Les salauds du rire
Par Ze Fred , le 10 décembre 2013

La crotte-nique à Ze FRED, l’apolitique incorrect

Je m’étais fait « des copains » quand, un jour, j’ai balancé sur scène : « Qui tombe sur un militant qui a de l’humour, devrait tenter l’euro-million ! ». C’était une façon moderne d’évoquer le syndrome du trèfle à 4 feuilles…Un comique de gauche sait pertinemment que le public vient le voir parce qu’il est de gauche, non parce qu’il a du talent. Sinon, ça voudrait dire que Guy Bedos en a…Du talent ! Un public de gauche qui a de l’humour (et qui, en général, n’est pas plus de quatre), a souvent tendance à penser comme Claude Chabrol (et moi-même) : « Je suis de gauche, hélas ! ». Alors, il prend de la distance avec son ego gaucho et se marre.

On m’a expliqué qu’il y avait un rire de gauche, un rire de droite, un rire des salauds…Tout ça, c’est des conneries. Il y a le rire irrévérencieux du bouffon insolent et le rire qui suce. C’est ce dernier qui a triomphé. S’il y a un rire des salauds, on trouve aussi pas mal de salauds du rire. Enfin, « salaud » est un bien grand mot. Disons plutôt : fumiers du rire…Ils se font connaître comme chroniqueurs, grâce au copinage et au service public qui les rémunère au rabais. Comme ils n’ont pas de talent, ils évitent le naufrage, grâce au système des intermittents. Sur Inter-Val, on a eu droit à des Guy Carlier, des Alévecque, des Guillon et autres Didier Porte qui nous ont tartinés la raie avec leur pseudo subversion. Dans leurs sketchs ou dans leurs chroniques, ils flinguent des stars et des politiques. Puis, quand ils les ont en face d’eux, ils baissent leur froc. Ils les flattent. Moi, c’est leur dégoulinante flagornerie que je trouve drôle. Tout le monde ne peut pas être François Morel. Lui, ne s’attaque pas aux personnes mais plutôt à ce qu’elles représentent. Là, ça demande du boulot et de la matière grise. Bref, on ne va pas s’attarder sur toutes ces couilles molles du comique rebelle. Puis, les théories sur l’humour, ça me broute.

Finalement, ça arrange toutes les petites crottes du show biz, que Dieudonné soit devenu infréquentable ! Il les écraserait toutes, sinon. Il paraît qu’avec le pied gauche, ça porte bonheur…Voilà ce qu’on peut entendre, sur lui : « C’est un ex-humoriste…Il n’est plus drôle du tout…Il ne fait plus rire personne…». Tout ceci est faux. Il remplit tous les Zénith où il passe, sans pub et sans promo et il reste drôle ! Ce n’est pas le cas de ses détracteurs. Ce que je veux lui dire, c’est ceci : « les fachos que t’invites dans ton théâtre, viennent te serrer la paluche parce que t’es célèbre ! Si t’étais dans la rue, anonyme, avec un balai à la main, ils te traiteraient de sale nègre et te jetteraient à la Seine. Qu’est-ce que tu crois ?! Et Soral qui veut réconcilier la France nationaliste et les Français basanés ou franchement noirs ! Il se goure complètement ! Tous ces trou-du-GUD cassent du Bougnoule, du Black, du Juif, du pédé et du métèque ! Ils ne changeront jamais ! Comme toi, je suis un opposant au sionisme, je m’oppose à la LICRA et à SOS Racisme qui se servent de leur prétendu anti-racisme, pour exercer une véritable censure, dans cette république bananière. Parallèlement, je chie sur le patriotisme et sur toute idée de nation… ». Le plus marrant, c’est qu’on bannit, on censure, on poursuit, on enferme et on organise des guerres, au nom de la démocratie et de la liberté de la presse. Quand supprimera-t-on ces 2 fléaux ?

En Vrac  

-L’as-tu vu ma banane ? « Je vais lui en glisser une longue comme ça ! ». Il m’est arrivé, jadis, de balancer ça, en faisant mine de mesurer mon bras. Dieudonné appelle ça : une quenelle. Avec ma banane, je ne savais pas que je faisais un salut nazi inversé, dixit Christophe Barbier, petit rédacteur en chef d’un obscur magazine people. Depuis que j’achète mon ananas, mes bananes et mes quenelles, avec mon keffieh autour du cou, on me scrute, d’un air soupçonneux : « Serait-il un dangereux néo-nazi antisémite ?… ». Eh oui. La France des hautes sphères en est là. Misère…

-Molinaro n’est plus. Le 7ème art français est encore mort. Adieu cinéma !

L’auriez-vous su ?

L’arche de la défense fut inaugurée le 14 juillet 1989, dans le cadre du bicentenaire de la révolution française. Abritant, aujourd’hui, le ministère de la connerie durable, elle fut pensée, au départ, pour rendre hommage à Noé, l’inventeur de la « SPA en croisière ». Il s’agissait de bâtir un zoo moderne et cubique. Ce monument futuriste et perpétuellement en ruine évoqua, par la même occasion, le triomphe du socialisme à la française. Cette évocation fut confirmée lorsque l’ascenseur, censé conduire le visiteur à l’intérieur du plafond, se cassa la gueule, à cause du poids de l’hippopotame. Du coup, la partie supérieure de cette subtile construction devint inaccessible. Les architectes s’écrièrent : « Mazette ! Qu’allons nous faire du haut ? ». Alors, l’Elysée décida de réunir tous les grands penseurs, y compris le ridicule BHL. Il fallut privatiser les sous-sols du Louvre et les égouts de la Seine, pour financer les cocktails somptueux des sommets pour la sauvegarde du plafond de l’arche de la défense. Après 154 congrès, une idée survint : ouvrir les fenêtres du plafond et mettre de la paille dans chaque pièce, afin que les rapaces en voie de disparition puissent y faire leur nid. Cette décision tomba à pic car, à l’époque, les écolos faisaient en moyenne, 15%, à chaque élection. Il fallait donc se les mettre dans la poche…

Pour célébrer cet événement, l’Elysée mandata Jack Lang, pour organiser une grande fête de la buse, avec toute l’avant-garde du show biz qu’on retrouve, aujourd’hui, au Téléthon, aux Enfoirés, au Sidaction, au printemps de Bourges et accessoirement sous mon cul. Si vous croisez, dans le métro, sur une terrasse de bistrots ou dans un restau, des touristes maculés de guano, vous pouvez être certains qu’ils viennent de visiter l’arche de la défense. On n’arrête pas le progrès…

par Ze Fred
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