Les enfants de Chamberlain
Par Naqdimon Weil , le 5 février 2018

NAQDIMON fait son malin

Ça devait être avec Henri qu’on était arrivé à cette conclusion, quand j’y réfléchis bien. Parce qu’il faut bien reconnaître qu’on en avait beaucoup causé à l’époque et que chacun avait son opinion, mais le cousin et moi, au moins, on était du même avis. De quoi je vous parle ? De l’affaire des caricatures, évidemment, vu que c’est un numéro spécial sur le sujet, faudrait suivre, un peu ! Donc, on était tombé d’accord en écoutant les Boniface et autres donneurs d’avis de l’époque, que ce qu’ils appelaient « défendre la sensibilité des musulmans », ce n’était jamais que prendre en compte la susceptibilité de certains musulmans, les plus énervés du lot fondamentaliste. Et je le maintiens, ce n’est qu’une histoire de susceptibilité ce truc, ces grandes manifs, ces drapeaux brûlés, ces fatwas à tire-larigot. Dessiner le Prophète est interdit. Certes. Aux musulmans. Et comme on n’est pas musulman, on s’en branle. Mais, nous disaient les connaisseurs de la chose, faut comprendre, les musulmans sont tellement sensibles à ça…

Donc, un milliard cinq cent millions de personnes se sont senties insultées par un dessin et ce n’est pas bien. Ah ok, d’accord. Mais les 2 milliards de chrétiens qui ne manifestent pas quand Charlie diffuse Dieu, Jésus et le Saint Esprit en train de s’entre-enculer, ça, c’est normal, ils savent faire la part des choses, les potes au Christ, c’est ça l’histoire ? Foutage de gueule et racisme de gauche ! Quand Charlie – à l’époque dirigé par l’ignoble Val, agent sioniste mangeur d’enfants palestiniens  – publie les dessins du Jyllands-Posten, il fait confiance à l’intelligence de ses lecteurs. Pas de bol, c’est la susceptibilité – bien manipulée par l’imam Abu Laban – du monde musulman qui fait bingo. Pourquoi je m’accroche à cette idée de susceptibilité, quitte à enrager Meurice and Co ? Parce que lorsqu’on n’est pas capable de supporter une critique, voire une vanne et qu’on menace ou qu’on insulte, on n’est pas un grand sensible, on est un gros susceptible. Être sensible, c’est être touché, meurtri, d’accord, mais c’est demander une explication, organiser un débat, discuter. C’est un peu fleur bleue, un poil baba-cool, mais au moins, c’est compréhensible. Etre susceptible, c’est croire qu’une vanne, une caricature, est une attaque personnelle et c’est menacer de mort quiconque n’est pas d’accord avec soi. Sensible, vraiment ?

Et depuis, il y a eu l’incendie des locaux de Charlie et ensuite les assassinats, tous les assassinats. 12 ans, c’est court.

Après tout ça, on pouvait espérer qu’au moins, 12 ans après, les progressistes et les démocrates de tout poil feraient front commun contre l’ennemi. Hé ben non. Même pas. Tiens, pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps, un groupe de jeunes gens, étudiants à l’université Paris-Diderot de leur état et membre de SUD-Solidarité et de l’UNEF, voulant s’opposer au racisme, et il n’y a rien de plus beau que de lutter contre la xénophobie, sont sortis de leur réserve à djembé et ont protesté contre la lecture d’un texte infâme dans l’enceinte de leur alma mater. Bravo, les jeunes, c’est bien, c’est rassurant de voir que vous vous impliquez. C’est quoi, le texte ? Bagatelle pour un massacre, de Céline ? La France juive, de Drumont ? Ah non, c’est Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes. De Charb. Parce que c’est islamophobe. Donc raciste. Car Charb est raciste.

Putain ! Votre antiracisme de pacotille consiste à pisser sur les tombes, votre hauteur morale n’est qu’une posture de branleurs ! Tiens, c’est pas dur, vous me faites penser à Neville Chamberlain, qui sauva la Paix avec Hitler en vendant les Tchécoslovaques. Fier de lui et con comme son parapluie. Et comme moi, je suis un vieux con réac, je vais vous citer la réponse à cette paix d’un autre vieux réac, Winston Churchill, mais qui, lui, mit la pâté à Hitler : « Ils ont eu le choix entre le déshonneur et la guerre ; ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre ». Vous, vous ne bradez pas un pays, vous insultez les victimes de Charlie et de l’Hyper Cacher, celles de Toulouse-Montauban et celles du 13 novembre, et toutes les autres. Vous méprisez ceux qui se battent au sein des musulmans contre l’Islam politique, vous gerbez sur les femmes iraniennes qui risquent la prison pour avoir enlevé leur voile, vous vous branlez des blogueurs libre-penseurs dans le monde arabo-musulman et de tous les autres. Vous êtes navrants.

Bande de petits cons.

par Naqdimon Weil

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