Les versets érotiques
Par Christophe Sibille , le 24 novembre 2015

Christophe SIBILLE l’homme au micro

Ô ma lectrice,

Oui, on les aura !

C’est bien parti, d’ailleurs, puisque Johnny-Le-Terrible, la nouvelle E-doll des vieux, menace de marcher au combat contre le sinistre DAESH.

Je lui suggérerais volontiers de nous en débarrasser à l’aide d’un micro et une bonne sono, ce qui serait sûrement plus voué au succès, et ferait consécutivement d’une paire deux couilles.

A part ça, j’avoue que l’envie de te faire rire, que j’ai toujours chevillée au corps, a été légèrement infléchie ces derniers temps par ces putains d’insomnie que provoque la conscience de l’insondabilité de la haine. Surtout quand le port d’une Kalasnikov permet à celle de soi de se reporter sur le voisin.

Surtout quand le voisin aime la vie.

Mais ces insomnies ont du bon, puisqu’elles m’ont remis en tête la chanson qui suit, que tu connais peut-être. Elle a été écrite par Philippe Val, en 1989, et Emmanuel Binet en a composé la musique.

J’ai été leur compagnon de route, à ce duo « Font et Val ». Son talent manque cruellement aujourd’hui. Et, en dehors du fait que j’aie acheté ma chambre à coucher chez « Conforama » et que je préfère le « Single Malt » au Bourbon, je fais mienne cette chanson d’une actualité toujours brûlante.

Et, en plus, j’ai une bonne cave !

Je l’avoue chez nous l’amour,
C’est la nuit et c’est le jour,
On a des divans profonds,
Des lits de trois mètres de long,
Des coussins à l’orientale,
Et des tapis de mosquée,
Où on cueille les fleurs du mal,
En effeuillant des baisers,
On se tourne vers l’Orient,
Et l’on commence ardemment,
A gravir la grande échelle,
Qui conduit au septième ciel.

Alors on boit à l’amour,
Un vin vieux et mordoré,
Que la joie fasse des tours,
Dans nos deux coeurs affolés,
Je gagne le ciel d’un baiser,
Sur la pierre noire et sacrée,
Je rends grâces, du fond du coeur,
Au mystérieux créateur,
Qui a fait l’univers vivant,
Avec la seule idée fixe,
Que tout fonctionne en suivant,
Un scénario classé X.

Ami, plein de religion,
Toi qui brûles de conviction,
Sans doute, ma petite chanson,
Te fait sortir de tes gonds,
Mais la seule preuve que Satan
Rôde encore chez les humains,
C’est qu’un givré du turban
Peut tuer l’auteur d’un bouquin.
Sur terre, y’a assez de trottoirs
Pour en changer sans histoire,
Si ton tabou c’est la Mecque,
Moi, c’est ma bibliothèque.

Tu es sûr d’avoir raison,
Mais, hélas, tu n’es pas le seul,
Tu aimes le thé, moi, le bourbon,
Y’a pas de quoi s’foutre sur la gueule,
Mais, si tu ris de mes torts,
Je vais pas t’condamner à mort.
Enivre-toi, si tu veux,
D’Imam, de Pape et de Dieu,
Défonce-toi à l’Eternel,
Mais lâche un peu les bretelles,
De ceux qui préfèrent trinquer
Avec leur voisin de palier.

D’ailleurs, moi, personnellement,
J’ai pas grand-chose contre Dieu,
Ce sont seulement ses agents
Qui me sortent par les yeux,
On s’invente des messieurs « plus »,
Pour faire des affaires Dreyfus,
Les religions, de tout temps,
Ont versé des fleuves de sang;
Les credo et les « Je t’aime »
De Rome à Jérusalem,
Un beau jour, ont tous fini
Par une Saint-Barthélemy.

S’il y avait un Dieu bon,
Doué de pouvoirs véritables,
Il aurait viré ces cons,
C’est donc nous les vrais coupables.
Si divinité il y a,
C’est la nature c’est le vent,
C’est la terre, c’est toi, c’est moi,
Pas de quoi s’crêper le turban,
{Comme le ruisseau dans le bois,
Descendons le fil des jours,
En écartant nos deux bras
Quand surgit une île d’amour.} (bis)

par Christophe Sibille

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