Les causes perdues
Par Thierry Rocher

Thierry ROCHER renvoie la censure

rodho-430-2La réunion des communistes, le week-end dernier, pour savoir s’il fallait avoir un candidat étiqueté PC ou s’il fallait se rallier au panache plus ou moins blanc de Mélenchon m’a remis en tête certaines considérations que j’ai tendance à classer, toujours dans un coin de ma tête, dans la catégorie « Causes perdues ».

Elles sont de différentes natures bien sûr. On en retrouve sur le terrain politique mais aussi social, syndical, humanitaire, associatif en général. Des causes qui, à titre personnel, paraissent incontournables à une époque de l’existence et qui, au fil du temps s’émoussent mais que les protagonistes continuent de porter en bannière parfois en toute sincérité, parfois pour se sentir crédible socialement.

En voyant s’agiter des gens criant de sincérité, de bons sentiments, pour de nobles raisons facilement résumés dans l’amour de son prochain, j’ai toujours été admiratif. Réellement admiratif mais aussi dubitatif sur la raison des motivations qui arrivent à être durables.

Comment continuer à se mobiliser pour des causes humanitaires quand on a soi-même fondé une famille et que le temps est compté pour le partager avec les personnes qui comptent le plus? Comment rester dans une lutte syndicale si l’on vit une passion amoureuse qui balaye toutes les préoccupations antérieures? Et comment revenir ensuite dans le combat social, une fois l’amour classé parmi les bons souvenirs? Le monde associatif ne regorge-t-il pas d’une masse de gens perdus dans leurs problèmes existentiels et qui viennent chercher auprès des autres, une réponse à leur angoisse et à leur solitude quelque soit le sujet choisi de rassemblement: la pêche à la ligne, l’éducation des petits Africains, les droits de l’Homme en Asie, ou la pauvreté du troisième âge du quartier ?

Comment résister à l’usure du temps quand on a compris que le combat,  qu’on mène avec une conviction qui faiblit chaque jour, est sans issue ? C’est pour cela que j’éprouve une certaine admiration pour tous ceux qui arrivent à se renouveler dans leurs objectifs mobilisateurs (même si, parfois, je trouvent que certains, à force d’avancer dans les mûrs, en sont devenus pathétiques!).

On dit souvent qu’il ne fait pas baisser les bras. Mais ne jamais baisser les bras n’est pas humain. Passer le relais à d’autres bonnes âmes vient souvent tardivement, souvent trop tardivement pour ne pas avoir laisser de l’efficacité en cours de route.

J’ouvrais ce court papier avec les communistes, espèce en voie de disparition, comme chacun sait et je vais le terminer avec eux, avec cette interrogation qui me vient parfois: quelle est la position de pensée la plus respectable entre un vieux communiste qui aura suivi depuis cinquante ans le parti avec toujours le même bulletin de vote à la main, à chaque scrutin, une ligne morale immuable, rassurante  et un Maurice Leroy, ancien du PC , un gymnaste de l’échiquier politique puisqu’il aura été Ministre de la Ville de Sarko, tout à fait crédible selon le vieil adage: « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. » ?

Ce sera tout pour aujourd’hui. Les questions sans réponses laissent à un plus grand nombre la possibilité de répondre.

Par Thierry Rocher

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