Les emmerdes pour tous
Par Anthony Casanova , le 9 février 2016

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Anthony Casanova par Babouse
Machine et Machin viennent de faire l’amour. Avant ça, ils parlaient d’un peu de tout, surtout de rien… de ces petits riens qui font le quotidien, et dont on cause simplement pour masquer le silence dans l’appartement. Puis, machinalement, en se servant un verre de vin, un baiser en entraînant un autre, ils se dévêtirent. Ni lentement ni fougueusement, les vêtements furent déposés soit sur la chaise, soit sur le divan. Il est passé le temps où chemise, robe et lingerie fine s’envolaient théâtralement dans la pièce. Être en couple vous apprend une chose que les amoureux de passage ignorent : On peut s’envoyer en l’air sans froisser ses vêtements !

Mais, alors que rien ne présageait à un instant moins banal qu’un autre, il y eut une étincelle. Un baiser, sans raison apparente, fut plus excitant que le précédent. Une caresse, plus juste. Et, allez savoir pourquoi, ils firent l’amour magistralement. Emportés par une passion soudaine, il y eut tant d’harmonie et de légèreté dans leur étreinte que l’on eut pu imaginer Mozart, en personne, orchestrant les mouvements de leur corps.

La parenthèse charnelle terminée, heureux d’être ensemble, heureux d’être eux, ils restèrent dans les bras l’un de l’autre. Puis, sans trop de raison, Machin demanda à sa Machine pourquoi elle ne voulait pas d’enfant ? Machine expliqua, une millième fois, qu’elle préférait les enfants des autres. A ces mots, s’ensuivit une discussion de couple. Puis une engueulade de couple. L’arc-en-ciel ne durant qu’un quart d’heure, ils avaient repris le train-train soporifique qui, à chaque passage, nous fiche des rides à l’insouciance.

Dans un autre appartement, c’est un autre Machin qui se prend le bec avec sa Machine parce qu’il n’a pas téléphoné à 19H42 comme ils se l’étaient promis à 14H37, et SURTOUT parce qu’il tarde à l’épouser !

Eh bien, rendons-lui hommage puisqu’elle s’en va, grâce à Christiane Taubira et au « mariage pour tous », les gays et les lesbiennes ont enfin les mêmes discussions absurdes et chiantes à propos du mariage et des enfants… et c’est tant mieux !

La liberté, c’est être décisionnaire de ses choix. Car, sans la possibilité de se passer une corde au cou en forme d’alliance, nulle joie de fredonner à la personne que l’on aime « La non-demande en mariage », de Brassens, en s’invitant à ne pas mettre « sous la gorge à Cupidon sa propre flèche ».

par Anthony Casanova

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