T’es nulle ! ». Appelez la : « Laure Manaudou » – Et au lieue de lui dire : « Va te faire foutre », invitez Dominique Strauss Khan à la maison !

Et si vous pensez que vous n’y arriverez pas, messieurs, au lieu de vivre avec une femme, vivez avec une chienne au moins si elle a des bébés, vous ne serez pas obligé de les garder !

Et toujours : http://lesrenesaconcouillargues.midiblogs.com/

Jean-Patrick Douillon

Jean-Patrick Douillon

La fantastique épopée de FONT et VAL

Par Patrick FONT

Episode 7

A l’exception d’une soirée, les spectacles morvandiaux se sont bien déroulés. Dans des petites salles des fêtes, un restaurant, une école, une salle paroissiale, un cabaret à Auxerre, et quelque part dans la campagne ou pas un client ne s’est présenté.

Attendre le public en arpentant le trottoir et ne rien voir venir, c’est assez déprimant. Et il nous faut déployer toute notre imagination pour trouver le moyen de plaisanter. L’un de nous propose de faire la queue devant le guichet pour appâter le chaland mais la rue du village devient obstinément vide. Comme si une bombe H était tombée sur la commune. Un silence digne d’Oradour-sur-Glane un jour de fête… Bon Dieu, les gens se seraient donc ligués pour un étrange boycott ?

Enfin, une silhouette apparaît, loin là bas sur le trottoir ; C’est le propriétaire de la salle.

_ Eh ben les gars ! vous z’avez plus qu’à aller voir le match !…

Le match.

C’est probablement ce soir là que naquit notre aversion pour le foot. Et ce soir là, nous apprenons qu’il est hasardeux de programmer un spectacle un soir de match. A l’évocation du mot « match », Val élève les bras jusqu’aux étoiles en gratifiant le monde sportif de tout ce que le vocabulaire contient de mots délicieux qui chient à l’oreille, pour notre plus grand soulagement. Puis les guitares réintègrent les housses, et nous filons vers le premier bistrot encore éclairé, à Saulieu. Là, la bonne humeur reprend ses droits, shootée par les bières et la fumée des Celtique (cigarettes brunes, épaisses au goût merveilleusement ocre qui n’est pas sans rappeler les effluves du port de Cancale à marée basse, et contenues dans un splendide paquet bleu outremer à lisières jaune vif).

C’était les années soixante dix

On courait devant la police

Qui nous faisait éternuer

On avait le cœur campagnard

Plus tout à fait soixante-huitard

Pas encore tout à fait rangé

On avait la fleur au fusil

Et la guitare au pied du lit

Où l’on pourrait faire des gamins

Qui grandiraient sur les cailloux

En menant à l’abri du loup

La chèvre de Monsieur Seguin.

On nage dans les courants utopiques, pénétrés des articles de Fournier dans Charlie Hebdo. Le grand rêve communautaire se lève derrière les collines du Lubéron, plane au flanc des Pyrénées, envahit le sud de la France où il fait bon vivre en sandales et la bite au vent. On se dit qu’une page de l’histoire est en train de se tourner. Personne ne pressent qu’elle tournera mal. Philippe et moi injectons dans nos chansons ce plaisir de déplaire aux chantres de la société industrielles, inconditionnels de la pharmacie et du nucléaire.  A quoi viennent se joindre d’autres chevaux de batailles : l’antinucléaire, l’opposition à la peine de mort, le soutien aux objecteurs de conscience, et l’anticommunisme primaire. Sur ce dernier point, je le dis non sans fierté, nous sommes alors les seuls à fustiger le drapeau rouge des lendemains qui chantent. Tout ce qui sent le communisme nous pue au nez. Et cette aversion s’amplifiera au fil des ans. Mais dans le monde du spectacle, il est malséant de taper sur le groin des suceurs de Staline. Il est malvenu de traiter les meurtriers d’assassins. Colette Magny, la chanteuse de blues aux opinions bien tranchées, déclare sur France Inter : « Les goulags n’ont jamais existé ! ». Jean Ferrat poursuit ses tournées triomphales sur les scènes où Georges Marchais lâche ses odes aux travailleurs. Et tout une litanie d’auteurs-compositeurs, pétrie d’antiaméricanisme, se repaît des relents culturels venus de l’Est par la voie des tanks russes. Alors évidemment, nous, dans ce marigot de populisme bêlant, on fait figure de réactionnaires. Cependant qu’aux yeux de l’extrême droite, nous faisons office de « pacifistes de cabarets ». Méprisés par l’Humanité et Minute, nous avons tout lieu de nager dans le bonheur ! Certes communistes et fascistes nous le feront payer, et, pour ce qui me concerne, payer au centuple quand je serai incarcéré en été 1996. Tu parles d’une aubaine !

