Les cliques et Meklat
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE l’homme au micro

Et, ô ma lectrice, je pense à toi, au moment de m’assujettir au clavier.

Celui de l’ordi, devant lequel je souhaiterais tellement que les délices de l’inspiration magique qui sent bon m’envahissent, pour t’emmener avec moi dans la béatitude des entrelacs de mots. Et où, en fait,  je suis obligé de m’en remettre aux remugles de la transpiration pour satisfaire au cahier. Au cahier des charges, le bien nommé, donc, qui me demande: «ton papier pour lundi midi dernier carat, ou t’as var ta gueule …»
Mais ah, le système, le système, le système!
A force de tous se prétendre anti-système, ils commencent vraiment à taper sur le mien (de génital), à tel point que les mises à jouir vont finir par devenir totalement impossible à installer.
Oui, ô ma lectrice, je te sens un peu perdue. Comme je le suis aussi.
Remettons les choses en perspective.
Emission de télé.
Loin de la réalité?
Un peu. Un écrivain, un autre écrivain, un troisième écrivain, un quatrième écrivain. Vous me direz, c’est normal, pour une émission consacrée aux livres, on ne va quand même pas inviter des analpha-bêtes tellement cons qu’ils se croient intelligents!
On n’est pas chez Hanouna!
Et puis moi, j’aime bien François Busnel. Son émission, sur France-inter, était un modèle d’intelligence, à un horaire sur lequel on a vu, les années le précédant, un programme quelquefois un peu trop islamo-gauchiste, et, après son départ, des émissions quelquefois drôles, mais inégales.
Mais, ce qui concerne les invités intelligents de « lagrande librairie » de ce 16 février, pas totalement glop.
D’accord, il y avait Kamel Daoud, Eric-Emmanuel Schmidt, et Philippe Val.
Mais aussi Mehdi Meklat, et Badroudine Saïd Abdallah.
Vous ne savez pas qui c’est?
Bande de veinards!
Vous vous souvenez, Pascale Clark?
«Comme on nous parle». Emission branchouille de début de matinée, sur France-inter.
Oui, c’est l’horaire de Trapenard! Mais Trapenard, c’était avant.
Un peu le même style. Moins intelligent, moins sympathique, plus snob, plus narcissique. T’as qu’à voir! (Même si on pouvait pas, voir, à l’époque, la radio ne faisait pas encore de télé.)
Bref, une émission à vous dégoûter d’être bobo, même si je préfère toujours, à tout prendre, être bobo que mochemoche.
Hé ben, Mehdi et Badrou, c’était le moment le plus insupportable de cette émission de merde.
O ma lectrice, j’espère que tu ne m’en voudras pas d’être à la fois grossier et misogyne, toi qui sais que je suis à la fois la douceur et le plus ardent défenseur du sexe qu’il est tellement notre égal qu’il nous est largement supérieur, mais, quand Clark annonçait «ses» kids, on pouvait presque entrevoir sa chatte qui suintait.
Oui, je sais, ô ma lectrice, j’ai honte.
En tous cas sûrement plus qu’elle; et suis-je réellement plus obscène, quand elle, elle défend «l’intelligence, la poésie, et l’humanité» de celui qui écrivait, à la même époque, sur «twitter», je cite: «on vous enfonce un violon dans le cul, madame Valls».
Et aussi, à propos de Caroline Fourest : «assassinez cette vieille pute blonde».
Et un petit dernier, délicieux aussi, je les ai choisis pour toi, même s’il y en a plein d’autres: «je crache des glaires à la gueule de Charb et de Charlie-hebdo».
Alors, un spécial bisou de remerciement aux «inrocks», à «Médiapart», à Libération, à Télérama, qui trouvaient ces abrutis désopilants.
Ben oui, forcément, quand on fait partie de la «gauche huhuhu», un opprimé qui fait de l’humour, c’est forcément désopilant, voyons!
Même s’il habite depuis longtemps à Saint-Germain des prés, l’opprimé.
Alors, mon cher Mehdi Meklat les couilles, le Front national te dit merci!
Et, en te tirant loin des boulets rouges de ceux que tu appelles «la fachosphère» et qui, en ce qui te concerne, n’est que «l’anticonosphère», j’espère pour toi que tu réussiras à marquer un arrêt outre Jura pour planquer tes «tweets» de merde dans un coffre en Suisse!
Je vous parlerai d’Olivier Sauton, de Houda Benyamina, d’Oulaya Amamra, de la pitoyable équipe de Ruquier se ridiculisant en humiliant Philippe Poutou, de la vachasse frontiste menaçant les magistrats, la prochaine fois.
Peut-être. Le goût de gerbe se généralise dans ma bouche. Et, hélas, ce ne sont pas des gerbes de roses.
Bon, pour terminer sur une note un peu plus gaie, les gars de la Marine ont chouiné, à propos du film: «chez nous», comme quoi avoir «casté» Catherine Jacob pour représenter leur «top-model» en déshonorait l’image.
Et, là, ça relève plus des urgences ophtalmologiques que du «Masque et la Plume»!

par Christophe Sibille

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