Le foot ne rend pas con
Par Thierry Rocher , le 21 mai 2013

Thierry ROCHER renvoie la censure


Après les violences du Trocadéro, à Paris, pour fêter le titre de champion de France des Qataris, et celles du péage de Bollène samedi 18 mai, certains se posent la question : est-ce que le foot rend con ? Eh bien, chers lecteurs, après un examen approfondi des Ultras du PSG, exclus de stade, et de groupes de supporters ayant arrêté leur suivi psychiatrique, je suis en mesure de l’affirmer, c’est non ! Par contre, je n’ai pas encore la réponse à la question : est-ce que c’est parce que l’on est con qu’on aime le foot ? Etant moi-même amateur du jeu et ne me considérant pas comme décérébré, j’aurais tendance à répondre par la négative.  Je comprends les supporters de Lyon et de l’OM qui se sont foutus sur la gueule au péage d’autoroute A7 ce week-end. Toute cette publicité faite, depuis plusieurs jours, aux supporters parisiens, c’est agaçant, et c’est humain de vouloir montrer qu’on est encore plus con, et qu’on ne veut pas subir la domination et l’arrogance parisienne sur le terrain de la bêtise. Comme toujours, face aux problèmes, il y a deux visions qui s’affrontent : celle des optimiste et celle des pessimistes. Les pessimistes verront dans cet incident l’absence de morts, ce qui va nous obliger à cohabiter voire même être amener à communiquer avec ces attardés mentaux dont certains n’ont pas encore eu le temps d’adhérer au F.N.

Les optimistes diront que ceux qui ont pris un bon coup de batte de baseball sur la tête ont des chances voir le peu d’idées qui s’y trouvaient être remises en place.  Alors, s’il fallait simplifier le débat, le foot ne rend pas con mais démontre tous les jours l’utilité de ses acteurs.  En effet, cela amène quelques questions de bon sens. Par exemple, comment faire passer auprès des miséreux, l’indécence des écarts de revenus d’une société civilisée? Par l’amour du foot. Comment faire passer auprès des chômeurs les économies budgétaires hors de la planète sport ? Par l’amour du foot.  Comment, à défaut d’exception culturelle que les supporters ne comprendraient pas, présenter sous  les acclamations, l’exception fiscale footballistique qui permet de protéger les dieux vivants du ballon ? Par l’amour du foot. Comment expliquer la baisse d’audience d’une religion et la hausse d’une autre ? Par l’amour du foot. Et comment penser qu’en 2013 le foot n’est que du foot ? Par l’amour des cons. Si la nature a horreur du vide, le foot non puisqu’il se régénère dans le vide des cerveaux.

J’aime le foot comme j’aime le spectacle en général, mais comme je ne suis pas va-t-en guerre, je laisse ça à ceux qui écoutent les hymnes nationaux au garde à vous, je ne suis pas cocardier, et comme Brassens, je pense qu’à plus de quatre, on est une bande de cons, par conséquent, les pseudos fêtes qui dégénèrent ont peu de chance de me compter parmi ceux qui vomissent leurs bières. Les violents le seraient-ils sans le foot ? On ne peut rien affirmer puisque chez les hooligans on a trouvé des gens qui n’ont pas été inquiétés pour violences conjugales, et chez les intellos, grands amateurs de foot, comme Huster, Pivot ou Nauleau, ce sport ne les a pas encore transformés en lanceurs de bouteilles. Mais ce qui est sûr, c’est qu’un con dégénéré a peu de chance de devenir une intelligence supérieure grâce au foot. En attendant les prochaines émeutes footballistiques, je dirais que malgré les vieilles rivalités, les cons marseillais n’ont rien à envier aux cons parisiens, et à tous ces cons qui ont honoré la connerie française, ces derniers jours, je ne dirais qu’une chose : « Et encore bravo ! ».

par Thierry Rocher

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