Font et Val CD - Autogestion

Font et Val CD - Autogestion

Les extrêmes se touchent, mais ils n’en tirent aucun plaisir

Par Christophe SIBILLE

Bon, il fait beau, nous sommes jeudi, 15h, et je suis là, comme un idiot, à laisser vagabonder mon imagination embourbée dans la crève. Que dites-vous, Hélène ? Il faut bien gagner sa vie ?  Hein hein hein, elle est bien bonne ! Quel humour ! Vous devriez faire de la radio, vraiment ! Je connais une petite station assez sympa, pas très loin d’ici, dans un pays très plat, aussi plat qu’un plat…

Justement, j’ai entendu une phrase, l’autre jour, à la radio ! Ben oui, ne me regardez-pas comme-ça, Hélène, Sylvain, Benoît, tout arrive ! Que signifie cet air incrédule autant que catastrophé, qui n’est pas sans évoquer celui de Dominique Strauss-Kahn qui aurait, par erreur, mis sa main dans le short en cuir de Bruno Gollnish en croyant que c’était la culotte petit bateau de Rama Yade, de Nicolas Sarkozy confondant le triangle noir de Carla avec la moustache de José Bové, voire de Jacques Chirac surpris par Bernadette en train de se faire faire un anilingus par le jardinier des Hariri. Je vous laisse apprécier l’insoutenable lourdeur de lavoir, (du verbe nettoyer, je précise pour les auditeurs qui ne sont pas équipés d’un sous-titreur)) de ces métaphores.

Vous insinuez quoi ? Qu’en dehors de notre antenne, que notre auditrice s’arrache, il n’y a aucun autre havre de culture Hertzien digne de ce nom, et où des phrases complètes soient prononcées? Que l’état chronique de mes neurones fait que je ne suis en général pas capable, en entendant la fin d’une phrase, de m’en souvenir du début ? D’ailleurs, qu’est-ce que je disais, déjà ? Non, rien !

Ah, si, ayé ! On dit : » se rappeler le », « se souvenir de » ! Parfaitement ! Pas la peine de protester ! Mais on dit : « du début », pas « de le début » ! Faut tout faire, ici !

Mais attachons-nous plutôt au fond, comme on dit au parti socialiste pour éviter de remonter. Non, Hélène, vous avez raison de les défendre, j’exagère. Au PS, on n’a jamais dit qu’il fallait s’attacher au fond ! On l’a fait ! Et on continue ! Avec des double têtes de noeuds, même que ! Regardez-les, ils sont en train d’organiser des primaires pour la présidentielle de 2012 ! Manuel Valls est candidat ! S’il se présente, je vote noir ! Mais non, pas Michel ! Il est mort et, en plus, il est à l’UMP ! Que dites-vous, Sylvain ? Oui, je suis d’accord avec vous, c’est à peu près la même chose !!! Si Manuel Valls se présente, je vote blanc, je voulais dire ! Mais non, pas Michel non plus ! Haha ! Qu’est-ce que vous avez, avec les Michel : « Michel, Michel, Michel », ça vous rappelle quelque chose ? La scène finale de « Jeux interdits »… Brigitte Fossey… Je le dis pour nos lecteurs, qui n’ont pas le ton sur leur clavier… Pourquoi pas Michèle Mouton, hein ? Ou Michel Berger ??? Michel Berger, vous vous souvenez ? Pour une fois que le sport rendait service à la musique, on ne va pas bouder !!!  Ca, c’est drôle, non ??

Et voyons quelle était cette phrase que je vous disais avoir entendue ; elle traitait de la situation au Proche-Orient, et disait à peu près, non, elle disait exactement : « les extrémistes ne veulent pas de la paix ». Ca, ce n’est pas con ! J’adore ! Ca fait penser à François Rollin, l’humoriste pas drôle, quand il dit, fort justement, pour le coup: « on peut rire de tout, pourvu que ce soit drôle ». Mais non, ne rigolez pas ! Ce n’est pas drôle ! Ces deux phrases sont extrêmement profondes, sous leur air légèrement tautologique ! Mais non, Benoît, arrêtez de ricaner, une tautologie, ce n’est pas une histoire de toto qui rentre à la maison ! Putain, il faut VRAIMENT tout faire, ici !

