«Le masque»

par | 11 Fév 2020

Pianotages de Christophe SIBILLE

«Sexisme et misogynie: plongée dans le «Masque et la Plume», l’émission phare de France Inter.»

La fulgurance qui précède est le titre d’une des dernières conneries parues dans un organe de presse bien connu du «web». Organe qui aura très vraisemblablement le temps d’en écrire encore plein d’autres, des conneries, puisqu’il s’agit de «mediapart.»

Avec, en sous titre: «Ces derniers mois, les critiques d’auditeurs se sont multipliées à l’égard du «Masque et la Plume», émission phare du service public consacrée au cinéma, au théâtre et à la littérature. Mediapart a écouté 96 émissions et recensé un flot de propos sexistes et, dans une moindre mesure, des stéréotypes racistes ou homophobes.»

Ce n’est pas fini. Mais le reste de l’article est payant, et je n’ai aucune envie d’enrichir le pote à Tarik.

D’autant que cet article a été repris tel quel par «Télérama.» Organe de presse écrite qui diffuse sur le web à peu près autant de conneries que «Mediapart.» Mais qui, lui, a donc le bon goût de ne pas nous faire payer pour les lire.

Alors, que nous disent-ils donc, ces deux journaux, que sexisme, misogynie, homophobie et racisme semblent tellement révulser que les tombereaux d’ordures intégrant parfaitement ces données, et déversés sur la jeune «Mila», n’ont provoqué chez eux qu’un silence gêné, qui, à côté, nous ferait confondre le dernier gazouillis de Charlotte Gainsbourg avec Jean-Baptiste Guégan?

Faisons une expérience en relatant simplement les faits, à savoir: Mila se fait traiter de «sale gouine» par des thuriféraires d’une religion de paix et d’amour. Elle moque cette religion. «On» décide donc de la violer comme une grosse pute. Tu la défends, alors, boum, tu fais partie de la «fachosphère», c’est fatal, faut pas dire du mal de dieu si tu veux avoir l’air de gauche. Et Mediapart et Télérama ne font pas partie de la fachosphère, vu qu’ils sont de gauche. Donc, ils n’en parlent pas. C’est mathématique.

Oui, aucun article pour Mila, sur «mediapart», seulement quelques «blogs», dont celui d’un nommé Vincent Bonnet, que je remercie d’avoir agrafé ma «chronique» d’il y a quinze jours au sien.
Rappelons ce qui révulse notre bon journal radio-télévisuel. Qui, entre parenthèses, porte aux nues deux artistes comme Ibrahim Maalouf, (plus connu comme musicien «mainstream» que comme féministe, condamné pour agression sexuelle sur une jeune fille de quatorze ans à qui il avait montré l’embouchure de sa deuxième trompette, et qui affirme que ceux qui défendent Mila sont les mêmes que ceux qui ont défendu Matzneff), et Ladj Ly.  Ladj Ly, une «victime de la France rance», pour Télérama. Ah, oui, «la France rance», c’est la fachosphère de ci-dessus.

Alors, c’est certain qu’une fois anesthésiée la bandaison putative des oreilles de l’auditeur de France-inter à coup de verbiage hémiplégique de gauche coupe-couilles genre Lauren Bastide ou Gioulia Foïs, ce dernier aura plus de mal à se réjouir les esgourdes en entendant la phrase «masquéplumesque» suivante: «Cette fille a un visage, mais qui me ferait prendre la carte du PC aussitôt. Je deviendrais marxiste, je lirais toutes les œuvres complètes… Je la détournerais du confessionnal pour aller en réunion de cellule.» Phrase qui a visiblement fait se retourner dans sa tombe le neurone de l’autrice de l’article téléramesque.

Ce que ne dit pas «Télérama», c’est que dans la version complète de la critique, très positive, d’Eric Neuhoff, (oui, c’est lui), ce dernier commence par rappeler qu’il considère Marine Vacth, (oui, c’est elle) comme « LA révélation de ces 10 dernières années », et termine en disant : « le face-à-face des 2 (Romain Duris et Marine Vacth) est très réussi, il se passe vraiment quelque chose dans ce clair-obscur, il y a tout d’un coup une sorte de lumière qui peut jaillir, surtout du regard ou des silences de Marine Vacth »
J’ai du mal à considérer cela comme une plate et sexiste façon de réduire quelqu’un à son physique.

Et, pour terminer, la journaliste pointe le quasi-silence de l’émission sur les accusations sexuelles visant certains cinéastes, et notamment le viol pour lequel Roman Polanski est poursuivi depuis 1977 par la justice américaine.

D’abord, c’est «quasi» silence, en effet. Et, enfin, le titre de cette émission est «Le masque et la plume», pas «Faites entrer l’accusé.» Point barre.

Par Christophe Sibille

Par Christophe Sibille

Christophe Sibille a enseigné la musique à de futurs instituteurs durant 32 ans. Il a aussi écrit des brèves pour plusieurs journaux satiriques ou humoristiques dont Charlie Hebdo. Dans les années 80-90, il accompagna le duo Font et Val au piano. Il anime sur Radio Balistiq l'émission "Le Balistiq café" tous les jeudi 19 heures
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