Le syndrome Hollande
Par Thierry Rocher , le 11 novembre 2014

Thierry ROCHER renvoie la censure

Très bonne audience pour TF1 jeudi 6 novembre avec la venue de François Hollande. Comme quoi, on peut faire grimper l’audimat avec un président impopulaire. Et pourtant il y avait des émissions intellectuelles en face, par exemple « Rising star » sur M6 ou le « Maillon faible » spécial humoristes sur D8. Ave Fanfan la Tulipe, ça grimpe toujours diront les mauvaises langues.

Donc, beaucoup de monde pour regarder et à l’arrivée, 78% des Français pas convaincus par sa prestation. Ca fait quand même 22% qui, par conséquent, sont convaincus, soit 10 points de plus que sa côte de popularité actuelle. Les trois quart des téléspectateurs sont donc dans le même état d’esprit à la fin qu’au début de l’émission. Le sentiment que j’ai, depuis pas mal de temps, c’est que quoi que puisse dire ou faire François Hollande, rien ne s’imprègne dans l’esprit du public. Tout le monde connait, dans son entourage, des gens qui souffrent du syndrome Hollande ; le collègue qui va s’évertuer à raconter avec application des histoires drôles et qui n’aura qu’un faible effet au final,  l’ami de toujours qui fait ce qu’il peut pour prendre la parole que personne ne lui laisse ou le cousin de province qui commence à exposer sa théorie politique et qu’on ne laisse pas aller au bout. Certains parleront de charisme, d’autres diront simplement qu’on n’a pas à écouter quelqu’un qui n’a rien à dire. Dans les deux cas de figure, ce n’est pas la bonne appréciation vis-à-vis des hommes politiques, qui, par nature, n’ont pu s’élever que par la force de leur charisme en aucune façon  lié à la profondeur de leur pensée. On sait tous que la forme l’emporte sur le fond et on n’est pas prêt à voir l’équilibre se faire entre les deux. Et ce ne sont pas les envolées délirantes du moment du Petit Nicolas qui nous en rapprochent.

Alors François Hollande, quoi qu’il puisse dire ou faire, l’impact est nul. Sans être un défenseur forcené du personnage, je dois dire qu’un tel acharnement contre lui me le rendrait plutôt sympathique et, en tout cas, face à l’incompétence de l’ex, des qualités politiques à saluer.  Et, bien évidemment, chacun s’en donne à cœur joie, que ce soit sur le terrain politicien, de visionnaire économique, dans les domaines des sentiments ou de l’habillement. Pourquoi pas ! Allons-y dans la connerie puisque les certitudes du peuple sont dictées par les instituts de sondages ou les attachés de presse des chaines de télé. Ceux qui lui reprochent son incapacité à décider, à trancher (sauf avec les djihadistes !) qui est certainement sa marque de fabrique avec le souci du consensus acquis à la direction du P.S. sont certainement ceux qui gardent, enfoui dans leur tête l’idée d’homme providentiel, ce côté rassurant synonyme d’absence de conscience politique. Alors François n’empêchera pas de pleuvoir mais empêchera certainement ses adversaires de comprendre son raisonnement et pourquoi la langue de bois ne sent jamais le sapin et la fin de régime.

L’objectivité ne sera jamais générée par François Hollande. Le syndrome Hollande qu’on voit tous les jours à tous les échelons de la société se constate tout en haut. On ne choisit pas sa couleur, ni sa famille, peut-on déterminer soi-même son charisme ou est-on impuissant face au regard des autres ?

Mais, me direz-vous,  pourquoi ne pas évoquer l’esprit de gauche qui a porté Hollande au pouvoir ? Simplement parce que le socialisme de Hollande a toujours été pour moi loin de la gauche telle que je me la représente et que n’attendant rien, je n’ai pas été déçu.

Alors, je me réjouis d’entendre gueuler les meutes de tous poils, en imaginant ce que sera le quotidien des « braves gens  qui font pas de politique » qui porteront aux affaires le tandem UMP/FN en 2017.

Par Thierry Rocher

Mon actualité : toujours sur scène à Paris  (presque tous les soirs) au Grenier et au Don Camilo.
Sans oublier la soirée exceptionnelle « Rocher père et fils » la chanson avec « Lucas Rocher trio » et l’actu avec moi, au Grenier (3, rue Rennequin Paris XVII, réservations : 01 43 80 68 01) , le jeudi 27 novembre.
Prochaine Revue de Presse de Paris Première : lundi 24 novembre
Et toujours en librairie : « Abécédaire à l’usage des militants politiques et de leurs enfants » Editions PHR (illustrations de Babouse et préface de Bernard Mabille) (ou sur le site www.humouretchanson.fr). Deux dvd également disponibles.

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