« Les extrémistes ne veulent pas la paix »… Hé non… Je vous laisse apprécier la portée de cette affirmation. Quand le fait d’avoir un Magnum 330 décapsulé   au bout du poing te procure un début d’érection, que… pardon, Sylvain ? On ne dit pas : « décapsulé », pour un Magnum ? Merde, c’est mon inconscient qui parle, c’est vrai que le tire-bouchon est la seule arme de destruction massive dont je sache à peu près me servir… On ne dit pas un magnum 330, mais 357 ? J’ai confondu avec l’Airbus ? Non, j’ai oublié de compter la TVA, c’est tout ! En fait je dois être vraiment pollué par l’actualité…

Je reprends… Où en étais-je ? Ah, oui, …te procure un début d’érection, quand avoir une grenade dégoupillée… Là, ça colle ? Merci… te fait mouiller la culotte, quand défourailler à la mitrailleuse sur un troupeau de civils effaré te procure le premier vrai orgasme de ta pauvre existence, oui, en vérité, je vous le dis, car je ne suis pas l’inventeur de l’expression : « tirer un coup »,  comment veux-tu accepter l’idée d’une vie dans laquelle tu sois obligé de rentrer chez toi à dix-neuf heures pour te taper les disputes de tes gosses et la grève du plumard de ta femme ? Ou l’inverse, si tu es un admirateur de Marc Dutroux ?

C’est vrai, quoi, ne soyez pas égoïste ! Pensez un peu à Khaled Mechaal, merde ! Le Führer du Hamas… miettes! Il devient quoi, ce pauvre homme, si la météo se calme sur la bande de Gaza, que les palestiniens finissent par avoir un sam’suffit rien qu’à eux, et que les agentes du Mossad se mettent à tailler des pipes aux terroristes du RRRRRRRRRRRhamas ton jeu? Il ouvre une boucherie Hallal dans le dix-neuvième ?

Et si un jour la gauche passe avec un vrai programme, et que les profs gagnent plus d’un dixième du salaire des traders, il fait quoi, Besancenot ? Dame pipi au Fouquet’s ?

Allons, redevenons sérieux ! Et voyons ensemble, mes biens chers frères avec un peu de sœurs, faut pas déconner, cette deuxième phrase : « On peut rire de tout ce qui est drôle ». Tiens, à ce propos, vous voulez que je vous parle de mon régime alimentaire ? Non, je m’en doutais ! Juste pour vous dire, quand même, que je n’ai droit qu’à un seul aliment, alors, vous pensez ! Mais vous devriez essayer, Sylvain ! Si, si, je vous assure, l’ail, c’est vraiment une panacée ! Si, comme moi, vous êtes chargé à longueur de journées par des hordes de groupies surexcitéé – e – s, c’est même carrément magique ! Vade retro, Satanas !  D’ailleurs, depuis que j’ai commencé, je peux aller faire mes courses au supermarché tranquillement ! Qu’est-ce que vous dites ? Avant aussi ? Mais comment le savez-vous ?

Bon, puisque c’est comme ça, c’est la dernière fois que je passe mon après-midi  à la terrasse du café des halles, à ne rien faire d’autre qu’écrire cette chronique. Si, à regarder passer les filles. J’aime regarder passer les filles. Et les fixer longuement. Dans les yeux. En me léchant les sourcils.

Christophe SIBILLE

Christophe SIBILLE

Les brèves du Coq des Bruyères

BRÉVOUNETTES  de DOUILLON

Crise :

Entre 1500 et 3000 emplois menacés chez Michelin ! 3000 Emplois supprimés dans le pneu, ça va être difficile d’en rechaper !

State :

Au palmarès des lois les plus idiotes d’Amérique, un décret est paru cette année en Floride où il est désormais légal de faire l’amour avec un porc épic! S’ils vont dans cette région, madame Borloo pourra donc faire l’amour avec son mari !

Mains en l’air :

En Allemagne, des malfaiteurs se sont introduits dans un club échangistes pour détrousser les personnes présentes qui étaient en plein ébat ! On espère qu’ils ont pas crié en arrivant : « Les bourses où la vie ! » Quand aux membres détroussés, c’est la première fois qu’ils sortaient du club plus raides que quand ils y étaient entrés.

Bac Philo :

Cette année encore, plusieurs sujets très drôles à traiter !

Que gagne t’on à échanger ? – Avec son banquier : RIEN !

Y a t’il des questions auxquelles la sciences ne peut pas répondre ? – Oui : A quelle heure on mange ?

Le développement technique transforme-t-il les hommes ? -Bien sur, sans développement technique l’homme n’aurait jamais prononcé des phrases du genre : Mais putain de bordel comment ça marche cette merde ?

Le langage trahit-t-il la penser ? – Non, surtout si on ne pense pas grand-chose et qu’on ne dit rien.

Est-il absurde de désirer l’impossible ? – Non tant qu’il est possible de désirer l’absurde !

BREVES de SIBILLE

Un crocodile a été aperçu dans un étang des Vosges. Ceux qui s’inquiétaient de ne plus entendre parler de Philippe Seguin sont rassurés.

Pour sa défense concernant ses propos sur le manque de « blancs » sur le marché d’Evry, Manuel Valls déclare être contre tous les ghettos. Et il ajoute : « d’ailleurs, mon épouse ne me cuisine que des ghettos au chocolat. Blanc, évidemment. »

EDF lance un emprunt à 4,5%. Les futurs irradiés applaudissent des douze mains.

Les footballeurs iraniens arborent le brassard vert de l’opposition pendant un match ; Daniel Cohn-Bendit va-t-il faire partie du mercato des entraîneurs ?

Le greffé du visage est mort ; du coup, Brice Hortefeux, malgré les exhortations qui lui viennent de partout, hésite à passer sur le billard.

« Il faut réformer le parti socialiste en profondeur », déclare Martine Aubry ; « en profondeur ? Il suffisait de demander », répond DSK.

Les manifestants anti-Ahmadinejab défilent aux cris de : « mort au nain ». Même si on vote globalement aussi mal en France qu’en Iran, on y est quand même plus policés que dans ces pays de sauvages !!! C’est vrai, le nain, on ne veut pas qu’il calanche, on veut seulement qu’il se casse!

« Repousser l’âge de la retraite n’est plus un tabou », déclare François Fillon. Il serait temps qu’on prenne conscience que foutre l’UMP dehors à grands coups de pied dans l’arrière-train ne l’a jamais été.

Le premier homme greffé de la bite et des deux avants bras vient de mourir d’une overdose de branlette.

Zébulon a été tué aux obsèques d’Omar Bongo… Tiens, c’est contagieux ?  Ah, merde, non, sacrée méthode globale de lecture ; il fallait lire : « Zébulon a été hué aux obsèques d’Omar Bongo ».

Le greffé des deux mains est mort ; quand on vous dit qu’il y a de moins en moins de bras au Parti Socialiste, on n’invente rien !

Un lycée hôtelier pour mal voyants vient d’ouvrir, à Toulouse. On parle de recruter Gilbert Montagné pour y donner des cours de cuisine électorale.

Le patron de British Airways demande à ses salariés de travailler à l’œil pendant un mois. On ne sait pas si, en échange, il s’engage à sauter avec son parachute doré.

Woody Allen rêve de tourner un film avec Carla Bruni.

Vous avez vu, vous, ces collégiens masqués à l’hôpital de Toulouse ? Quoi, la grippe du cochon ? Allez, pas d’histoire, au gnouf, les encagoulés !

Des requins près des côtes bretonnes. Ils ont beau montrer les dents, ils  n’arriveront jamais à piquer le club Med à Bernard Tapie.

Le budget de l’Elysée augmente sept fois plus vite que celui de l’état. Avec ce train de vie d’enfer, on espère au moins que les sondes Pitot du vibromasseur Gucci de Carla ont été remplacées.

Manuel Valls exige que la photo en noir et blanc figurant sur sa carte d’identité soit remplacée par une photo en blanc seulement.

Michelin n’arrive plus à vendre ses pneus, et envisage de licencier. Le PDG, prêt à dire n’importe quoi, aurait même déclaré que les chambres à air n’ont jamais existé.

Je suis dans UBU ROI jusqu’au cou !

Par Eric MIE

Je dois vous avouer, amis lecteurs, que je n’ai pas trop le temps, en ce moment, d’écrire des articles. Je suis dans UBU ROI jusqu’au cou. Et je passe dans tous les états qu’un comédien connaît quand il est dans la création de son personnage: doute, angoisse, bonheur, frustration, peur etc. C’est génial et déprimant tour à tour… En tout cas c’est bizarre. Quel drôle de métier… Ubu est un personnage très complexe. On doit le jouer bête, enfantin, sans psychologie (comme une grosse marionnette absurde et scatologique) mais aussi pervers, tyrannique et cruel. Il doit être à la fois Hitler, Pinochet, l’ogre des contes, Pantagruel, Averell Dalton et un peu le bonhomme ignoble qui est dans chacun de nous… Enfin bref ce n’est pas de tout repos. Et je retombe souvent dans les archétypes des personnages que j’ai déjà joués car UBU est aussi un peu Charles Quint, Brighella ou Casquette (personnage de clochard naïf imaginé pour le premier spectacle de Lobo & Mie : « Son de Cloche » en 1992). Et c’est ça qui me déprime aussi… Heureusement le metteur en scène Rémi Barbier est un grand chef d’orchestre et il arrive à extraire de moi des brides d’un personnage alors inconnu de Mie. Et je sais que c’est lui, que c’est UBU. Et c’est dans ces moments là que je jubile, que je suis heureux… Mais il repart vite le bougre… Je suis à sa recherche en ce moment…

Voilà pourquoi je ne vous écris pas.

Eric Mie

Eric Mie

L’Horoscope de la semaine

Par Patrick FONT

Scorpion :

Etudions d’abord ce qu’en dit l’horoscope du quotidien « Aujourd’hui’, dans le quel je puise 0,35% de ma culture, mais avec lequel je ne m’ennuie jamais, ne lisant que le gros titre de la Une. Tu comprends, si tu achètes Le Monde, Le Figaro ou Libé, tu te sens contrait d’en lire une bonne part, vu que l’achat de ces journaux t’élève au rang des gens studieux qui se doivent de lire, quitte à se faire chier. Donc, dans Aujourd’hui, voici ce qui est dit concernant le scorpion :

« Cœur : Quelques problèmes

Réussite : Vous allez enfin vous libérer d’une préoccupation majeure »

Ce qui veut dire en clair : « Vous allez divorcer ». Mais on ne saurait, dans un quotidien tel qu’Aujourd’hui, battre en brèche l’institution du mariage, qui est le ciment de notre société. Libérez tout le monde, et ce pays devient ingouvernable. Supprimez le mariage, c’est toute l’industrie du canapé qui s’effondre. Faut pas déconner.

« Forme : bonne »

Là, il faut oser. Bravo à la pythonisse (quel est le masculin de pouffiasse ?) qui fit aux scorpions que sa forme est bonne. Car cela revient à dire aux Scorpions cancéreux, paralytiques, trisomiques, lépreux, qu’ils sont en pleine forme. Moi je veux bien et je m’en réjouis, mais un doute m’assaille : les horoscopes ne seraient-ils pas de sinistres conneries ?

Patrick Font

Patrick Font

En sus

Quelle mouche a donc piqué France 2 ce soir de mai à 20H30 ? J’ai encore du mal à y croire. « La reine morte », d’Henry de Montherlant, jouée par des comédiens et comédiennes dont rêvent tous les auteurs dramatiques dignes de ce nom ! Une pièce écrite à la plume d’or, tenue par les doigts d’un génie dont nul ne parle plus aujourd’hui, sauf quelques attardés dans mon genre, qui se nourrissent toujours d’œuvres soi-disant démodées, dépassées, obsolètes.

La reine morte. Un morceau d’Histoire vraie, des intrigues politiques autours d’un dauphin portugais qui épouse celle qu’il aime, au détriment de l’infante de Castille, qui ne se laisse pas marcher sur les pantoufles, des projets de meurtre, un conseiller royale plus lèche-cul qu’un ours devant un pot de miel, bref, c’est presque un film d’aventures, avec naturellement des dialogues ciselés par le grand écrivain dont on ne parle plus aujourd’hui. Merci France 2, et remettez nous ça !

P. FONT

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